‹ La châtelaine; comédie en quatre actesChapitre 108 sur 144 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

JOSSAN

On ne doit se résigner qu'au bonhenr. Moi, je ne me suis jamais résigné à autre chose et je ne vais pas commencer aujourd'hui. Ec(mtez, Thérèse, je ne viens pas comme un amant emporté vous demander de tout quitter pour me suivre, de briser, pour ôlre à moi seul, tous les liens et tous les devoirs. Mais je ne le voudrais pas... ! Je ne l'accepterais pas! Car cela nous ferait un amour troublé et inquiet, un amour sans joie, et l'amour doit être joyeux! Non, ce que je vous demande, c'est d'avoir un instant, en moi qui vous aime, la belle confiance, la confiance entière et totale! Parce que je vous jure que nous serons vainqueurs, parce qu'il y a des choses si odieuses et si inutiles qu'elles ne durent que si tout le montle se courbe lâchement devant elles. Nous avons affaire à des méchants et à des imbéciles ; les méchants et les imbéciles sont dangereux, mais ils ne le sont pas longtemps. Ils foncent sur vous, mais si on leur résiste,

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ils s'enfuient. Car ils n'ont pas Je volonté, ils n'ont que de la violence... Thérèse, je vous rendrai votre enfant, je vous le rendrai... J'en suis sûr... Regardez-moi, j'en suis sûr! Yeuxtu me regarder... je te dis que j'en suis sûr. Mais pour cela, il faut m'obéir si vous m'aimez et surtout il ne faut pas tout abandonner comme vous alliez le faire, notre amour et notre bonheur, au premier geste de menace!

y THÉRÈSE

Oh! André! André...! C'est vrai que je n'ai pas été bien brave...! J'allais presque vous trahir! Mais c'est un coup si cruel... ! Je m'y attendais si peu... J'ai perdu la tète...

.lOSSAN

Ma chéiie, vous avez été ce que vous deviez être... Vous avez été chancelante, vous avez tremblé devant la brutalité et la bêtise. Mais cela n'est pas vilain et c'est ainsi que doivent être les femmes, afin que ceux qui les aiment

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