SCÈNE III JOSSAN, LA BAUDIÈRE
LA BAUDIÈRE
Ah! mais nous allons voir!... Vous savez que depuis que j'ai reçu votre lettre, je ne décolère pas. Devinez ce que j'ai rêvé tout à r heure en faisant ma sieste?... Oui, en effet, vous ne pouvez guère... Mon cher, j'ai rêvé que je flanquais des calottes à ma femme, moi, La Baudière! Ce n'était qu'un rêve malheureusement.
JOSSAN
Madame dé La Baudière ne vous avait rien raconté hier soir?
LA BAUDIÈRE
Absolument rien. Elle était arrivée de Sauveterre de fort méchante humeur; elle avait
les sourcils froncés et l'air menaçant . Mais elle prend cet air-là pour la moindre des choses et je n'y avais même pas fait attention.
JOSSAN
Et votre neveu?
LA BAUDIÈRE
En le voyant avec son fils, j'ai cru tout bonnement qu'il voulait le garder vingt-quatre heures avec lui, du consentement de Thérèse, bien entendu. Qui aurait imaginé une histoire pareille? Ils me le payeront tous les deux. Je ne sais pas comment, mais ils me le payeront ! Nous empêcherons cotte insanité. Avez-voys un plan?
JOSSAN
Oui, mais d'abord, il faut que je vous explique pour quelle raison je prends tant d'intérêt...
LA BAUDIÈRE
Ah! mon cher ami, c'est bien inutile... Je le sais.
Ah