‹ La châtelaine; comédie en quatre actesChapitre 130 sur 144 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

Nous agirons de notre côté, Monsieur Jossan et moi.

THÉRÈSE, allant à la Baudière.

Mon oncle, vous allez me répondre franchement.

LA BAUDIÈRE

Comme toujours.

THÉRÈSE

Vous me le promettez?

LA BAUDIÈRE

Je vous le promets.

THÉRÈSE

Eh bien! mon oncle, dites-moi, vous qui êtes si sincère et si droit, dites-moi bien nettement si vous m'approuvez, si rien dans ma conduite ne vous parait suspect, ne vous

choque si peu que ce soit... J'ai lant d'estime pour vous, et j'ai tant besoin aussi de l'estime d'un homme comme vous dans les circonstances que je traverse. Elles sont très profondément douloureuses, je vous assure. Elles ont mis mon cœur, elles ont mis ma conscience à la plus dure épreuve. Moi, certes» moi, je sais bien au fond de mon cœur que je n'ai aucune arrière-pensée, que je n"ai fait aucun calcul; je sens bien que je suis dans mon droit de femme et de mère... Je suis bien sûre de ma loyauté et de mon devoir... Mais les autres, mais vous surtout... Oh! Tenez, une simple parole, un simple conseil me seraient d'un si grand secours en ce moment!

LA BAUDIÈRE, ému.

Mon enfant, je crois être un brave homme et avoir l'instinct de ce qui est juste. Eh bien ! votre vie tout entière est sans reproche. Pendant dix ans, vous vous êtes prêtée à tous les sacritices pour éviter le scandale et maintenir

Page 1