ACTE QUATRIÈME
JOSSAN
Oh ! c'est un bien gros mot, la mort !... On ne tue pas les gens avec cette simplicité. Moi, j'ai été blessé une fois là, et ime fois là!
(Il désigne son bras et son avant-bras.) J'ai traverse
une cuisse et j'ai piqué deux fois le bout des doigts à mes adversaires, ce qui leur a fait très mal. Mais je n'ai jamais tué personne et je n'ai pour ainsi dire jamais été tué... Le seul duelliste vraiment dangereux, c'est le hasard... Celui-là extermine les gens au moment où ils s'y attendent le moins, mais dès qu'on veut faire ça soi-même, ça devient très difficile... Tiens! je le crois fichtre bien, que la mort de l'un de nous arrangerait tout, principalement pour celui qui mourrait; mais la légère piqûre à la main, qu'est-ce qu'elle arrangerait la piqûre à la main?
GASTON
On aura mieux, soyez tranquille.
JOSSAN
Outre que vous vous battriez très mal dans l'état où vous êtes... Vous vous imaginez que vous avez la rage au cœur; que vous m'en voulez mortellement... Mais non, ce n'esL pas vrai. Ce n'est pas à moi que vous en voulez, c'est à vous, à vous seul!
GASTON
Taisez- vous! Je vous défends de continuer. De quoi vous mêlez-vous?
JOSSAN
Comment! De quoi je me mêle? Vous êtes prodigieux!... Vous venez vous jeter sur moi et vous ne voulez pas que je résiste un
peu... Allons, voyons, voyons... S'avançant vers
lui.) Je vous dis que vous êtes furieux contre vous parce que vous vous êtes mis dans une position qui vous déplaît!... parce que vous