ACTE l'RE.MIEU
LE BARON
Mais moi aussi.
CLOTILDE
André nous né^ljoeait beaucoup. On ne le voyait presque plus, et tout d'un coup le voilà devenu un homme sérieux, un homme célèbre et le plus grand travailleur du monde. J'ai visité au printemps les quatre usines qu'il a aux environs de Paris. Quatre usines!... Et admirables! Avec trois ou quatre cents ouvriers sous ses ordres... Et des gens qui l'adorent, ce qui est fabuleux! Il y a un contre maître qui ma dit de lui: « C'est un homme. Madame, à qui on aime à obéir ». Ce qui prouve, comme dit TEcrilure, qu'un débauché qui se met au travail est plus utile à la société que dix travailleurs qui n'ont jamais fait de bêtises.
JOSSAN, à Madame de La Baudière.
Je suis honteux, Madame, de tous les compliments dont on m'accable devant vous.
o8 LA CHATELAINE
MADAME DE LA BAUDIÉRE
Vous les méritez, Monsieur, j'en suis sûre. Et vous êtes venu vous reposer un peu de vos travaux dans la belle propriété de votre beaufrère?
CLOTILDE
Se reposer, à peine! Il est obligé de surveiller ses afTaires de loin ; trois fois par semaine son secrétaire vient travailler avec lui, et il envoie des télégrammes à Paris toute la journée.
LE BARON
C'est-à-dire qii'il n'y a plus moyen d'avoir un domestique depuis que ce gaillard-là est ici!
CLOTILDE, riant.
Il faut vous dire, chère Madame^ que dans sa conversion, puis dans ses triomphes, André a toujours eu un détracteur...