J OS SAN
Et il vous aime beaucoup.
THÉRÈSE
Eh bien! Monsieur, comment trouvez-vous Sauveterre?
JOSSAN
Je vais vous donner mon opinion en vous l'achetant tout de suite. Quel prix désirez-vous le vendrej?
THÉRÈSE
Hélas! Monsieur, franchement, je suis incapable de vous répondre... J'avais de sa valeur une idée que mon notaire a détruite brutalement. Vous seriez plus sûrement fixé en le voyant lui-même. Je lui ai laissé mes pleins pouvoirs,
JOSSAN
J'aime bien mieux discuter avec vous qu'avec lui. D'abord, j'ai horreur des notaires.
TIIKRKSE
Ah!
.lOSSAN
Je VOUS raconlerai un jour mes histoires de notaire, elles sont à faire frémir. Les meilleurs compliquent ei ralentissent tout, et on n'a qu'à leur confier l'afTaire la plus simple pour qu'ils la rendent subitement incompréhensible. Si je m'adresse à votre notaire, nous en avons pour deux mois. Ce seront des expertises, des devis à faire hausser les épaules. Tandis qu'à nous deux, nous allons arranger cela immédiatement. Et vous allez voir coQime ça va être facile.
THÉRÈSE
Ohl de mon coté, croyez bien...
(Elle s'arrête embarrassée.)
JOSSA^, riant.
Oui... oui... je vois... Vous avez en ce moment-ci cette petite peur des chiffres qui est délicieusement féminine, et vous n'avez
pas riiabitude du marchandage. Comme je vous comprends! Nous allons adopter un système que je crois excellent. Voyons, quelle est la dernière estimation de Sauvelerre?
THÉRÈSE
Je n'ose pas vous le dire, parce qu'elle serait tellement avantageuse pour moi...
Mais encore !
THÉRÈSE
Dans ma dot, Sauveterre a été estimé trois cent mille francs.
JOSSAiN
Oui. Et vous le céderiez encore pour ce prix-là?
THÉRÈSE, souriant.
Oui, certes... mais...