ACTE DEUXIEME
JOSSAN
Vous voyez que ce n'était pas la peine de déranger le moindre officier ministériel
THÉRÈSE, stupéfaite.
Commenl?
JOSSAN
Vous désirez trois cent mille francs de Sauveterre. Je vous en donne trois cent mille franc?. De cette façon, nous n'aurons pas de discussions pitoyables etdésobligeantes pour quelques billets de banque de plus ou de
moins.
Tiii-;iu:si-:
Monsieur... Monsieur... je dois vous... oui, je dois vous prévenir loyalement que ce cbiffre est au-dessus de celui que je vous aurais demandé. Mon notaire lui-même sera étonne.
JOSS.VN
J'adore étonner les notaires. Mais je vous certilie, Madame, que Sauveterre, avec ses
dépendances... les dépendances n'ont point changé, n'est-ce pas?
THÉRÈSE
?Son, Monsieur, soixante lieclares, environ.
JOSSAN
Je vous certifie que Sauveterre vaut cela, à très peu de chose près et que je ne vous fais pas un cadeau. Je vais même vous dire pourquoi je me dépêche. Depuis quelque temps les Anglais achètent à tour de bras tous les châteaux des bords de Ja Loire, c'est un fait. Or, je connais un Anglais fort riclie. qui est en train de parcourir la Touraine en automobile avec sa femme et quelques-unes de ses tilles; les autres suivent à bicyclette. Si cet Anglais voit Sauveterre, il est capable de vouloir l'acheter beaucoup plus cher que moi et je perdrais peut-être Sauveterre, ce qui me désolerait. Je fais donc sûrement un bénéfice sur lui. Vous voyez, je suis aussi franc que vous. Alors, c'est entendu?