ACTE T)EUXIi:i\ir] 13t
THÉRÈSE
Oui... Oui... Qui sait? Je vais peiit-ùlro avoir là les heures les plus tranquilles et les plus douces de ma vie? L'heureux hasard qui vous a mis sur ma route y contribuera beaucoup. Mon Dieu! hier, j'étais navrée, je ne voyais rien dans l'avenir, j'avais une barre devant les yeux, et me voilà presque vaillante...
JOSSAN
C'est cela... C'est cela... Voyez-vous, il faut être de bonne humeur. 11 ne faut pas laisser le drame pénétrer dans notre existence.
THÉRÈSE
Ce n'est pas toujours commode.
JOSSAN
Parce que nous sommes presque tous courbés et résignés ! Nous sentons les drames rôder aulour de nous et nous avons peur d'avance. Si nous leur montrions des figures
souriantes et des gestes résolus, ils n'oseraient peut-être pas entrer. Oh! évidemment, ce n'est pas un moyen infaillible, et on a vu des gens frappés par la foudre au moment oii ils riaient comme des fous. Mais j'ai la conviclion tout de môme, que souvent, avec presque rien, un peu d'énergie, de confiance, de gaieté, on met en fuite des catastrophes.
THÉRÈSE
Oui, c'est vrai... Cela est vrai...
JOSSAN
Je vous regarde, tenez, je vous regarde.. Vous avez l'œil vivant, la bouche hardiment dessinée, le menton net, la main ferme. Tout cela est excellent. Le malheur vous a frappée une fois... Il ne reviendra plus, n'en parlons plus.
THÉRÈSE, souriant.
Dieu vous entende !