‹ La châtelaine; comédie en quatre actesChapitre 75 sur 144 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

JOSSAN

Vous voyez, vous riez déjà 1

THÉRÈSE

Oui, vous me rendez du courage par la sympaliiie que vous me témoignez et que je sens sincère.

JOSSAN

Elle est très profonde.

THÉRÈSE

Les circonstances où elle s'est produite me la rendent encore plus précieuse. J'étais toute seule, effrayée d'avoir à me débattre au milieu d'une question d'intérêt, redoutant les visages hostiles, les méfiances, les pièges, les sentiments âpres et mesquins qu'éveille l'argent. Et il s'agissait vraiment pour moi de toute la vie; je le comprenais, j'en avais le frisson. Eh bien ! par votre délicatesse, par la générosité de votre esprit, vous m'avez épargné toutes ces amertumes... et de toute cette

tristesse que je viens de traverser, il ne me reste qu'un souvenir plein de douceur, presque de joie. Je suis votre obligée, Monsieur, je le sais, j'en suis sûre... Mais non seulement, je ne me sens pas humiliée ni honteuse, mais je vous remercie du fond du cœur.

Elle lui tend la main.) JOSSAN

Je suis très content... Parce qu'avec tout ça, nous allons être de^ grands amis, voulez^ vous ?

THÉRÈSE

Oui, Monsieur, oui... de grands... grands amis...

(Entre Madame de la Baudière.)

Page 1