ACTE DEUXIEME
MADAME DE LA BALDIÈRE
Il faut oublier loiit cela.
THÉRÈSE
Jamais 1
MADAME DE LA BALDIÈRE
Il faut VOUS réconcilier avec Gaston, il le faut, je vous le jure. C'est indispensable. C'est votre devoir, oui, votre devoir. Avec la somme dont vous disposez aujourd'hui, votre mari peut rétablir sa fortune.
THÉRÈSE
Il peut surtout continuer à entretenir sa maîtresse.
3I\DAME DE LA BAUDIÈRÈ
Ne persistez pas dans des résolutions intransigeantes, je vous le conseille. Vous êtes étonnante, vous savez. Mais vous n'êtes pas encore divorcée. Et tant que le divorce n'aura pas été prononcé, votre mari reste le chef de
i4i LA ClIATELALXfc:
la communauté. Vous lui devez compte de vos actes... Réconciliez- vous donc avec lui, et tout de suite. C'est la meilleure façon, c'est la seule de faire taire la me'disance et d'empêcher les gens de jaser.
THÉRÈSE
Jaser! Qui ?... Jaser!...
MADAME DE LA BALDIÈRE
Comment ! Yous rencontrez un Monsieur que vous n'avez soi disant jamais vu! Vous causez une demi-heure avec lui et vous lui vendez trois cent mille francs une masure qui n'en vaut fichtre pas la moitié. Et vous ne voulez pas qu'on en parle? De quoi parlerait-on alors ?
THÉKÈSE
C'est vous! Comment, c'est vous qui me parlez sur ce ton ! Yous qui me connaissez, qui devriez être aussi heureuse que moi de ce qui m'arrive! Je vous prie de me dire ce que
ACTK DEUXIÈME Uo
cela signifie, de me le dire ncUemenl el tout de suite.
MADAMIi DE LA BAUDIÈRE
Oui, oui, certes, je vous connais, mais je connais aussi le monde. Monsieur Jossan est un homme des plus compromettants, il est immensément riche...
THÉRÈSE
Madame, quand on a, comme je l'ai, la certitude d'être une honnête femme, on n'a pas souci de ces malpropretés.
MADAME DE LA I5AUDIÈRE
L'honnêteté d'une femme, c'est l'opinion qu'on a d'elle. Je vous ai indiqué votre devoir. Vous le ferez, ou vous ne le ferez pas, à votre aise.
(Eafrent Clotikle et La Baudière.)