‹ La châtelaine; comédie en quatre actesChapitre 96 sur 144 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

prévisions aussi values?... .Non, non, occiijions-noiis de l'heure présente. Elle est assez grave pour nous Jeux. Les raisons qui nous séparent sont, hélas 1 aussi fortes, aussi profondes aujourd'hui qu'hier. Que pouvonsnous espérer de nouveau et de meilleui-, lorsque dix ans d'existence commune n'ont pu établir entre nous, je ne dirai pas l'amour, je ne dirai pas même l'amitié, mais la simple camaraderie, la simple habitude. Vous vous rappelez les premiers jours de notre mariage, et comme tout de suite nous nous sommes aperçus à quelle distance infranchissable nous étions l'un de l'autre. Pendant dix ans, dix longues années, nous n'avons peut-être pas échangé un seul regard sincère. Nous avons eu un fils, vous êtes son père, je suis sa mère, il n'est pas notre enfant. Séparons-nous, Gaston. Séparons- nous sans haine, mais séparons-nous comme deux êtres qui sont sûrs dorénavant de ne plus pouvoir produire à eux deux que de la souffiance.

IG

GASTON

Mais croyez-vous que depuis que j'ai reçu voire lettre, depuis que je suis au courant, je n'ai pas pensé à cela? Je sais bien les torts que j'ai envers vous, je sais bien que c'est moi seul qui suis la cause de tout ce qui arrive... Et je me torture l'esprit pour y faire entrer cette idée de vous voir, vous et Jacques, heureux et riches, sans moi, devant mes yeux, sous mes yeux... Eh bien! vous entendez; je ne peux pas, je no peux pas!... J'ai mon caractère, mon caractère, c'est-à-dire une force irrésistible qu'on a en soi, qui vous contraint à faire certaines choses, qui vous empêche d'en faire certaines autres. Et je vous jure que je ne peux pas.

THERESE

Gaston, vous n'êtes pas un méchant homme pourlant. Vous ne me détestez pas, c'est impossible. Pourquoi me détesteriez-vous?

Qu'est-ce que je vous ai fait? Non, vous

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