ACTE TROISIEME
GASTON
Mais l'argent que vous avez, je n'y toucherai jamais, vous entendez, jamais, quoi qu'il arrive. Il est à vous, il est à notre enfant... Vous me l'offririez, je le refuserais. De même, Jossan m'offrirait un million que je ne l'accepterais pas. Et vous savez que ça c'est la vérité. Mon, je veux me remonter par mes propres forces... Je ne vous demande qu'un peu d'abnégation et l'oubli des injures. Les. torts que j'ai envers vous, je vous en fais mes excuses et je m'en repens. Ce repentir doit suffire à nous rendre désormais la vie commune supportable. Plus tard, quand vous m'aurez vu triompher et reconstruire ce que j'ai détruit, vous me pardonnerez plus profondément. En attendant, suspendons les hostilités. Vous méjugerez à l'œuvre.
THÉRÈSE
Je vous répondrai ce que vous m'avez répondu tout à l'heure : Je ne peux pas, je
VOUS jure que je ne peux pas. Vous me parlez d'argent, d'association, vous ne pensez qu'à vous. Ah! certes, si nous nous étions aimés vm instant, je vous pardonnerais et j'oublierais. Mais pour que deux êtres suivent la même vie, s'il n'y a plus l'amour, il faut an moins qu'il reste le sillage de l'amonr. Non, non, je ne peux pas, je ne peux pas.
GASTON
Thérèse, si vous refusez, si vous refusez, nous allons nous faire beaucoup de mal, je le sens.
THÉRÈSE
Vous m'en avez tellement fait! Vous ne pouvez pas m'en faire d'avantage.
GASTON
Je vous en conjure, acceptez, Thérèse, acceptez... Car moi, je ne céderai pas... Je ne parle pas, non plus, de mes droits, ni de la loi... Je m'en moque, je ne les connais pas... Je ne cojanais qme mon caractère et m'es passions!..