‹ La châtelaine; comédie en quatre actesChapitre 99 sur 144 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Je n'ai peiat-êlre pas le droit de vous garder; vous obtiendrez peut-être le divorce 11*1 jour malgré moi... C'est possible... Mais tout ce qui est humainement possible aussi de faire pour empêcher ce divorce, je suis résolu à le faire. Je vous en préviens et je vous supplie encore de ne pas m'y comtraindre.

THÉHÈSE

Vous ferez ce<jue vous voudrez. J'ai pour moi ma conscience. J';ii accompli tous mes devoirs. Je me suis longtemps résignée. Vous n'avez jamais trouvé en moi une femme révoltée ou agressive. Ce n'est même pas à votre première faute, à voire premier outrage que j'ai voulu briser notre union. Il a fallu des outrages cruels et répétés, des humiliations sans nombre, des douleurs cuisantes que je ne vous rappellerai pas, que vous ne nierez pas. Vous avez consenti au divorce tout de suite dès que le mot a été prononcé entre nous. Vous y avez consenti sans résistance, comme à une chose inévitable et juste. Et aujour-

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d'hui vous venez me dire du haut dun égoïsme monstrueux : « Ça ne compte plus. » Mais non, ça compte! Je suis libre, je suis libre par vous! Celte liberté, je ne me la laisserai pas reprendre. Ma vie n'est plus à vous, elle est à moi, et j'en ai disposé. Il ne fallait pas me la laisser. Et maintenant, Gaston, au nom du ciel... laissez-moi... ces discussions sont navrantes... oui... allez-vous-en. Attendons!.. Faites ce qui vous plaira, mais ne nous, disons plus de paroles brutales, dangereuses et blessantes comme des coups. Adieu !

Adieu !

GASTON

(Entre Madame de La Baudière.)

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