PROLOGUE
migonnet, faisant un bond en arrière.
Qu’est-ce quo c'est que ça?
PIMPONDOR.
Ça ?... Je vais vous le dire... Ça, c’est le prince Pimpondor; ça, c’est le fils du roi Matapa, un monarque qui vous vaut bien; ça, c’est l’amant de l’adorable Bla nchei te ; qu’elle choisisse donc entre vous et moi, selon les lois de la chevalerie...
MIGONNET
Je le trouve à conserver dans de l’esprit-de-vin avec sa chevalerie.. .
blanchette, à Pimpondor.
Ah ! prince, c’est vous que je préfère !...
MIGONNET
Hein?... vous entendez, Violente?
VIOLENTE
Oh! tant d’audace rire rend stupéfaite!... Ah ! l’on s’est joué de moi... Migonnèt,je te livre celui-ci... Quant à Blanchette, elle saura ce qu’il en coûte de ine braver.
MIGONNET
Voyons, jeune présomptueux, tu m’as dit que le roi Matapa était ton père. ( A un de ses gens.) Marcassin, prends des notes; écris sur les tablettes, le nom du roi de Matapa. {A Pimpondor.) J’irai attaquer Ion père dans ses Etats, et je le mettrai dans un piteux état monsieur ton papa. Comprends-tu?
PIMPONDOR.
Tes menaces glissent sur moi... affreux grotesque.
MIGONNET
Il a dit grotesque ! (Sur un signe de la fée Violente, ses femmes se sont emparées de Blanchette.)
PIMPONDOR.
Défends-toi, misérable !
MIGONNET
C’est-à-dire que je te défends de m’approcher.
BLANCHETTE
Arrêtez !
MIGONNET
Oui, c’estcela, qu’on l’arrête ! (On se jette sur Pimpondor qu’on désarme.) Eufermez-le dans cotte vigie.
PIMPONDOR.
Lâche I
MIGONNET
Non ! Ne le lâchez pas. (On l'enferme dans la vigie : la fée la touche de sa baguette , elle sc transforme en «ne cage de fer.) Ah !
ah ! te voilà en cage, mon petit papillon. Je vais t’emmener dans mon royaume, où tu seras logé et nourri fort mal, je t’en donne ma foi. Mettez ce bel oiseau sur uu de mes fourgons de bagages, et qu’on le cahote dans les ornières les plus raboteuses de la route.
Tyran, nous nous reverrons.
MIGONNET
Far le diable, je l’espère bien !...
blanchette, allant se jeter aux genoux de Migomet. Grâce pour lui !...
VIOLENTS
Blanchette, je puis te condamner à traîner, dans ce monde une existence d’épreuves et de misères... je puis t’exposer aui plus grands dangers... Une dernière fois, je te le demande... consens-tu à devenir la femme de Migonnet?
BLANCHETTE
Plutôt mourir!
violentb, aux femmes esclaves.
Eh bien... qu’on la jette dans une barque, et qu’on la livre h la fureur des flots 1 ( On-enlraîne Blanchette.)
MIGONNET
Eh bien, et moi?
violente, à Migonnet.
Si Blanchette, exposée à une mort certaine, m’appelle à son secours, tu peux la posséder encore ; mais, si elle préfère mourir... mon pouvoir est impuissant à le la rendre.
migonnet.
Tâchez qu’elle vols appelle, car voilà le dix septième mariage que je manque. Vous auriez dû peut-être la prendre par la douceur; mais vous me direz que vous n’êtes pas la fée Violente pour rien. Au revpir, chère protectrice. Allons, misérables... en route... et qu’on prenne garde de me contrarier d’ici à une huitaine... car je suis d'une humeur féroce, qui n’est pas prèsde finir. En route ! Violente, je vous salue.
Il s’éloigne avec sa suite. — La fée étend sa baguette vers la mer. — La tempête, qui avait cessé un moment, reprend toute sa fureur. — On voit Blanchette abandonnée sur une barque exposée aux dangers de la mer. Les vagues s’élèvent en mugissant, à une hauteur prodigieuse. L’écume des flots vient blanchir les rochers du rivage. Les éclairs se succèdent, le tonnerre éclate — Le rideau baisse sur ce tableau.