‹ La chatte blanche feerie en 3 actes et 22 tableauxChapitre 44 sur 145 · SCÈNE ZI · texte numérisé non relu

SCÈNE ZI

Les Mêmes, FIDÈLE et PET1TPATABON, puis LATREILLE.

PETITPATAPON.

Prince, je n’en puis plus, et mes jambes me demandent à mains jointes un instant de repos.

Eh bien, asseyons-nous à celte table.

PETITPATAPON.

Oui, et buvons quelque chose... Nous trouverons bien une bouteille dans ce bouchon... Ohé, l’hôtellier!

LATREILLE paraît; il porte deux gigots sur un grand plat.

A vos ordres, messeigneurs.

PETITPATAPON.

A boire !

LATREILLE

Le temps de servir ces deux messieurs, et je suis à vous.

petitpatapon, l'arrêtant et regardant le plat.

Dites donc, mais ils se nourrissent bien vos deux messieurs... voilà deux fiers gigots pour deux...

LATREILLE

Vous n’y êtes pas... c’est deux fiers gigots pour un.

PETITPATAPON.

Pour un seul estomac I.... vous plaisantez?

LATREILLE

Vous allez voir comme il va grignotter ça. (Il va déposer son plat devant Bouffelaballe.)

FIDÈLE

.Te suis curieux de voir à l’œuvre ce nouveau Gargantua. (Musique. — Bouffelaballe avale les deux gigots.)

PETITPATAPON.

Air : Ali! c cadeL-là, etc.

Ah ! c’ gaillard là, quelle touche il a!

Quel estomac 1 quell’ bouche!

Comme un’ pilule il aval’ ça I

Ah! -c’ gaillard -là qu’ell’ touche!

Quell’ bouche! {bis)

{La musique continue.)

Comme il gigote! oh! monsieur, le beau coup de mâchoire! et le manche avec... Sapristi, monsieur, recevez mes compliments; comment vous appelle-t on, s’il vous plaît?

BOUFFELABALLE.

Bouffelaballe. - ,,

PETITPATAPON.

Cela ne m’étonne pas.;, vous avez là un joli appétit.

FIDÈLE

Et pour le satisfaire il doit vous en coûter cher.

bouffelaballe.

Oh! s’il me fallait l’apaiser complètement,, je ruinerais le pays... mais je suis très-sobre, comme vous voyez.

Peste ! quelle frugalité !

bouffelaballe.

De temps en temps, je me donne la fantaisie d’un petit gueuleton... voilà tout... Hier, par exemple, c’était mon jour; je me suis régalé d’un demi-bœuf à la broche et d’une gibelotte de deux ceut cinquante lapins,

PETITPATAPON.

Je n’aurais pas voulu payer la carie.

trinquefort, auquel on a apporté deux énormes c ruches de vin. Ohé ! père Latreille,

lâtreille, rentrant avec une bouteille et deux verres qu'il dépose sur la table de gauche.

Qui m’appelle?

trinquefort.

Eh bien, et mon entonnoir 1

latreille.

On l’apporte, monsieur Trinquefort. {Un garçon rentre avec m énorme entonnoir.)

PETITPATAPON.

Un entonnoir...

' • -FIDÈLE

Pourquoi fairo ?

LATREILLE

J’vas vous dire... l’ami Trinquefort n’est pas un buveur ordinaire... vingt-cinq litres pour lui, c’est un polichinelle pour nous.

TRINQUEFORT.

Eh bien, y es-tu enfin, vieux bavard?

LATREILLE

Voilà, voilà.

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