ACTE II
migonnet, l’examinant avec sa lanterne.
Eh bien, tu es gentil, à cette heure-ci? Ohl ohl tu n’as pas bonne mine, mon pauvre garçon.
PIMPONDOR.
Viens-tu me railler jusque dans les entrailles de mon cachot?
MIGONNET
Les entrailles de ton cachot m’appartiennent. [A part, avec une grimace .) Et les tiennes aussi.
PIMPONDOR.
Ah! vieux misérable! viens-tu augmenter, par ta conversation, les tortures de ma situation ?
MIGONNET
Ayez donc pitié de ces drôles-là? Je lui apporte des consolations et il me dit des sottises.
PIMPONDOR.
Que parles-tu de pitié?
migonnet, avec brusquerie.
Voyons, réponds : aimes-tu beaucoup le pain noir, hein?
PIMPONDOR.
Je l’abomine.
MIGONNET
Eh bien, voici du pain blanc.
PIMPONDOR.
Ah bah !
MIGONNET
Aimes-tu beaucoup boire de l’eau ?
PIMPONDOR.
Non, c’est fadasse.
MIGONNRT.
Eh bien, je t’apporte du vin.
PIMPONDOR.
Pas possible !
MIGONNET
Et que diras-tu si j’y joins du veau?
PIMPONDOR.
Vous êtes donc malade que vous devenez si bon ?
MIGONNET
Je me porte très-bien, et je veux que tu te portes de même; je 'm'intéresse à ta santé, moi! c’est ma fantaisie du moment... je veux te faire avaler toute sorte de bonnes petites choses... hé! hé! hé!