‹ La chatte blanche féerie et trois actes et vingtdeux tableaux (volume 2)Chapitre 18 sur 113 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

BLANCHETÏE, puis LA FÉE UES BRUYÈRES, tout h tout.

d'une vieille femme.

ELAXCHETTB.

Chassée !... sans asile !... que devenir ! ... que faire !... O ma marraine!,., vous ôtes bien vengée! (j Manque. — Une pourra vieille portant un fagot tur ton épaule parait au fond du théâtre. — Elle s'appuie tur ton bd ion. — Air : Un bandeau couvre les yeux.)

LA FÛ*.

Je n’en puis plus!... je succombe... je sens que je n’irai pas plus loin...

blamchettb, courant à elfe.

Qu’avez-vous, pauvre femme?

LA FEE

Je croyais pouvoir porter ce fagot jusqu'à ma chaumière., mais je n'en aurai pas la force.

RLANCHKTTE.

Eh bien, reposez-vous un instant sur ce banc... { Elle. Py conduit.) Quand vous serez reposée... jo porterai ce bois jusqu'à votre demeure et vous vous appuierez sur moo bras peudaut le route.

la fée.

Merci... j’accepte... et je vous demanderai un peu d’eau pour apaiser ma soif...

blakcmette, fut offrant son fait.

De l’eau... buvez plutôt cctto tasse de lait...

LA pRe, fa prenant.

Mais... c’est ion déjeuner, sans doute...

ELANCJIKTTE.

Oh ! je n’ai pas faim, bonne vieille...

LA rii.

Pas d’appétit... à ton Ûg<*... (Au moment de boire la Vieille regarde le lait et dépote PécueUesur le banc.) C’est étrange !...

BLAMCHETTB.

Que regardez-vous si attentivement?...

U FÉE

Je vois dans ce lait tout ce qui se passe dans Ion cœur... bumuikitb, dans le plut grand étonnement.

Comment?

la fée.

Oui, j’y vois de l’amour... Oh ! oh ! ma mie, c’est d’un princo que flous sommes éprise...

BLANCHBTTE.

Vous voyez cela t

la ré s.

J’y vois encore, mon enfant, que ton amour n'est pas ordinaire, et quo pour ton bien-aime, tu serais capable d’entreprendre do grandes choses...

BLANCBETTE.

Oh! oui!... Mais hélas, sais-je seulement s’il vil encore !

LA FÉB, rfÿardrtnt toujours l' écueil t de lait.

Oui, il rit encore... (Afouorinrnf de j'oie de Blanchelte.) mais il es» prisonnier d’un méchant homme, et il est bien gardé.

BLAKCHETTfc, vivement.

Virant!., et dans quel pays?... et comment le revoir?., pouvezvous me le dire? Oh! regardez, regardez encore...

LA FÉE

Une mouche rient de tomber dans le lait... Je ne puis plus rien voir...

BLIftCHBTTIt.

Quel malheur !

la fée, se levant .

Raasuro-loi, jeune fille.... ton bon cœur, ta constance te rendent Intéressante & mes yeux, cl jo veux te protéger.

BLANCUETTB.

Vous! pauvre vieille I

LA FER

Moi-méme, ma mie, qui no suis ni aussi pauvre, ni aussi vieille que tu crois, (Afuaiÿye. — Elle te transforme et devient jeune et belle.)

BLlXCBBTTB.

Quo vois-je!

LA FÉE

La Fée des Bruyères... Jo suis la proterlrice des amours sincères... Je protège les amants fidèles; par malheur je n’ai pas autant de besugtic qun j on voudrais... Ton attachement pour le prince est profond-.. Cela me suffit... Parle... Que désirt-s-tu?

BLANCBETTE.

Réparer le mal que j’ai fait... Oh! ce n’est pas le courage qui me manque... mais que peut une pauvre fille...

U FÊB.

fu as rairon... Ta jolie figure et ton sexe t’exposeraient à mille dangers. R faut te mellro è l'abri de ces périls, et pour cela... (Elle la fraope de sa baguette , et la paysanne Manchette devient un élégant chevalier,)

BLANCBETTE.

Quel changement I

la fée.

Tu n’es plus la timide Blancholie. Tu te nommeras désormais le prince Fidèle, et pour que tu puisses mener un train digne de ton rang., regarde. (EUe va toucher le fagot gui se transforme en un coffre de maroquin rouge.) Ce coffre e»l rempli de riches habit*, d’or, de bijoux... Il te suivra partout. Tu n’auras qu’a frapper du pied on disant: Coffre de maroquin, viens ô moil Aussitôt il apparaîtra...

BLANCBETTE.

Bonne et généreuse fée, que de reconnaissance! .. (Elle se prosterne devant la Fée.)

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