‹ La chatte blanche féerie et trois actes et vingtdeux tableauxChapitre 90 sur 120 · PETI1PATAPON · texte numérisé non relu

PETI1PATAPON

Prince, reposez-vous «itr ce banc d’hui très, sur lequel et duquel vous pouye? tjéjeuner.

PIMPONDOR.

Et toi, écuyer de mon amie,éionds-toi sur ce banc de harengs.

pst iîpatapon.

Oui, ma foi, ce sont des harengs I

PINPOXDOUR.

Sort bizarre I... me voici dan* l’empire des coquillages *1 des poissons... Et moi qui trouvais, Ut-haut, mon cachot humide.

PETITPATAPON.

Brrrrr... savez-vous qu’il ne fait pas chaud du tout ici?

riMPONDOR.

C'est peut-être le moment du frai ; que serait-ce, si nous étions en hiver ?

PRT|T PATlPi'N.

Il est certain qu’on doit se trouver mieux chez les pwiisons l’été, qu’avec eux l’hiver.

PIMPONDOR.

Ce doit être ici la demeure îles ondines.

PBTITPmPON.

Qu’avez-vous dit? on dîne... Oh I lant mieux, je meurs de faim. Dites donc, prince, s’il y a des restaurateurs ici, la carte doit être salée; c'est égal, je payerais cher uu potage î

PlureSDon.

Peux-tu avoir envie d’un potage, après avoir bu un pareil bouillon !

PRTITPATAPON.

Remarquez vous, mon prince, que mslgré notre situation maritime, nous faisons des mots?

PIMPONDOR.

Que voiix tu 1 ici, ça coule de source... Cependant, il serait temps de mettre un terme à nos maux.

PP.T1TPAT4PO».

Pour cela, il faudrait noqs remettre à flot et pouvoir remonter à la surface de l’onde.

PIMPONDOR.

Et cet espoir est bien vague; mais après tout, ce n’est peutêtre pas la mer è boire, et si nous vivons encore, c’est qu’un pouvoir surnaturel nous protège. Explorons ces plaines humides, voyons? de quel côte diriger nos pas, ici l’esprit flotte incertain. Je vais naviguer de ce côté. Toi, i’mitpa lapon, plonge tes regards dans les environs, et prends g^rd»-! Nous sommes ici en pays ennemi ; nous n’avons aucun droit b l'hospitalité, au contraire.

Air de » Ltmie i’or.

Là-haut, dm noua, dans notre monda,

Mon char, sans pitié, sans regrets.

Noua traitons l'habitant de l'onde.

Nous le pinçons dans nos filets.

En descendant, les rftles changent,

Ce sont 1rs poissonq, ici-bas,

Qai bous pêchent et qui nous mangeai,

Aus hameçoua no mordons pas.

La fatalité noua ballotte,

Amour, en cette immersion,

Usure— nous ée la matelotte !

Préstr» e-noua du eau rt-kouilloa I

tl sert.

bcvstb nr .

PETITPATAPON, PIERRETTE en crevette.

P ET» t P AT A POU •

Tl m’a donné le frisson avec aon court-bouillon I Si j’tlIA me trouver ne* à ne* avec uii requin... Où me cacher... Tient 1 dans ce buisson d’écr»* visses... Oh! les belles ecrevisw» ! [Il y touche.) Ale t comme elles pincent... Entrons; ma s u’j touchons pas. (/î veut entrer, u ne crevette qui n'est autre que Pierrette sort du buisson.)

PIERRETTE

Que demande monsieur T

petitpatapon, se saut ant.

Ah !... (A part.) Qu'esi-ce que c'est que ça... Pardon... madame .. madem oiselle... car je ne sais comment vous appeler... sous ce costume singulier...

PIERRETTE

Je suis une crevette... monsieur. {A part.) Il est toujours gentil...

PRTITFATAPON.

Une crevette!.. Moi, je suis un naufragé... veuille* agréer... Ah çà.mais... encore!... mais non... mais si... celte figure sous cette carapace... c'est la sienne!

Pierrette, à part .

Pauvre garçon !... je m'attendais guère b le revoir au fond do la mer! et à m’y trouver aussi...

PETITPATAPON.

Après avoir été cornaline, elle serait devenue crevette... Ce serait b* bouquet!... Ah ! c’est à compromettre mon Intelligence ! Deux foi*, la retrouver dans de» pays impossibles... Serait-ce un effet de mirage... ou uii effet de mer...

piirrkttr, à part .

Et ne pouvoir lai dire... C’est moi! Et être obligée do le quitter. [Fausse sortie.)

PRTiTFATAPOa.

Oh! je ne te laisserai pas partir ainsi. Viens t’asseoir auprès de moi. sur ce banc de harengs trais... ou plutôt disparaissons dans cebuisson d’écrevisses...

Pierrette,

Par exemple, au sein de ma famille...

PBfltPATâPOH.

fl ne faut pas rougir pour ça, appétissante crevette.

An : Quelque rtgrt t qu'on ait, ma fait*.

O ■4doi‘»nt« uliroqat.

Ode à l'amour qui me provoque,

Voulu que je eoi* tou époux»

maitm.

Noua marier, y peuara-vou* ?

PtmvATAMa.

Que cette mer, uuadre mère.

Remplace ici montieur le maire,

Et je voie vêtir deux maraooiea Qui noui aervirout de témoin*.

Priooa-lea d'étra noe témoin*.

rmarm.

Mémo air.

A ce projet, moi, je m’oppoae.

Et cela pour plue d'uae eauie ;

La tiBB' doit suivre son mari,

El ja prétend* rester loi.

riînrmroi.

8* j' Voua dpoui’, j’ detieaa une battre.

rinatm.

Puis il l'agit d'un aulr' chapitre, '

Itoua aarioaa p’t-êlr* des peut* garçon*,

Et moi, je a’ veu« q»’ de* p’tlt* poieeoua.

J* veux pour enfanta des p’tils p«U*©ua.

pmTPATARon.

Bah! il en sera ce qu’il en sur*!... Voyons, crevette, ne fais pas de manières.

PIERRETTE

Laitsez-moi, ou je vous pince.

PETITPATAPON.

Qu’eat-ce que ça me fait... je veux t’embaaser b la barbe de la baleine, l/i la poursuit : Pierrette lui donne u« soufflet et se •aure dans le buisson d'écrevisses.)

* v rtkittm.

Attrape ! t

, EgTlTéÏTAPON.

Prrrrislil... toujours le «léuie soufflet... Ohî j’en saurai davantage... je vais futnlb r oe buisson d** crustacés... ^ je la poursuivrai jusq ie dans la trihi} di-s homards. ( Jl veut entrer dans le buisson qui se referme. Une foule d'ècrevisset en cachent l'entrée, et la main de Petilpatapon se trouve prise au milieu d'elles J V Ale!... oull... je sui» pince!... hc revisses, lâchez-moit...

Page 1