ÉPILOGUE
— Monsieur Gérard, déjà. Noua ne vous attendions que demain.
Ainsi m'accueillait, sur le seuil de la maison de la Presse, le jeune Laboulbène.
Il avait raison : comme les permissionnaires qui ne se sentent pas la conscience très tranquille, j'étais rentré un jour en avance.
— Et qu'est-ce qu'il y a de nouveau, ici î demandai-je, avec un peu d'oppression.
— Oh 1 rien. C'est toujours le même petit traintrain, vous savez. Ah ! mais, que je vous dise, votre malle est arrivée. Depuis trois jours. J'ai été un peu surpris, parce que vous ne m'aviez pas prévenu. Mais je n'allais pas la refuser, vous pensez bien. Je l'ai fait porter au garage, rue Montaigne. Vous l'y prendrez quand vous voudrez. Elle ne gêne pas.
— Je vous remercie. C'est tout?
— Quoi encore? Vraiment, je ne vois rien d'autre.
Il baissa un peu la voix.
— Savez-vous qu'on parle sérieusement d'une troisième Campagne d'hiver?
Cooyk'
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Edith Stewârt.
Avec lenteur. JO repliai cette lettre. Comme dans uh brouillard. les promeneurs passaient et repassaient devant moi ; des ouvrières, dut étudiants, tki permissionnaires.
. — François Gérard t >-..
Machinalement, je tournai la ttt* du côté eu avait retenti cet appel. Je reconnus Clotilde, un» jeune femme avec qui, vers 1913, je m'étais assez souvent promené la nuit dans les bars.
, — Garçon, portez ma consommation à la table de monsieur.
Sans façon, elle s'était installée à côté de moi.; Elle était vêtue de pauvres choses, voyantes et a bon marché. Elle aussi, à sa manière, elle avait souffert. *.
— Que je suis contente de vous retrouver ! Avec dette guerre, n'est-ce pas, on ne peut jamais savoir... "
Elle continuait : ■ ï — Il n'est pas question de se plaindre, quand
les soldats sont dans les tranchées. C'est égal, tout
le monde a bien du mal.
-, Elle baissa la voix pour demander :
* — Il paraît que les Japonais vont arriver.
tL'avez-vous entendu dire?
— Clotilde, on dit tant de choses. .
.; — Surville a -été tué. Le aaviez-vousî
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