DESCRIPTION DE L'INSECTE
L'insecte parfait.—Les deux sexes de l’insecte parfait ont un aspect très différent. Le mâle est un peu papillon grisâtre, mesurant environ un pouce et demi les ailes étendues, à pattes touffues, à antennes plumc ses et à ailes antéricures traversées par des barres sinueuses.
La femelle, d'autre part, est une créature très épaisse, maladroite, de couleur grisâtre, presque sans marques et presque sans ailes. Elle se traîne généralement sur le cocon dont elle sort, et, après s'être accouplée, y dépose un tas d'œufs et meurt.
Les œufs.—Les œufs sont déposés par tas de cent à cinq ou six cents; chaque femelle pond un tas d'œufs, généralement sur le cocon vide. Elle le recouvre d’ane couche épa’ ze d’ua liquide blanc, écumeux, qui, se durcissant rapidement, agglomère les œufs et les protège contre les intempéries et, jusqu’à un certain point, contre leurs ennemis. Les œufs, pris isolément, sont petits, blanchâtres, presque sphériques. Les tas d'œufs d’une autre chenille proche parente de celle-ci, la “‘chenille houppée à couleur de rouille”, sont pondus à nu sur le cocon, ils ne sont pas recouverts d’une écume blanchâtre, il est donc facile de les distinguer de ceux de la chenille houppée à taches blanches.
La chenille.—La chenille de cette espèce se distingue par son abondance remarquable pendant les invasions et par la beauté frappante de ses couleurs et de sa vestiture; elle est donc aussi bien connue que toutes les sutres chenilles nuisibles à nos arbres d'ombrage. Entièrement développée, elle mesure va peu plus d'un pouce. Les couleurs sont : . bandes longitudinales, ee fortement marquées par derrière, jaunes par-dessous, grisâtres sur les c tés, avec, par-dessus, une bande jaune clair, subdorsale, de chaque côté d’une bande noire médiane. La ligne dorsale médiane porte quatre pinceaux de poils saillants blanes ou jaunâtres, un sur chacun des quatre premiers segments abdominaux, et un petit tubercule rouge corail sur les sixième et septième segments. La tête et la partie supérieure du premier anneau thoracique sont d’un rouge vif de corail. Deux longs pinceaux noirs de poils plumeux sortent des côtés du premier anneau thoracique, par-dessus la tête, et Ja pinceau semblable sort de la ligne médiane du huitième segment abdominal pour se diriger vers le haut et en arrière, Le corps est revêtu de quelques longs poils grisâtres, naissant en touffes radiées de tubereules jaunâtres.
La chenille houppée à couleur de rouille diffère de celle-ci par sez couleurs moins vives et porte de chaque côté du quatrième segment, derrière la tête, un pinceau de longs poils noirs.
pupe.—Les chenilles adultes se tissent des cocons grisâtres de soie, généralement fixés à l'écorce du tronc des arbres. A l'intérieur du cocon, la chenille range de peau et se transforme en chrysalide. La chrysalide du mâle est -"ne ou presque noire, et revêtue de poils grisâtres rares; celle de la femelle est seaucoup plus grosse, sans élytres visibles; elle a, à travers le dos de chacun des trois premiers segments, derrière la tête, une plaque transversale de couleur 'égère. Le cocon de la femelle est plus dur et d’une couleur plus foncée que celui du mâle,
MÉTAMORPIIOSES ET HA BITUDES.
L'insecte passe l'hiver sous forme d'œuf dans les tas d'œufs blancs, très visibles, généralement attachés aux cocons. Normalement, les tas d'œufs sont déposés sur le tronc et sous les grosses branches, mais dans les saisons de grande abondance, ils se rencontrent en nombre considérable sur les parties supérieures des arbres et sur les objets voisins, comme les clôtures et les bâtiments
Les œufs éclosent généralement en juin. Dans les saisons très précoces, dans le district autour de Montréal, quelques tas d'œufs éclosent dans la dernière semaine de mai, et le plus fort de l’éclosion se fait dans la première moitié de juin; dans les saisons tardives, c’est dans la dernière moitié de juin que l'éclosion bat son plein et beaucoup d'œufs n’éclosent qu’au commencement de juillet. En Nouvelle-Ecosse, les œufs éclosent généralement pendant la dernière semaine de juin. Cette espèce reste donc dans la phase d’œui à peu près dix mois, à partir de la fin de juillet jusqu’au mois de juin suivant. Ona done une longue période pour rama=ser les œufs et prévenir ainsi leur éclosion.
Les jeunes chenilles se répsr ‘ ; quelque peu parmi le feuillage de l'arbre et dévorent isolément le d'ssous es feuilles, dont elles se laissent tomber au moyen d’un fil de soie lorsqu'elles sont dérangées. Le goût des déplacements grandit chez elles avec l’âge: elles dévorent la plus grande partie de la feuille à laquelle elles s’attachent et lorsqu'elles sont en grand nombre, elles défeuillent sérieusement ou complètement l'arbre. Elles atteignent toute leur taille en quatre ou six semaines. Beaucoup des grosses chenilles se transportent d’un arbre à l’autre et l’on voit des arbres qui, jusque là, n’avaient pas été touchés, devenir fortement infestés. Les vieilles chenilles 3e répandent ainsi jar ces habitudes nomades. Il est probable que les petites chenilles, suspendies au bout de leur fil de soie, peuvent être portées à des distances considérahies par le vent, ce qui contribuerait encore à répandre l'invasion. Lo:sque les chenilles ont atteint toute leur taille, en juillet ou au commencement d’acût,
elles se fixent sur le tronc ou les grosses branches de l'arbre, mais pendant une invasion, on les trouve sur n'importe quelle partie de l'arbre ou même sur les objets voisins. Elles se tissent alors, ivec leur soie et leurs poils, un cocon grisâtre, qui est solidement fixé à l’écor:e où à l'objet sur pd ge se trouve, et elles se transforment dans ce cocon en chrysalide ou en pupe.
Au bout de dix jours où deux semaines, l'insecte parfait sort du cocon. La femelle sans ailes s'éloigne rarement du cocon dont elle sort; gene, elle grimpe sur ce cocon et anrès être fécondée par un mâle, el!'e y dépose son tas d'œufs grisâtres, meurt et généralement tombe à terre, La chenille mâle cesse de se nourrir et tisse son cocon plus tôt que la femelle, et elle produit des chrysalides beaucoup plus petites que celles de la f melle.
IH n'y a qu'une génération par an dan Est du Canada; parfois, dans des saisons favorables, une deuxième génér ‘on partielle se rencontre dans le sud de l'Ontario.