‹ La chevauchée d'Yeldis et autres poèmes,Chapitre 9 sur 9 · LA C H E ^' A U C H K E D " Y E L D I S · texte numérisé non relu

LA C H E ^' A U C H K E D " Y E L D I S

Le soleil tombait et je vis leur fuite S'enfoncer dans le crépuscule, vers demain Et je restai debout sur le chemin, Mon cœur peut-être en a battu plus vite... Il était bel et mâle, et la méritait bien.

rViNsi Philarque, qui fut savant subtil. S'en est allé vers son orgueil (y croyait-il?); Et Luc, bel homme et fat, s'en fut aussi, Vers l'ombre de sa vanité, sans un souci ; Claude qui vécut sans repos de cœur S'en est allé dormir dans le Seigneur ; Martial qui aime et veut, beau paladin, S'en est allé au galop vers demain.

Je n'ai pas lionte, y songeant, de moi-même, Je n'ai pas un regret de ce poème :

Je sais que, pour L'avoir suivie Jusque dessous les châtaigners, je sais la Vie; Pour moi toute ombre est claire et le soleil Chante en les ors des blés et des abeilles ; Ce que j'ai d'Elle, Elle me l'a donné : Pas un instant qui soit à itardonner ;

D'un seul sourire Elle m'a fait ainsi ;

Si je n'étais pas né pour son baiser,

Au moins, je lui donnai mon âme — Elle a laissé

Le secret de son âme à ce cœur-ci :

D'une parole Elle a fait un écho

Qui chante aux bois et murmure sur les eaux,

Qui sonne et meurt aux vagues de la houle,

Qui flotte harmonieux aux cris des foules ;

Il n'est pas un brin d'herbe qui frissonne,

Il n'est pas un petit caillou qui roule,

Pas une chanson ati verger d'automne,

Pas un baiser au sentier de printemps,

Pas une goutte du vrai sang des Occidents,

Pas un mot sacré vibrant aux Poèmes

Dont je ne pleure ou rie, qu'en Elle je n'aime.

Princesse,

Dès l'aube survenue à tiède haleine.

Des moissonneurs s'en vinrent vers la plaine ;

Ils parlaient maintes langues, groupes épars,

Venus de maints pays, par maints hasards ;

Je me joignais h eux, car à l'automne,

Tout homme est bienvenu de qa'i moissonne;

J'ai suivi le sillon cette journée

Et, penché sur la gerbe pour toi glanée,

J'écoute les sonnailles dans le soir

Et pense que la Vie est belle de bel espoir.

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