LA SYNTHÈSE ORGANIQUE
bien connu, la benzine, que cependant jusqu'à ce jour on n'avait obtenue que par distillation de la houille.
Par des chauffes méthodiques de ces différents carbures, il obtint à peu près tous les autres composés analogues organiques.
L'acétylène a pu encore être obtenu en partant uniquement de la chimie minérale,
Davy avait remarqué que les résidus de la préparation du potassium et du sodium traités par Feau donnaient des gaz combustibles.
Wohler, puis Maquenne obtinrent un composé de carboue et de calcium qui, traité par l'eau, dégageait de l'acétylène.
M. Moissan a obtenu le carbure de calcium cristallisé en faisant agir dans son four électrique la haute température de Tare sur un mélange de charbon de sucre et de chaux de marbre. Ce corps, traité par l'eau, dégage de l'acétylène pur. C'est là le passage direct de la chimie minérale à la chimie organique, c'est là le lien qui réunit ces deux branches si longtemps séparées et cependant si parentes : la chimie de la matière et la chimie de la vie.
Rappelons enfin à ce propos le rôle que joue l'acétylène préparé par le carbure^de calcium; c'est un gaz d'éclairage remarquable par l'intensité de sa lumière, et si ce combustible, au pouvoir
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éclairant si intense, n'était pas, à l'état comprimé, un explosif si dangereux, ce serait une des lumières les plus belles et les plus commodes.
A la suite des travaux de Wôhler et de Berthelot, chercheurs et savants augmentèrent sans cesse le nombre des synthèses connues.
C'est en établissant la constitution des matières organiques naturelles que l'on a pu ensuite les reproduire et même les appliquer à l'industrie.
Les matières colorantes qui pendant si longtemps furent seulement extraites des êtres vivants, végétaux ou animaux, ne sont plus préparées que par synthèses méthodiques j partant de carbures d'hydrogène, de l'anthracène, du triphénylméthane, on arrive à des composés azotés plus ou moins complexes et jouissant de. teintes dont la variété ne le cède qu'àla vivacité.
Jusque-là on ne s'était attaqué qu'à des composés fixes dont la composition était indépendante du milieu dans lequel ils se trouvaient. Les corps fondamentaux des organismes vivants, les matières albuminoïdes, étaient restés inabordables. Tout au plus si, pendant longtemps, on avait essayé de leur attribuer des constitutions plus ou moins justifiées par l'expérience.
Schulzenberger réalisa une analyse méthodi-