L'ATMOSPHÈRE
sieurs expériences sur le continent (en dehors de Paris) est de 10.181 1bs. d'azote par acre. La moyenne continentale est exagérée pour les campagnes ouvertes, parce que nombre d'expériences ont été faites près des villes. La proportion d'azote et celle des nitrates des pluies aux tropiques, est généralement plus grande, tandis que celle de l’ammoniaque est moindre. La quantité d'azote des pluies à la Nouvelle-Zélande, aux îles Barbades, à la Gayane Anglaise et à Madras n’est pas plus grande que celle des pluies à Rothamsted.
Il y a toujours des ckloruwres dans les pluies, surtout dans celles qui tombent dans le voisinage des mers. A Georges Tuwn, Guyane Anglaise, les chlorures que contient la pluie équivalent, par acre et par an, en moyenne, à 193 1bs. plus ou moins, de sel commun ; à Cirencester, elles représentent 40 1bs. ; à Rothamsted, 24 Ibs.
Les sulfates que dépose la pluie nendant une moyenne de cinq ans à Rothamsted, équivalent à 17 1bs. d'acide sulfurique anhydride.
A Rothamsted, la pluie dépose sur le sol assez de chlorures pour les récoltes de la ferme, excepté peutêtre, pour les betteraves. Elle dépose aussi assez de sulfates pour la plupart des plantes cultivées.
Le sol.—i. Composition. Si un sol consistait en particules sphériques, toutes d’égale dimension, les interstices entre ces particules occuneraient, à peu près, 26 pour cent du volume apparent, alors même que ces particules seraient juxtaposées avec le plus grand soin. Quelles que soient d’ailleurs les dimensions de ces parti-
cules, le vide total existant entre elles reste toujours le même. Si les interstices en étaient occupés par des particules plus petites le vide n’occuperait plus que 6.7 pour cent du volume et, en comblant les inte.stices entre ces particules ajoutées, le vide serait réduit à 1.7 pour cent. Dans un sol qui n’est pas tassé ou plombé, les interstices sont plus grands que dans un autre qui l’a été.
Dans un sol naturel, les parties sont de grosseur différente et de forme irrégulière ; dans le premier cas, il y a moins d'interstices, dans le secon& il y en a plus. Nombre de particules du sol sont elles-mêmes poreuses, telles que celles de l’humus et de la pierre calcaire. Elles augmentent beaucoup le volume apparent.
La surface totale présentée par une masse de particules sphériques est doublée, quaud on diminue leur diamètre de moitié, La surface interne d’une terre est donc d'autant plus grande,qu’elle est composée de particules plus petites ; elle est encore augmentée, quand ces particules elles-mêmes sont poreuses. La fertilité d’un sol et ses propriétés physiques dépendent beaucoup de la proportion des interstices et de la surface totale des particules.
On peut, au moyen d'analyses mécaniques, séparer les particules du sol en groupes dont la grosseur des particules sera différente ; les gros morceaux sont séparés au moyen d’un tamis, les plus petits au moyen de courants d’eau de différentes forces. Les plus petites particules se rencontrent dans la glaise, elles restent d’une façon permanente suspendues dans de l'eau distillée. Après la glaise, viennent la boue et le sable ; leur degré de friabilité est très variable et elles
sont souvent d’une composition chimique très différente. Les particules les plus grossières sont toujours, soit du gravois, soit de la pierre. Le caractère physique du sol dépend beaucoup de la nature des particules qui prédominent.
2. Cohésion du sol.—Les plus grossiers éléments du sol, y compris le sable fin, sont très peu adhérents. La cohésion d’une terre forte est due à la vase et à la glaise. Dans la glaise, elle est attribuée à une substance colloïde hydratée qui, d'après Schlæsing, dépasse rarement 1.5 p. c .La glaise est, en effet, d’une constitution analogue à la potée commune. Quand la glaise est pure, toutes ses parties sont de la même composition chimique (silicate d'aluminium) ; mais, mélangée avec le sol, ses parties sableuses peuvent être da différentes natures. Dans la terre de brique, la partie sableuse consiste en quartz ; dans la marne, c’est du carbonate de calcium.
La nature des terres glaises dépend beaucoup de leur degré de friabilité. La glaise friable est d’une composition granulaire, pénétrable à l’eau et peut être réduite en poudre. La gelée la rend friable ; elle sépare l’eau du ciment colloïde, ce qui a pour effet de faire rétrécir la glaise. On peut aussi la rendre friable par l’addition de certains sels, surtout de sels de calcium. De la glaise colloïde reste suspendue dans de l’eau distillée d’une façon permanente ; on la précipite au moyen d’unepet:te quantité de sel de calcium. En ajoutant aux sols glaiseux de l2 chaux ou des pierres calcaires pulvérisées, on en diminue la cohésion ; ils deviennent perméables et plus faciles à labourer.
Les humates augmentent la cohésion des terres
sablonneuses en culture ; ce sont, comme la glaise, des substances colloïdes. Schlæsing a constaté que la terre sablonneuse qui contient, sous forme de calcium, 1 p. c. d'acide humique, est aussi adhérente que si elle contenait 11 p. c. d’une gluise visqueuse. Les humates, en , séchant, perdent de leurs propriétés adhérantes, tandis -w que la glaise ne les perd pas.Le fermier n’ignore pas qu’on améliore les terres sablonneuses par l'emploi continu de fumier de ferme ou par l’enfouissement de récoltes vertes. L’humus rend adhérente une terre sablonneuse ; il agit contrairement sur une terre argileuse. Le meilleur moyen de rendre plus léoère une terre forte, c’est de la fumer avec du long fumier d’étable. En certaines terres sablonneuses, l’oxyde de fer . donne de l’adhérence. . Du carbonate de calcium augmente aussi l'adhérence du sable. Les terres grasses (loam), bien cultivées sont formées de particules composées d'éléments divers liés entre eux par des matières gluantes ; ia présence dans ie sui de particuies grossières et poreuses, est une des premières conditions pour une bonne terre.
3. Rapport avec l’eau.—Dans un sol naturel, composé de particules solides d’une grosseur uniforme, les interstices occupent à peu près 40 pour cent du volume, que ces particules soient grandes ou petites ; mais, quand elles sont, les unes grandes et les autres petites, l'espace total est diminué. Si, d’un autre côté, ces particules sont elles-mêmes poreuses, comme c’est le cas pour la chaux, le terreau et surtout pour l'humus, l’espace total est augmenté. C’est de cet espace total que dépend la quantité d’eau que le sol retient, quand il en est saturé ou la quantité d’air, quand il est sec.