‹ La chimie de la ferme [microforme]Chapitre 12 sur 87 · LE 80L · texte numérisé non relu

LE 80L

L'humus augmente beaucoup la capacité du sol de retenir l’eau. A Rothamsted, en janvier 1869, on a analysé la couche supérieure du sol alors que celui-ci était saturé d’eau : les terres qui n'avaient pas été fumées contenaient 32.4 parties d’eau sur 100 parties de terre sèche ; les terres fumées pendant vingt-

six ans, contenaient 65.8 parties d’eau sur 100 parties de terre.

La surface du sol est rarement saturée, sauf immédiatement après des averses. C’est de la quantité d’eau que peut retenir le sol après un drainage judicieux, que dépend son pouvoir d£é fournir aux plantes la quantité d’eau qui leur est nécessaire. La quantité d'eau qu’un sol peut retenir d’une façon permanente ne dépend pas du volume total de ses interstices, mais de l’étendue de surface interne parce que l’eau est retenue par adhésion, à la surface des particules ; par conséquent, plus les particules sont petites, ou nlus elles sont poreuses, plus est grande la quantité d’eau qu’elles peuvent retenir. Deux échantillons de quartz broyé composés, l’un de gros grains, l’autre de grains fins, contenaient, étant saturés, un pour cent de leur volume d’eau ; mais, quand on les avait judicieusement drainés, l'échantillon de gros grains ne retenait que 7.o pour cent d’eau et celui composé de grains fins 44.6 pour cent.

Les sols drainés retenant le moins d’eau, après drainage, sont ceux composés de gravier et de sable grossier, La quantité d’eau que peut retenir un sol augmente, quand ses particules sont petites ; elle est très considérable quand il est composé de vase fine et de glaise ; elle atteint le maximum, quand ilest riche en humus. Donc,

pour en augmenter la capacité, il faut l'amender au moyen d'humus.

La surface du sol sera alimentée d’eau, si celui-ci repose sur un sous-sol suffisamment rapproché qui en est saturé ; cette eau monte en vertu des lois de la capillarité.

L'eau du sous-sol] montera d'autant plus, en vertu de la capillarité, que ses particules seront plus petites et plus tassées. La quantité d’eau qui se porte à la surface, diminue en proportion de la distance à parcourir. Elle diminue encore, en vertu du frottement, quand les particules sont de trop petites dimensions. La facilité avec laquelle l’eau du sous-sol monte à la surface, dépend, pour chaque ‘“istance, de la finesse deu particules du sol. La capillarité peut rarement porter à la surface la quantité d’eau suffisante. Au Wisconsin, les récoltes souffrent de la sécheresse, quoiqu'il y ait continuellement de l’eau à une profondeur de cinq pieds.

D'après Greaves, la moyenne de l’évaporation à la surface de l’eau, dans le voisinage de Londres est de 29.6 pouces par an ; l’évaporation mensuelle maximum a lieu en juillet ; elle est de 3.4 pouces ; le minimum a lieu en décembre, avec 0.5 pouces. L'évaporation est plus forte à la surface d’un sol saturé qu’à la surface d’une nappe d’eau. Il s’'évapore la même quantité d’eau à la surface des différents sols quand ils sont saturés ; mais, en temps de sécheresse, il y a une différence notable, Un sol composé de particules grossières, non tassées, se dessèche le plus rapidement et à une plus grande profondeur . Pour cette raison, il ne faut pas faire de profonds labours, quand l'été est précoce et que

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la terre doit produire une récolte.

L'évaporation est plus grande quand le sol porte une récolte. En 1870, à la fin du mois de juin, pendant une sécheresse excessive, on a constaté à Rothamsted combien contenaient d’eau, à la fin de juin, un champ d'orge et une jachère nue adjacente, On trouva que, depuis la surface jusqu'à une profondeur de cinquante-quatre pouces, il y avait neuf pouces d’eau de moins dans le champ d’orge que dans la jachère. Le plus grand préjudice causé par les mauvaises herbes en été, est celui qui résulte de l’évaporation de l’eau du sol.

L'évaporation est moindre quand on protège le sol contre le soleil et le vent. Des pierres, à la surface du sol, protègent ce dernier contrel’évaporation. Un bon moyen pour obtenir le mêmeeffet, est de recouvrir le sol avec de la paille,

Dans les contrées chaudes, si l’on veut réussir en culture, il faut ameublir la surface du sol à une profondeur de un à deux pouces.

Un sol parfaitement sec peut absorber, lorsque l’air est humide, une petite quantité d’eau ; cette propriété s’appelle pouvoir kygroscopigue du sol. Le sable n’a qu'un très faibie pouvoir hygroscopique ; il est plus grand pour la glaise, surtout la glaise ferrugineuse ; l'humus est hygroscopique à un très haut degré. L'eau, ainsi absorbée, est utilisée par les plantes ; mais, sous nn climat chaud, l’évaporation de l’eau hygroscopique fait baisser la température du solet empêche les récoltes

de roussir (Hilgard). Quand la température de la surface du sol est plus basse que celle à laquelle se forme la

rosée, celui-ci condense une quantité d’eau considérable de l’atmosphère, :

Un sol composé de grosses particules non poreuses et peu tassées, de gravois, par exemple, est particulièrement sec. Quand le sous-sol, dans ce cas, est naturellement drainé, le mal est des plus graves. Un tel sol ne retient que fort peu d’eau, et l’évaporation se fait rapidement. Les terres sèches doivent être largement pourvues d'humus ; il faut les ensemencer de bonne heure, bien tasser et sarcler, et faire très légers les labours d'été. Les récoltes, sur ces terres, sont précoces parce que le soi se réchauffe facilement ; aussi les jardiniers peuvent-ils les porter au marché de bonne heure. Peu de pluie suffit pour les rendre humides à une profondeur considérable, et toute l’eau qu'ils retiennent est utilisée par les plantes.

À cause du grand pouvoir qu'ont les terres de retenir l’eau, il faut, dans la plupart des cas, les drainer. Afin de rendre un sol plus pénétrable à l’eau, on y calcine de la glaise, on y met de la chaux et de la marne ou l'on en augmente la proportion d’humus.

4. Rapports du sol avec la chaleur.—Le sol doit sa chaleur à des effets chimiques et à la radiation solaire. L’oxydation de la matière organique dans le sol en augmente la température ; cette augmentation n’est guère appréciable. A Tokio, on enfouissait dans une terre, à une profondeur d’un pied, 40 tonnes de fumier d’étable par acre. Durant les vingt jours suivants, la moyenne de la température de ce sol était de 2°.3 plus haute que celle des terres qui n'avaient pas été fumées. Durant les premiers cinq jours, la différence de température n'était que de 0°.8. L'effet chimique est plus grand pendant les mois d'été.

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La quantité de chaleur que la terre reçoit du soleil, dépend beaucoup de la transparence de l’atmosphère. Les maxima de chaleur et de froid se produisent par un Ciel clair et un air sec ; la température change peu, comparativement, sous un climat nuageux et humide.

L'effet de la chaleur du soleil dépend beaucoup de l'angle suivant lequel les rayons de cet astre tombent sur la terre ; ceci explique l'énorme différence entre un climat sous l'équateur et un autre du nord de l’Europe. On s'aperçoit, dans nos propres champs, de l'effet de variation de l'angle d'incidence des rayons du soleil . témoins certaines terres en pente dont la fertilité est plus grande que celle d’autres qui ne se trouvent pas situées de cette manière. La température d’une terre penché evers le sud est plus élevée que celle d’une autre qui ne l’est pas. :

La température moyenne du sol et du sous-sol est la même que celle de l'air à la surface ; c'est pourquoi toute altération de la température de l'air, provenant, par exemple, de courants chauds de l’océan, influe sur la température du sol. Sous un ciel bien pur, la température de la surface du sol peut atteindre un maximun ou un minimum bien plus grand que celui de l'air ambiant. Schübler, pendant deux ans, prit chaque jour, quelques instants après midi, la température dans son jardin à l'übingen, à une profondeur d’un pouce, chaque fois que le temps était parfaitement beau. La moyenne de ses constatations dépassait 120° Fahrenheit, chaque mois, depuis avril jusqu’à septembre inclusivement ; en juillet, la moyenne était de 146°. Cette

Fa

dernière température dépassait de 65° degrés celle de l'air ambiant prise en même temps.

Une terre de couleur foncée devient plus chaude au soleil qu’une autre de couleur claire ; la plus grande différence observée pour des terres naturelles est de 8°. En temps nuageux, il n’y a pas de différence. Pendant la nuit, tous les terrains se refroidissent au même degré.

Comme on peut le voir par le tableau ci-après, la quantité de chaleur requise pour élever, à un même degré, différentes espèces de sols, est très différente ; cette chaleur est appellée chaleur spécifique.

PESANTEUR SPECIFIQUE ET CHALEUR SPECIFIQUE DES . PARTIES CONSTITUANTES DU SOL.

| Chaleur spécifique, à Pesanteur

Spéc'fique.

Poids déox Volumes égaux

Eau . À

Humus . ; ’

Lave et basalte .

Glaise . S :

Carbonate de cheux ..

Quartz, feldspatb.

granit

Donc, la même quantité de chaleur élèvera à la même température, 1 1b. d’eau et 5 1bs de craie ou de sable de quartz ; et, pendant le refroidissement, 1 1b d’eau rayonnera cinq fois plus de chaleur qu’une livre de craie on de quartz. Or, eu égard seulement aux éléments solides du sol, la même quantité de chaleur élèvera à la même température 3 1bs. d’humus et 8 1bs. de quartz. La chaleur produit, à peu de chose près, les

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mêmes effets sur des volumes égaux des parties solides du sol, excepté sur le basalte noir.

On peut donc conclure que les tempéraëures, que des quantités égalesde terre sèche exposées au soleil atteignent, sont à peu près les mêmes quelle que soit la nature des ingrédients dont elles sont composées; mais la différence est très grande entre un sol humide et un soi sec ; ce dernier s’échauffera à un degré plus élevé que le premier, en supposant que les deux sols reçoivent une quantité égale de chaleur.

La profondeur à laquelle un sol s'échauffe dépend du pouvoir conducteur des parties qui le composent. Le quartz est de tous les éléments qui entrent dans la composition du sol, le meilleur conducteur de la chaleur. L'air est au contraire le plus mauvais. Donc, un sol sec bien émiett{ est mauvais conducteur de la chaleur, parce que chacune de ses particules est entourée d'air, Le pouvoir conducteur du sol augmente si on tasse ; la présence de pierres l’avgmente aussi. Quand on mouille le sol, le pouvoir conducteur du gravois, de la chaux, ou de la glaise est doublé, par suite du déplacement de l'air. On peut conclure de ce qui précède que la surface d’une terre sèche, pulvérisée, légère, se réchauffe beaucoup au soleil, mais que la chaleur ne pénètre qu'à une faible profondeur. Elle pénètre le plus facilement jusqu’au sous-sol, dans une terre compacte, pierreuse, surtout quand elle est mouillée, Nous avons déjà dit que les terres sablonneuses conviennent le mieux pour les récoltes précoces du printemps.

La présence ou l'absence d’eau rend le sol chaud ou

froid. Il a déjà été question de la chaleur spécifique de l'eau, en vertu de laquelle un sol humide se réchauffe beaucoup moins qu’un sol sec, en supposant que les deux sols absorbent une quantité égale de chaleur. Une cause plus capitale encore de la basse température des terrains humides est la perte de calorique produite par l'évaporation de l'eau. Si sur 97 pintes d’eau, il s’en évapore une pinte, la température des 96 pintes restantes aura baissé de 10° Fahrenheït, à moins que cette perte n'ait été compensée par une cause extérieure quelconque. Les prés qui ne sont pes drainés et les terres fortes constituent donc des sols froids, parce que la chaleur qu’ils reçoivent du soleil est dépensée à l'évaporation de l’eau. Parkes à constaté que la température d’une terre tourbeuse, non drainée, d’une profondeur de 30 pieds, était de 46° à partir d’un pied de profondeur. Au milieu de juin, la température en était de 47° à une profondeur de sept pouces ; à cette même profondeur, la température d’une partie de cette terre drainée était de 66°, et, à une profondeur de deux pieds, de 50°. Le seul moyen d'améliorer une terre froide humide, est de la drainer. |

La température du sous-sol est constante, toute l’année, à une certaine.profondeur ; sous les tropiques, cette profondeur n’est que de quelques pieds ; mais, à des latitudes nord, où il y a une difiérence notable entre la température de l'été et celle de l'hiver, elie est considérable, L'effet des ch&ngements de saison se manifeste entre la surface du sol et la limite des températures constantes ; les variations maxima ét minima du sous-50l suivent toujours celles de la surface du sel. A une certaine profondeur, les sai-

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