APPLICATION DES ENGRAIS
engrais sont ceux qu'ou répand aux champs déjà ensemencés. On se servira dans ce cas, de préférence d'engrais solubles ou d’autres ari le deviennent rapidement dans le sol. On épandra avantageusement, par exemple, du nitrate de soude immédiatement avant la pluie. Pour les pâturages on ne se servira que d’engrais en couverture.
Les engrais peu solubles, et ceux que le sol a la faculté de reteuir doivent être enfouis avans les semailles. Par contre, on n’épandra les engrais diffusibles qu'au moinent où les plantes pourront les utiliser ; autrement, il s'en perdra une grande partie par infiltration. Le fumier d’étable, les algues, l’engrais de poisson, le sang, la corne, la laine, le guano de viande, les tourteaux de lin, les os, et les phosphates broyés et jusqu’à un certain point le superphosphate etles sels potassiques appartiennent à la première catégorie ; tandis que les nitrates et tous les engrais contenant de l’ammoniaque appartiennent à la seconde. On a d’abord cru que le grand pouvoir rétentif des sols fertiles pour l’ammoniaque prévenait toutes pertes par infiltration ; on sait naintenant que l’ammoniaque est rapidement convertie en nitrates quand elle est mélangée avec de la terre et que ces derniers sont facilement emportés par les grandes pluies.
D’après ces principes, une fumure automnale pour blé doit se composer surtout de fumier d’étable, de sang desséché,et decorne broyée avec ou sans superphosphate ; mais, les engrais complémentaires tels que le guano, les sels ammoniacaux ou le nitrate de soude ne peuvent être employés qu’au printemps. Ta question, toutefois, est surtout une question de climat et dans
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les climats où l'hiver est sec, on peut avantageusement se servir, en automne, de sels ammor‘acaux ou de guano. Par un printemps humide, afin d'éviter toutes pertes, au lieu d'épandre en une seule et même fois la quantité exigée de sels ammoniacaux et surtout de nitrate de soude, on épandra ces engrais par doses successives ; toutefois, l'emploi tardif des engrais azotés favorise plutôt la production de la paille que celle de la graine.
Les sols d’une texture lâche et d’un pouvoir rétentif faible doivent être fumés, de préférence, avec des engrais peu solubles, afin d'éviter les pertes qu’occasionnent les grandes pluies ; les engrais organiques, dans ce cas, conviennent le mieux, tels sont: le fumier d’étable, les algues, les tourteaux de lin et les engrais verts.
Utilisation de l’engrais par les récoltes.
— Les récoltes n’utilisent pas tout l’engrais qu’on leur donne ; il faudra donc, afin d'obtenir un résultat déter-
miné, fournir au sol une plus grande quantité d'engrais
que n’en exigent les plantes. À Rothamsted, avec un engraissement moyen de nitrate de soude et une fumure considérable de cendres, on a retrouvé dans une récolte d'orge, une moyenne de 60 pour cent de l’azote. Cette moyenne est plus grande quand les saisons sont bonnes. Des betteraves fumées de la même manière, contenaient environ 62 pour cent de l’azote contenu dans le nitrate de soude, abstraction faite de celui des feuilles, cellesei restant sur le champ. Faure d’une fumure complète de cendres, la quantité d'azote absorbé par une récolte est beaucoup moindre. Des sels ammoniacaux et des tourteaux de colza, employés comme engrais, ont donné
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des résultats inférieurs à celui obtenu avec le nitrate de soude.
L'effet des engrais tres solubles et actifs est immédiat ; c’est pourquoi les récoltes suivantes n’en profitent presque pas. Les sels ammoniacaux ou les nitrates donnent tout leur effet dès la première année.
L'action des engrais peu solubles et de ceux qui doivent d’abord se décomposer dans le sol avant qu’ils puissent servir de nourriture aux plantes, tels que le fumier d’étable, les oset les scories Thomas, dure plusieurs années. Des fermiers préfèrent cette dernière catégorie d'engrais, mais il est certain que la première catégorie fait fructifier plus tôt le capital engagé. Dans les cas où, à Rothamsted, on a fait usage annuellement de ‘umier d’étable pour ies terres fortes, on a seulement retrouvé dans les récoltes de blé et d'orge environ 10 à 15 pour cent de l'azote pendant tout letemps qu'on a employé cet engrais ; mais l'orge en a profité pendant plusieurs années. Il est établi qu'une petite quantité d’un engrais actif produira le même effet qu’une quantité vlus grande d'engrais moins actif.
Les résidus d'engrais phosphatés et potassiques peuvent suffire pour les récoltes suivantes; mais, ils valent moins et sont moins actifs que ces mêmes engrais à l'état frais. Dyer a constaté que, sur une terre forte, franche, à Rothamsted, où 34 cwts (quintanx) de superphosphates ont été annuellement employés pendant 38 ans, presque tout l'acide phosphorique qui n’avait pas été absorbé par les plantes était emmagasiné dans une épaisseur de neuf pouces de la couche supérieure, Environ la moitié était encore soluble dans de
l'acide citrique faible. Là où 200 Ibs. de sulfate de potasse ont été employées pendant 38 ans, presque les deux tiers de la potasse qui n'avait pas été absorbée étaient emmagasinés dans une épaisseur de neuf pouces de la couche supérieure, et plus que les deux tiers étaient solubles dans de l’acide nitrique faible,
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