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FORMATION DE LA MATIÈRE ORGANIQUE

sève. Le phenomène de la croissance consiste dans la formation de nouveiles cellules. Cette action s’accomplit par la conversion du sucre de la sève en cellulose, substance qui forme la cloison des cellules ; cette matière a primitivement servi à former la charpente de la plante. Dans les grains, les racines et les tubercules, où de la matière nutritive est mise en réserve pour un usage futur, la glucose est généralement retransformée en amidon et sucre de canne ; ces substances étant des hydrates de carbone, c’est-à-dire du carbone et de l’eau, leur transformation chimique ne présente pas de diffculté,

On ve sait pas jusqu'ici, de quelle manière se forment dans la plante, les albuminoïdes. On croit que les nitrates, attirés par les racines, sont convertis en ammoniaque, l’ammoniaque en amides,et les amides finalement en albuminoïdes,

La matière grasse de la plante est supposée être formée des hydrates de carbone, ou peut-être du dédoublement des albuminoïdes.

Les acides végétaux sont probablement produits dans la plante par oxydation ; on croit qu’ils proviennent de l’oxydation des hydrates de carbone.

L'oxydation a lieu à la suite d’un travail que la plante exécute et qui est identique à celui de la respiration chez l'animal : la plante absorbe une petite quantité d'oxygène et met en liberté une autre petite quantité d'acide carbonique. On ne saurait très bien se rendre compte de ce travail pendant le jour, parce qu'il se produit alors une action inverse dans les cellules chlorophylliennes ; celles-ci, en effet, absorbent pendant le jour, de l'acide carbonique et émettent d,

l'oxygène. On peut cependant s'en rendre compte dans un endroit obscur. L’oxydation des corps déjà est le point de départ de la production de corps nouveaux.

3. Transpiration.—Une autre fonction importante des feuilles consiste dans la transpiration de l’eau. Ce phénomène s’accomplit à travers l’épiderme des jeunes

feuilles ; tandis qu'il se produit, à la face inférieure des vieilles, à travers les ouvertures nommées stomates (pores évaporatoires). La transpiration a surtout lieu à la lumière ; elle se produit abondamment même dans une atmosphère saturée d’eau, quand la plante est exposée au soleil. Il s’'évapore une très grande quantité d’eau à la surface d’une plante vivante. Le sol dont la récolte a été tardivement coupée est toujours plus sec qu’une jachère (voir plus loin).

La transpiration est d’une très grande importance parce que l’évaporation de l’eau à la surface des feuilles fait monter la sève et, par conséquent, l’eau du sol chargée d'éléments nutritifs dissous.

Fonctions des racines. —Les racines de la plante absorbent l’eau dans le sol et, avec elle, quantité de substances nutritives variées.

1 Assimilation des parties constituantes de la cendre. —Lss racines absorbent les sels solubles et toutes les substances diffusibles (celles auxquelles une membrane livre passage) présentes dans l’eau qu'elles aspirent dans la terre. La plante reçoit donc fréquemment plus de matières solu bles et assimilables qu'il n’en faut à sa nutrition actuelle.

La fonction des racines n’est pas seulement d’absorber les matières solubles toutes prêtes à l'alimentation ; elles possèdent encore la propriété de dissoudre certaines substances solides du sol et de les rendre assimilabies.

Cette importante propriété des racines existe à divers degrés dans différentes plantes. Le phénomène s’accomplit seulement aux points de contact du chevelu des racines avec les particules de terre, en vertu de l’action des sucs acides des racines. Ce travail des racines joue un rôle important dans l'apport de l'acide phosphorique et de la potasse, car ces substances, surtout la première, sont difficiles à dissoudre dans le sol et on ne les trouve qu’en très petite quantité dans l’eau qu’il contient.

Les plantes paraissent avoir une certaine préfé. rence pour certaines parties assimilables plutôt que pour d’autres qui, pourtant, peuvent être plus abondantes dans ie sol. Ainsi, elles préfèrent les sels de potassium aux sels de sodium. Cette préférence manifestée par les racines s’explique par les lois de la diffusion. Quand certains éléments sont retirés de la sève pour constituer les tissus, la diffusion de ces mêmes éléments pourra se continuer du sol à la plante, tandis que les sels qui n’entrent pas dans les tissus végétaux, ne peuvent entrer par diffusion qu’en autant que la dissolution du sol est plus concentrée que celle de la plante.

2. Assimilation de l'azote.—Les racines, tout en fournissant à la plante les parties constituantes de la cendre, lui procurent encore l’azote sous forme de nitrates La plante utilise l'azote sous forme d'acide nitrique ou d’amroniaque ; ainsi, elle peut,

ho tartine ne

nn) conneries

d'après plusieurs auteurs, assimiler l'azote sous forme d'urée, d'acides urique et hippurique et d’amides. La facilité avec laquelle l'ammoniaque et les amides sont convertis dans le sol en acide nitrique, est si grande que les nitrates deviennent la principale source d’azo‘e pour la plante.

Il a été constaté, à la suite de récentes recherches, que le pouvoir nutritif des racines peut être grandement modifié par leur union avec d’autres organismes végétaux. D'après Frank, l’absorption des sucs nutritifs du sol s’accomplit très souvent, pour le chêne, le hêtre, le charme, le noïsetier et le châtaignier, par l'intermédiaire du champignon dont les racines recouvrent celles de la plante principale et forment pour ainsi dire, avec ces dernières, un seul et même organe.

Les légumineuses nous offrent encore un remerquable exemple de ce fait.

Toutes les variétés de papilionacées ont les racines pouivues de tubercules, à moins que la plante n'ait été semée dans un sol stérilisé. Ces tubereules proviennent de l’invasion d’un organisme dont la nature n’a pas encore été suffisamment étudiée jusqu'ici. Quand on sème dans du sable stérilisé, mais contenant en quantité suffisante, des éléments minéraux mais pas d'azote, des pois, des lupins ou des vesces, on n'obtient qu'une plante chétive, rabougrie et dont les racines ne sont pas pourvues de tubercules. Si l’on ajoute au sable une petite quantité de terre non stérilisée, il se formera des tubercules sur les racines, et la plante croîtra vigoureusement, On a encore constaté que les plantes dont les

racines sont pourvues ‘le tubercules, contiennent plus d'azote que celles dont les racines ne le sont pas. Dans ce premier cas, la quantité d’azote, dans la récolte et dans le sol, lors de la moisson, est plus grande que celle qu'il y avait dans le sable, la semence et la terre que l'on a ajoutée, Ce surplus d'azote est venu de l’azote libre de l’atmosphère. Plusieurs expérimentateurs ont constaté ces remarquables résultats. On les attribue au pouvoir particulier des légumineuses d’assimiler l’azote.

Destination des éléments minéraux.—Les sucs nutritifs que les racines ont absorbés sont concentrés dans les parties supérieures de la plante ; l’eau, comme l a déjà été dit, s’évapore rapidement à la surface des feuilles. Les principaux éléments de la cendre servent à la formation des tissus nouveaux et sont emmagasinés dans la semence. Les parties non-essentielles, absorbées par les racines, sont partiellement déposées sous forme solide dans les tissus les plus vieux qu'ils incrustent d’une façon. Les sels solubles, qui ne concourent ni à la formation de nouveaux tissus, ni à l’entretien des Vieux tissus, sont d’abord accumulés dans la sève ; on croit qu’ensuite ils sont éliminés de la paille et probablement aussi des tissus plus vieux, par les lavages des eaux de pluie.

Le dépôt de silice dans les tissus extérieurs du blé, de l'orge et d’autres graminées, est un exemple de l'excrétion des éléments minéraux essentiels. Il y a de la silice en abondance dans les feuilles vieilles et dans la partie extérieure de l'écorce de plusieurs arbres ; elle produit une incrustation des tissus vieux. On trouve encore dans les vieux tissus, sous forme

d’incrustation, des sels insolubles de calcium, très fréquemment l'oxalate. Ces incrustations durcissent les tissus de la plante et la protègent ainsi contre bien des accidents,

C'est dans les f antes succulentes telles que l'herbe de prairie, les trèfles et la betterave fourragère que la quantité de cendres et leur composition sont le plus variables, ‘ Ce fait doit être attribué à la nature du sol, aux engrais et aux circonstances atmosphériques. On a constaté la même différence dans les cendres de paille de graminées. Dans ce genre de plantes, on trouve des quantités très variables de sodium soluble et de sels de potassium. La plus ou moins grande quantité de ces substances dans les plantes dépend de leur proportion plus ou moins grande dans le sol. La quantité de chaux dans les plantes dépend aussi de la quantité que le sol renferme. La chaux ou la potasse prédominent dans les trèfles et dans la paille de fève, d’après la nature du sol où ces plantes ont été récoltées.

On ne sait que très peu de chose du rôle particulier des éléments minéraux dans la végétation de la plante. Le phosphore et la potasse sont les éléments principaux de la cendre ; on les trouve toujours accumulés dans les parties de la plante où la croissance cellulaire est la plus active ; par exemple, dans un œil ou bouton qui se forme, ou dans le cambium, entre l’aubier et le bois du tronc ; on les trouve aussi en abondance dans la semence.

La silice se rencontrant en majeure partie dans les cendres du blé, d:l'orge, de l’avoine et autres grami-

nées, on l’a considérée longtemps comme essentielle à la croissance de ces plantes et comme donnant de la rigidité à la paille. Il'a pourtant été démontré que le maïs et l’avoine peuvent se passer de la silice, sans que leur croissance en soit affectée et sans que la tige soit moins rigide. La silice, quoique étant abondante dans le foin ordinaire, est assez rare dans l'herbe des fondrières ou des marais. Elle remplit pourtant des fonctions utiles. D’après les expériences du Dr. Wolff, la silice n’augmente pas considérablement le poids de la plante d’avoine, mais multiplie sensiblement les grains.

Voici un tableau synoptique de la cendre que contiennent quelques plantes : —

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