‹ La chimie de la ferme [microforme]Chapitre 80 sur 87 · RO A ES · texte numérisé non relu

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Les tableaux 2 et 3 mettent en évidence la grande influence que le genre d'alimentation exerce sur la qualité et la quantité du fumier ; elle se voit surtout dans les urines.

La richesse de l'urine en éléments minéraux et en azote est évidente dans tous les cas. La matière sèche de l’urine des bœufs parfaitement gras, contient 20 p. c. d'azote.

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Valeur du fumier d’après les aliments que l’on produit.—La valeur relative du fumier provenant d'aliments différents dépend de la richesse de ces aliments en éléments minéraux et surtout en azote, ce dernier étant l'élément qui se vend le plus cher dans le commerce. On peut voir dans le tableau suivant quelles sont les quantités moyennes d'azote et des deux principes minéraux les plus importants renfermés dans les aliments. La valeur relative comme engrais de chaque aliment a été établie d’après les prix courants des éléments minéraux, prix sujets aux”

fluctuations du commerce.

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Comme on voit, la valeur des divers aliments comme engrais est très différente, Une tonne de tourteaux de cotor, décortiqués contient environ quatre fois autant d’azote qu'une tonne de froment, d'orge ou de maïs, et trente-six fois aatant qu’une tonne de betteraves des champs

Les tourteaux produisent le fumier le plus riche, parce qu’ils contiennent la plus grande quantité d’azote, d'acide phosphorique et beaucoup de potasse. Viennent, après les tourteaux, les graines de légumineuses, les déchets de malterie (touraillons) et les sons. Les graines de céréales produisent un fumier moins

riche que celui du foin de trèfle, mais qui est supérieur à celui du foin de prairie. La matière sèche des graines de céréales et des plantes racines contient à peu près la même proportion d’azote ; mais les racines sont beau-

coup plus riches en potasse.

La valeur comme engrais des patates est inférieure à celle des plantes racines, si l’on prend pour base la matière sèche. Sur cette même base, Îa paille de froment doit être rangée en dernière ligne. Les fanes de fèves et de pois ont une valeur de beaucoup supérieure à celle de la paille des céréales. Le mode le plus économique de se procurer un fumier riche en azote consiste le plus souvent à donner au bétail des aliments fortement azotés tels que les tourteaux de coton décortiqué. Les éléments minéraux contenus dans les déjections animales, ont probablement la même valeur vénale que ceux fournis par les engrais commerciaux, mais l'azote des déjections a une valeur moindre que celui existant dans les sels ammoniacaux et le nitrate de soude, La

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matière azotée de l'urine (urée) est rapidement convertie en carbonate d’ammoniaque par certaines bactéries de l’atmosphère et du sol ; ce carbonate d’ammoniaque est ensuite converti dans le sol, en nitrate. Si ces changements pouvaient s'opérer sans perte, l'azote de l’urine aurait une valeur: égale à celle de l’azote des sels ammoniacaux ou des nitrates de soude ; mais, par suite de la volatilité Au carbonate d’ammoniaque, des pertes considérables se produisent pendant la décomposition cle l’urine.

L’azote des excréments solides n'existe pas sous une forme assimilable par les plantes ; il doit d’abord être converti en nitrates dans le sol. Lawes et Gilbert, tenant compte des pertes subies par le fumier pendant sa préparation et de la lenteur avec laquelle il exerce son action, estiment que l’azote, l'acide phosphorique et la potasse des déjections ont, pecuniairement, moitié moins de valeur que les mêmes quantités fournies par les engrais artificiels.

Le fumier incorporé au sol, au sortir de l'étable, est plus immédiatement utilisable par les végétaux que s’il a préalablement fermenté sur le tas. Dans cette fermentation avec la litière, l’amm «1iaque se combine avec certaines matières carbonées d’où résultent des composés peu solubles et dont la décomposition dans le sol se fait très lentement.

L'épandage du fumier, tel qu’il est fait par les animaux eux-mêmes mis au champ, présente certains avantages. Mais la distribution à la surface est irrégulière ; et ce système pratiqué en automne et en hiver expose à l'entraînement des nitrates par le drainage,

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Le meilleur mode serait, sans aucun doute, d’appliquer l’engrais liquide sur les plantes en cours de végétation. Mais en hiver, le recours à la litière, et par suite la formation du ‘“ fumier de ferme ”, devient une nécessité ; et c’est en somme, le meilleur procédé à suivre.

Nous avors traité de la composition générale du fumier de ferme et de sa préparation, au chapitre ïII.

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