‹ La Chine en folieChapitre 8 sur 26 · DU CONSULAT A L'ÉVÊCHÉ · texte numérisé non relu

DU CONSULAT A L'ÉVÊCHÉ

DU CONSULAT A l'ÉVECHÉ

Comment voir un si bel homme? J avais mis mon chapeau, ma tête était bien en dessous, malheureusement je n'avais aucune idée dans cette tête.

Mais il y a un consulat à Moukden?

— * Coolie! French Consulat!

— Yes!

Je saute dans le rickshau).

En Extrême-Orient le coolie-pousse répond tou-« jours : Yes!

Il vous charge et part sans savoir où il va. L'ini* portant, pour lui, est que vous soyez dans sa brouette. Je n*ai su cela que bien plus tard, quand je devins plus malin.

Le coolie me roula de la concession japonaise à la ville chinoise, il m'amena à la gare transmandchourienne puis à la gare de Pékin. Je fis trois fois le tour de la pyramide 1905.

— French Consulat, hein? coolie.

'— Ycs! Ycs! .

ïl me conduisit à la poste. Là» il posa ses brancards et souffla. Je soufflai* Le coolie s'attela de nouveau, et nous voici partis pour un beau terrain vague. La France, ma patrie, sera toujours la même, pensai3~je, elle établit ses consulats dans les endroits inhabités. Comment voulez-vous que notre commerce extérieur soit prospère !

Le terrain vague battu dans tous ses coins, le coolie me ramena à la pyramide. Si peu développé que soit, en Chine, un cerveau d'Européen, le mien finit par s'ouvrir à la lumière. J'arrêtai le Chinois et, montrant de ma main, tour à tour, les quatre points cardinaux :

— French Consulat? La? là? là? ou là?

D'un mouvement des épaules, le coolie avoua

qu'il n'en savait rien.

Je descendis pour l'étrangler*

ïl s'en tira grâce à sa crasse. Son cou n'offrait pas un endroit où l'on pût, sans danger, poser ses mains de blanc.

Voici venir un cheval et une voiture. Ce cocher avait compris mes déboires. De la mèche de son fouet il chassa l'ignorant coolie et, m'appelant Sir» il m'invita à monter claîis sa calèche.

C'était une poubelle. De vieux légumes aban-

donnés traînaient sur le plancher. Lje drap du coussin était magique, ses grains sautaient. C'étaient des puces qui jouaient à pigeon vole,

— Bah! je me tiendrai debout et je m'épucerai en rentrant. Cocher ! French Consulat !

Nous y voici. Bon Dieu que nous sommes pauvres. De toutes façons ne pourrait-on passer un peu de pâte à faire reluire sur la plaque de cuivre? Le vert de gris la mange. Un pot de pâte à polir ne ruinerait pas le budget du ministère des Affaires Etrangères. Je laisserai un don à cet usage. Mon journal est riche.

Une grille entoure la cabane. Où est la porte? Cocher, où est la porte du consulat de mon pays?

Elle était bien cachée. Je frappe du poing et de la canne. J'appelle, je supplie :

— Consul» c'est un pauvre Français qui tire la sonnette !

Une fenêtre s'entr'ouvre, La face céleste d'un Chinois apparaît. Il voit tout de suite ce dont il s'agit : Attendez!

Le Chinois dégringole l'escalier, déverrouille la porte et, de la manière qu'un enfant de chœur présente le missel, il met un carton sous mon nez :

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