‹ La Chine en révolutionChapitre 1 sur 13 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Dans ces dernières années, des décrets impériaux promirent libéralement au peuple chinois une constitution et des réformes politiques, préparant une forme de régime parlementaire qui tempérerait et moderniserait, à la japonaise, à l'anglaise, à l'allemande, à la russe, — on ne savait encore précisément, — Tabsolutisme traditionnel.

Œuvre ou inspiration d'un des monarques les plus impérieux du Céleste Empire, l'impératrice Tse-hi, ces documents officiels peuvent aussi bien passer pour avoir préparé la présente révolution, ou pour avoir été d'habiles diversions, destinées à la faire avorter, en donnant aux mécontents une apparente, mais illusoire satisfaction. Les

paroles augustes de l'empereur débonnaire, ou de sa tante tyrannique qui gouvernait à sa place, qu'elles soient la pensée intime ou la suprême ruse des souverains qui moururent ensemble dans la tragédie de palais extrême-oriental à la mi-novembre 1908, même les décrets fondamentaux du 1"' septembre 1906, et du 27 août 1908 : tout cela n'est que paroles ; ce ne furent peutêtre même pas des intentions. 11 en fut d'ailleurs si peu réalisé, en fait, que ces textes ne peuvent trouver place que dans une histoire psychologique des origines du mouvement actuel. Quand l'exécutif ne veille pas à l'application, ce ne sont point les publications à VOfficiel qui influencent le sort des nations ; surtout en Chine.

Selon la même méthode psychologique, il faudrait faire état davantage des documents privés, dissertations littéraires ou testaments politiques, que lurent ou laissèrent au public les plus ardents et les plus sincères promoteurs d'une transformation. Ces paroles furent parfois des actes qui déterminèrent grandement l'opinion, ou même la créèrent. C'est ainsi qu'aux banquets entre

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