L'OCÉAN PACIFIQUE
De Yokohama a San-Francisco, le 2 septembr» 1865.
Une fois au Japon , je désirais achever le tour du monde et partir pour la Californie ; faute de pyroscaphe, je m'embarquai le 4 juillet, à bord du petit navire anglais Queen of the Avon, en destination pour San-Francisco. Nous partîmes à neuf heures du matin avec une faible brise du nord, laquelle me permit de jouir pendant plusieurs heures du sublime panorama de Yokohama, de Ranagawa et du volcan Fusiyama, qui est couvert de neiges perpétuelles et qui semblait s'élever à côté de ces villes, bien qu'il se trouve
à une distance de quatre-vingt milles anglais.
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Vers quatre heures du soir nous arrivâmes au bateau-pilote où nous transbordâmes le pilote qui nous avait guidés.
A bord de ce bateau sô trouvait M. X***, négociant de Yokohama^ écossais de naissance, qui s'était échappé pour se soustraire aux poursuites de ses créanciers. 11 offrit 300 piastres mexicaines (1,800 francs) à Qotre capitaine Henry Stedford Looke s'il voulait le conduire en Californie, et lui permettre de loger et de manger, durant le passage, avec les matelots; mais celui-ci s'y opposa, ayant reçu le matin même, de la part du consul général anglais de Yokohama, un avertissement de se garder de prendre cet individu à bord.
Nous sortîmes vers dix heures et demie du soir^ entre les caps Souvaki et Sagami, et nous nous trouvâmes dans le vaste Océan Pacifique.
Il n'y avait à bord que deux petites chambres à deux lits, dont une était occupée par un Américain et l'autre par moi. il y avait encore deux autres passagers, dont l'un M. W. Satchell, négociant de Ningpo, en Chine, devait se contenter
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de se coucher sur le canapé dans la cabine et Tautre, le grand violoncelliste M. Alexandre Desvachez, de Valencienues, en France, devait borner son ambition à un IJt dans la chambre des officiers. Le prix de passage était de 200 piastres mexicaines (1,200 francs).
Ce M. Alexandre Desvachez est un jeune artiste très-célèbre, (jui voyage depuis dix ans dans l'Orient en vivant du produit de ses concerts. Il a successivement visité les iles de Madagascar, de Bourbon, de Maurice, de Ceylon, de Singapore, de Java et de Manille, et les villes de Bombay, Madras, Pondichery, Calcutta, Hong- Kong et Shangai, et quoique dans la chaleur tropicale de 36 à 40 degrés centigrades personne ne soit guère disposé à entendre des concerts, il a eu pourtant un succès fou^ et ses séances ont toujours attiré la foule.
Partout où je m'arrêtais dans les Indes et en Chine, on parlait de lui avec extase comme d'une merveille de perfection dans son art. Son immense talent fit également fureur parmi la petite population étrangère à Nangasaki et à Yoko-
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hama, et le grand virtuose avait déjà fait embarquer ses violoncelles et ses autres effets, lorsque la veille de notre départ le ministre plénipotentiaire de France, M. La Roche, à Yokohama, insista pour qu'il donnât dans la grande salle de la légation un concert d'adieu, qui eut aussi un immense succès et rapporta 450 piastres (2,700 francs) à l'artiste. Mais M. Desvachez n'est pas seulement un célèbre artiste, il est aussi excellent compagnon de voyage et ses intéressantes saillies m'ont beaucoup amusé dans ce long et pénible voyage.
Je n'ai qu'à me louer de la société de M. Satchell, mais je n'en peiix pas dire autant de celle de l'Américain, qui était gargotier à Yokohama et se rendait en Californie pour y chercher fortune ; c'était un homme de six pieds deux pouces de haut, sans aucune éducation, farouche et emporté, grand fanfaron, grand poltron, grand lâche et grand querelleur, et bien que personne de nous ne daignât lui parler, il cherchait néanmoins toujours l'occasion de créer des disputes, et, en invoquant constamment le Pandémonium,
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il proférait des menaces d'en venir avec nous aux voies de fait et même de tuer celui qui oserait s'approcher de lui ; mais'sa poltronnerie était telle q;!e, si alors le plus faible de nous s'approchait résolument de lui et disait qu'il allait l'abattre, il reculait de peur. Il est difficile de s'imaginer quelque chose de plus pénible et de plus exécrable que d'être forcé de supporter pendan't sept semaines la société d'un tel barbare-cannibale. A bord des Kateux à vapeur on ne vit, grâce à Dieu, jamais en contact avec de tels individus, parce qu'ils vont en troisième classe, et même si on en trouve en première, rien n'est plus facile que de les éviter, parce que les.pyroscaphes sont très-spacieux; mais il est impossible de se soustraire à leur exécrable compagnie à bord d'un petit navire à voiles comme notre Queen of the Avon, où la salle n'a que deux mètres de large sur quatre de long.
Je ne puis parler qu'avec beaucoup d'éloges de l'extrême amabilité et de la politesse de notre brave capitaine Henry Stedford Looke, qui est un ancien marin, et, quoiqu'il ne soit âgé que
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de quarante-neuf ans, il est depuis trente-cinq ans sur mer, et depuis vingtneuf ans capitaine de navire ; il a maintes fois parcouru toutes les mers, et rien de plus intéressant que de Tentendre raconter les mille et mille dangers qu'il a courus dans sa longue carrière maritime. Mais ce qui frappait le plus mon attention, c'étaient les récits des nombreux ouragans, typhons et cyclones avec lesquels il a eu à lutter, et auxquels il n'a échappé souvent que par miracle; par exemple, sept fois dans des ouragans il a été jeté à la mer par les vagues qui cassaient les bords et emportaient tout ce qui se trouvait sur le pont, mais toujours il a eu le bonheur de se cramponner à quelque corde et d'échapper ainsi à une mort certaine. C'est un homme d'ime grande expérience, qui a une profonde connaissance des sciences maritimes; il est infatigable et montre un rare sang-froid dans les temps difficiles ; en un mot, c'est le vrai type du commandant de navire. 11 n'a que la moitié du nez; voici pourquoi : il avait, il y a quelques années, nn cuisinier qui était amoureux de sa servante, et
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pria en pleine mer de la lui donner immédiatement en mariage. Le capitaine refusa de le faire avant d'être arrivé au port ; alors le cuisinier furieux s'élança sur lui et le mordit au nez, de sorte qu'il lui en détacha la moitié. Il fit mettre le fol amoureux aux fers, et arrivé à Sainte- Hélène, le livra à la justice, laquelle le condamna à sept ans de transportation.
Comme tous les hommes qui sont hraves dans leur métier ont lé talent de se choisir des subalternes capables, ainsi notre vaillant capitaine a su se procurer pour premier officier M. John Hopper, qui est un jeune homme de grand mérite dans les sciences maritimes, ce qui est vraiment étonnant, car il fit d'abord ses études pour devenir philologue, et ce né fut qu'après avoir lu tous les anciens auteurs classiques grecs et latins qu'il changea de disposition et adopta la carrière prosaïque de la navigation. Il a une profonde connaissauce de Tliistoire et de la géographie ; il est aussi très-versé dans la littérature moderne, — surtout dans la littérature anglaise, — et sait par cœur presque toutes les tragédies de Shak-
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speare ; en un mot, il est à la fois excellent marin et savant.
Je ne puis pas non plus parler sans éloge du second officier, M. Ercoin, Écossais, qui est un homme très-pratique et très-utile, et qui, lorsque je venais à quatre heures et demie du matin sur le pont pour prendre mon bain de mer, me prédisait toujours quels vents nous aurions pendant la journée; je dois reconnaître qu'il ne s'est presque jamais trompé dans ses prévisions.
Nous avions, en outre, cinq matelots, tous Anglais et très-braves, pour le service du navire, et un cuisinier, indigène de l'Ile de France (Maurice), qui n'aurait été que trop heureux de nous préparer des chefs-d'œuvre de l'art culinaire, s'il en eût eu le talent et les moyens ; mais malheureusement il était novice dans le métier, et nos provisions de bouche se réduisaient à du riz, du bœuf salé puant et du lard qu'on nous servait tantôt froid, tantôt frit, avec des pommes de terré en robe de chambre, et avec du biscuit dur comme la pierre; on nous servait, en outre, tous les jours, pour dessert à notre diner un pud-
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ding; mais comme celui-ci était naturellement fait sans lait, ni œufs, ni beurre, c'était toujours une pâte indigeste ; — comme grande délicatesse, on nous donnait de temps en temps une soupe aux pois. Nous avions pour notre service un garçon de quinze ans et une servante d'une quarantaine d'années, laquelle avait servi pendant de longues années à Tlle de France (Maurice) et^ désespérant d'y trouver l'occasion de se marier, se rendait en Californie à la recherche d'un mari.
La moitié de ma chambre, qui avait un mètre trente- trois centimètres de large sur deux mètres de long, était occupée par deux bois de lit qui se trouvaient l'un au-dessus de l'autre ; dans celui d'en bas, j'avais placé mes efifets; dans celui d'en haut^ je dormais ; mais malheureusement ce bois de lit était trop étroit pour m'y coucher sur le dos, et quand je me couchais sur le côté, je risquais toujours de tomber dehors à cause du roulis du navire. A côté de ces lits était, d'un côté une petite commode, de l'autre un lavoir, et il me restait entre tout ce mobilier une place
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de trois pieds de long sur deux de large pour faire ma toilette. Ainsi installé et équipé, nourri et servi, j'entrepris ce voyage d'environ 7,000 milles anglais à travers l'océan Pacifique.
Notre petit navire Queen of tke Avon^ était tout en fer et ne jaugeait que 161 tonneaux anglais ; mais il avait à bord un chargement de 300 tonneaux (chaque tonneau de 40 pieds anglais cubés] de thé japonais, à raison de 9 piastres américaines (49 francs 50 cent.) par tonneau; ainsi, avec le prix du passage des quatre passagers, le capitaine fit un fret de 3,540 piastres américaines, ou de fr. 19,470, ce qui est énorme, car lé navire était à peine aussi grand que les petits bateaux sur lesquels on importe les fruits de Messine.
Le touriste, à terre ou à bord d'un bateau à vapeur, prie toujours Dieu de donner du beau temps, tandis que le voyageur à bord d'un navire à voiles n'oublie jamais de prier l'Omnipotent de donner du mauvais temps, car c'est seulement lorsque le temps est mauvais qu'il y a lieu d'espérer un vent fort; aussi considère-t-on, à bord d'un voilier, comme une calamité de voir
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monter le baromètre, et se félicitet-on-lorsqu'il baisse. A cet égard iious avons été pendant tout ce long voyage peu favorisés, car bien que nous ayons été enveloppés pendant trente Jours par des brouillards épais^ ceux-ci ne comptent pas comme mauvais temps dans la vie maritime, et ils ne font pas baisser le baromètre. Nous avons à peine eu pendant trois ou quatre jours des vents violents, pas une seule bonne tempête, et dans tout le trajet je n*ai pas vu de vagues de plus de vingt pieds de haut. Je crois à propos de signaler à cette place l'énorme erreur qu'on trouve dans beaucoup de descriptions de voyagea sur mer, dont les auteurs ne pensent ètPe crus que quand ils racontent des mensonges ; ils disent souvent en décrivant des tempêtes : « Des vagues semblables à d'immenses chaînes de montagnes nous élevaient un moment jusque dans les nues et nous rejetaient l'instant d'après dans le profond abîme. » Ainsi celui qui n'a jamais vu une forte tempête serait par ces descriptions induit à croire que le combat des éléments devrait produire des ondes d'au moius
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4,000 pieds de haut. Moi je proclame que les plus hautes vagues que j'aie jamais vues dans les plus terribles tempêtes des Océans Indiens Pacifique ou Atlantique, n'avaient qu'une élévation de quarante pieds anglais en comptant du fond de la vallée aquatique jusqu'à la crête de la vague; notre brave capitaine, qui a parcouru à maintes reprises toutes les mers, assure aussi n'en avoir jamais vu de plus hautes; et comme le fond de la vallée aquatique doit nécessairement être autant au-dessous du niveau de la mer que la crête de l'onde est au-dessus, j'afBrmo que la plus haute vague n'a jamais plus de viugt pieds d'élévation au-dessus du niveau de la mer.
Pendant tout le passage nous avons eu le vent presque toujours Sud, Sud-Ou&t, Ouest, Nord, Ouest ou Nord, c'est-à-dire, favorable; mais il y en avait rarement assez pour nous pousser de deux degrés de longitude par jour. Croyant que plus au Nord il y aurait des vents plus forts, le capitaine faisait gouverner le navire toujours Est-Nord demi-Nord, jusqu'au moment où dans
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la longitude de 155 degrés Ouest, nous arrivâmes à une latitude de 43° 19' ; alors nous descendîmes graduellement, en tenant le gouvernail Est ou Est-Sud. La température qui était le 4 juillet, jour de notre départ, à Yokohama 23° 3/4 centigrades dans l'eau et 27° 3/4, à l'ombre dans l'air, baissa rapidement en mer, et dès le 18 juillet — où nous fûmes en longitude à 164° 52' Est, et 38° 42' de latitude — jusqu'au 8 août, où nous fumes en longitude à 148° 23' ouest et en latitude 43° 3', il n'y eut que 13° centigrades dans l'air et dans Teau. Depuis lors la température se releva peu à peu , jusqu'à ce que, le 17 août, en longitude 133° 1' ouest et en latitude 39° 41 ', nous eûmes 20» 1/2 de centigrade dans Teau et dans l'air; elle n'a pas varié depuis , jusqu'à notre arrivée devant le port de San- Francisco.
Je crois avoir à peine besoin de dire que nous avions peu de distractions dans les vastes solitudes monotones de l'immense Océan, parce que celui-ci est rarement visité dans ces latitudes, et
nous ne vîmes pas de navire avant d'arriver à
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133® 9' de longitude Oacst. Mais ce qui frappait beaucoup mon attention^ c'étaient les immenses couches de matière couleur de pourpre qui semblaient avoir une épaisseur d'un à deux pieds^ parmi et à travers lesquelles nous naviguions continuellement entre la longitude de i 52® et celle de 180° Est. Notre capitaine ainsi que nos officiers croyaient que «'étaient simplement du frai de poisson^ ce qui me paraissait impossible^ vu que tout l'Océan en semblait couvert et que je voyais souvent des couches qui paraissaient avoir une étendue de plusieurs milles. Je tâchai donc d'en pêcher au moyen d'un seau attaché à une corde et je réussis à en puiser une assez grande quantité; mais quel fut mon étonnement lorsque je vis aue ce que nous avions cru une matière informe était un amas de petits insectes en forme de poissons et de la grandeur d'une puce. Malheureusement je n'avais pas d'esprit de vin avec moi, je fus réduit à sécher une masse de ces insectes pour les donner au musée de Saint- Pétersbourg. Dans chaque seau que je retirais de la mer avec ces insectes rouges, il y avait une
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multitude d'œufs blancs de poisson contenant des points noirs; j'en ai séché aussi^ mais ils ne sont guère reconnaissables. De 180° de longitude Est jusqu'à 144° Ouest, nous vîmes continuellement autour de nous à la surface de la mer des millions d'une espèce de limaçons sans coquille pourvus de crêtes qui leur servent de voile ; en langue maritime ces animaux sont appelés : en français, «galères»; en anglais^ « portuguese men of war ; d ils ont une quantité infinie de pieds, espèce de soutiens, avec lesquels ils piquent, et leur piqûre est presqu'aussi venimeuse que celle du scorpion; j'en ai séché plusieurs. — Nous rencontrâmes en outre souvent, de 170<> de longitude Est jusqu'à 1700 Ouest, des masses de barnacles^ dont des centaines s'étaient attachées les uns aux autres et formaient un ensemble pareil à un fruit d'Ananas. Nous avons vu aussi grand nombre de grosses baleines, et parfois même quatre à la fois, mais seulement entre 170^ Est et i44o Ouest; ces animaux viennent à chaque moment à la surface pour seringuer l'eau qui s'engage dans leurs poumons. Les requins dont
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les mers fourmillent dans les tropiques sont assez rares dans ces latitudes de l'Océan Pacifique et je crois que c'est à peine si nous en avons vu plus de six pendant tout le voyage ; et même ceux-ci ne semblaient pas avoir assez faim pour s'approcher de notre navire. On reconnaît le requin facilement par les deux nageoires qull tient toujours hors de l'eau. Nous avons rencontré des marsouins dans toutes les longitudes et nous en vîmes parfois des troupeaux qui semblaient être au nombre de 500 à 1000.
Enfin en fait d'oiseaux aq^iatiques, nous fûmes toujours suivis" par un grand nombre de cordonniers (en anglais : moUy mauks), qui ont la grandeur de l'oie et dont mes compagnons de voyage ont péché un grand nombre au moyen d'un hameçon auquel ils attachaient un morceau de lard; on en préparait souvent pour nos repas ; comme c'est un oiseau de proie, sa chair est mauvaise, et je n'ai jamais pu me résoudre à en manger. Nous voyions en outre toujours de petits oiseaux appelés « sataniques » (en anglais a Stormy, Pétrels ») qui sont semblables aux hi-
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rondelles et qui ont un chant aigu qu'on entend surtout la nuit.
On n'a encore jamais fait de sondages dans rOcéan entre le Japon et la Californie, mais on suppose que la profondeur moyenne ne doit pas être de moins de 9 kilomètres.
Le mercredi 26 juillet nous passâmes à midi les antipodes de Greenwich &i latitude 40o 37' et en longitude 180<> Est et par conséquent — sur la base du mesurage du globe — nous fûmes forcés de rétrograder d'un jour et d'adopter le lendemain aussi comme mercredi 26 juillet.
Le 7 août entre 10 heures 3/4 et 11 heures du matin, nous passâmes en latitude 43® 9' et en longitude 149o 42' 27" Ouest les antipodes de Saint- Pétersbourg.