‹ La Chine et les Chinois (volume 2)Chapitre 20 sur 27 · PROGRAMME D'ETUDES · texte numérisé non relu

PROGRAMME D'ETUDES

maîtres, afin que les hommes restent distincts et ne deviennent point une vile fange frappée, dans un même moule, à la même effigie.

Ce programme comprendrait :

La lecture, l'écriture, la sténographie, le dessin, l'élude de la grammaire et de la langue nationale ;

Les éléments de la cosmographie, quelques notions géologiques, la géographie physique et politique, la géographie nationale, les faits principaux de l'histoire universelle, l'histoire nationale, un aperçu de la constitution politique et des lois civiles ;

L'arithmétique, les parties doubles, la géométrie dans ses applications les plus communes, quelques notions pratiques de mécanique, de physique et de chimie; la mention de quelques faits et l'exposition des grandes lois de l'anthropologie, de la zoologie, de la botanique.

On y pourrait ajouter, suivant les lieux, une langue étrangère, la navigation, quelque culture spéciale, la métallurgie, la chimie appliquée aux arts, etc.

On y pourrait encore joindre la gymnastique, les exercices militaires et le tir.

De telles études ne feraient pas des hommes trop savants pour mener la charrue," il n'en saurait exister de tels; mais elles en feraient d'assez savants pour conduire même l'État; elles feraient des hommes désireux de s'instruire davantage, et dont l'exemple stimulerait l'amour-propre du riche; elles forceraient le gentilhomme à demander à des leçons coûteuses et d'un ordre élevé la conservation de l'estime publique et d'une juste influence.

Mais comment un seul maître enseignerait-il tant de choses? Pourquoi, répondrai-je, un seul maître dans les communes riches? On peut avoir des maîtres auxiliaires, des maîtres en mission, des maîtres se transportant avec le matériel de leur enseignement ; on peut avoir même des maîtres volontaires, lorsqu'il s'agit seulement de quelques leçons. Nos officiers enseignent leurs soldats : quel propriétaire instruit refuserait d'acheter au même prix l'affection de sa commune?

Mais les champs réclament l'enfant du pauvre. Pourquoi donc est-il pauvre? Parce que la magnificence publique vide sa bourse et que la conscription vide sa maison. Rendez-lui quelques oboles et quelques-uns de ses fils, vous aurez des soldats moins chétifs, plus de blé dans vos greniers, plus d'enfants dans vos villages. Et comme la puissance d'un peuple dépend non de la force qu'il dépense, mais de la force qu'il réserve, votre puissance n'aura fait que grandir.

Quant à l'enseignement spécial et supérieur, il serait abandonné à des compagnies riches et rivales, qui continueraient à donner des diplômes dont le public apprécierait seul la valeur, comme il apprécie celle des marques de fabrique.

Supériorité de la Chine. — Lois de l'agriculture. — Outils et méthodes. — Cultures alimentaires. Colons partiaires. — Produits textiles. — Ahnanaeh du cultivateur.

Un de ses disciples demandait à Confucius de lui expliquer la culture des champs : « II n'est pas, lui répondit Confucius, un vieux paysan qui ne puisse vous en apprendre là-dessus plus que moi. » La Chine est le vieux paysan, et notre jeune agriculture et nos agriculteurs en chambre en peuvent encore recevoir plus d'une leçon.

Les hommes sont même, par ce qu'ils savent, bien plus égaux que les pédants ne veulent l'avouer : les uns possèdent des notions générales et hautes, les autres savent le détail des petites choses qui les touchent; les premiers meuvent le monde, les autres le nourrissent.

Je traversais un jour, avec un ami, un champ de blé. Nous causions agriculture. Tout d'un coup mon ami, homme d'esprit, m'arrêta court, et me montrant un paysan courbé dans sa moisson : « Taisons-nous, me dit-il, et prenons garde que cet homme ne nous entende, il rirait trop de nous. » Depuis des milliers d'années, le paysan, qu'avec Virgile les beaux esprits disent stupide, cultive une terre dont le secret s'est transmis, sur laquelle bien des méthodes ont eu leur jour d'essai, sur laquelle on a tenté plus d'une culture nouvelle, revenant souvent, par oubli, sur les mêmes fautes, comme la France actuelle, ignorante des livres, reprenant aujourd'hui des expériences que les jésuites de Chine ont faites. Le paysan sait ce qu'il fait, et s'il ne sait point le pourquoi de ce qu'il fait, son ignorance n'est pas plus grande que celle de l'industriel, que celle du médecin, que celle même du législateur que l'instinct conduit à travers les hésitations d'une raison inquiète.

La science, par la voix du baron de Liébig, a proclame parmi nous cette grande loi de l'agriculture, qu'il faut rendre à la terre les éléments que les récoltes lui enlèvent pmir en obtenir des récoltes égales. Méconnaissant celte loi, bien des Etats ont décliné; la l'erse, l'Algérie, le Mexique, l'Italie même et l'Espagne, sont de ce nombre. La Chine, cependant, ce vieux paysan du monde, mieux inspirée, reçoit son aliment de champs qu'elle alimente également, et dont la fertilité maintenue défie la faim de l'homme et les injures du temps.

Elle ne va fouiller, cependant, ni ces ossuaires, seuls monuments d'une gloire insensée, ni les des de guano, dernier espoir de nos champs; elle se suffit à ellemême : elle est donc pour nous un grand exemple. En vain nous étudierons le détail de ses méthodes, le menu de ses cultures; l'homme, la terre et le climat ne sont pas les mêmes ici que là-bas : là-bas, l'homme pullule, et ses bras ne quittent point la terre; là-bas, le climat est beau, les froids hivers du Nord n'excluent pas de chauds étés, les saisons ont celte régularité que leur assure une contrée vaste et massive, extrémité du plus large continent, ouverte sur l'océan le plus large. Le ciel ne nous fut pas si clément, et si le Chinois entretient sa terre, comment l'Européen pourrait-il refuser à la sienne le secours que sa pauvreté réclame?

L'élude de l'agriculture chinoise est affaire seulement de curiosité. Plusieurs Européens, et R. Fortune entre autres, ont traité ce sujet; le docteur Maron a décrit avec méthode, avec précision, avec une haute intelligence de son sujet, celle du Japon, qui en diffère à peine; les Chinois et les Japonais ont écrit sur l'agriculture des milliers de traités pleins de faits, de détails et de dessins : la brève analyse de quelques-uns de ces ouvrages donnerait à l'Europe une connaissance claire et complète de l'agriculture de l'extrême Asie. On doit s'étonner que ce travail ne soit pas fait encore : il est facile aux sinologues, nos bibliothèques leur en fournissent les éléments; on l'a déjà même commencé, on l'a abordé par plusieurs cotés : ce qui regarde la soie, par exemple, est bien connu par les traductions de M. S. Julien, et ce qui regarde le coton par celle anonyme d'une partie de l'encyclopédie agricole chinoise.

Les agronomes chinois distinguent des terres sablonneuses, argileuses, inondées, irrigables par canaux ou par coupures, cultivables en terrasses, etc.; ils distinguent encore les terres propres à la culture du blé, dites ti, à celle du riz, dites (yen, et à celle des légumes, dites pb\

On fait, en Chine, un grand usage des cendres, de la poudre d'os, du sel, de la marne, de la chaux, des résidus huileux, des engrais animaux, et surtout de l'engrais humain employé tantôt sec, dans le Nord surtout, tantôt abondamment délayé, modifié par une exposition assez longue au soleil et à l'air, et versé sur les champs, comme cela se pratique en Flandre. Rien de ce qui peut maintenir la fertilité du sol

XOU TCI101N, SEMOIR. FAUCILLE.

LI, ClIAItnL'ES.

LOU TCIIEOl-, SEMOIR.

n'est perdu ni dans les campagnes, ni dans les villes, où les cultivateurs, en portant leurs produits, viennent chercher l'engrais dont ils ont besoin.

L'irrigation se pratique de mille manières : à la main, comme dans la basse Egypte; avec des pompes très-variées, avec des norias, roues à pots, à cylindres de bambou, à chapelets, mues par des hommes, des animaux ou même le vent. Dans le h de Xwei-nnan, en effet, on voil des roues horizontales mues par quatre petites voiles.

Parmi les machines agricoles, il faut citer les moulins à huile dits yes-tuian, ceux à farine, les rouleaux et les pilons à décortiquer le grain (toey), les appareils bien connus partout qui servent à enlever les graines du colon, divers couteaux à paille, divers fléaux (lyen-kya, yao-tsi), des vanneuses (lwn et yan-inan), etc., etc. Dans les champs, on fait usage de charrues à main (lai-fs) et de charrues (li) traînées par des bœufs ou par des buffles sobres, robustes et presque amphibies. Ces charrues ont un soc de bois dur. de bois garni de fer, ou de fer, suivant la nature des sols et des cultures. La plus grande économie règne dans tout l'outillage chinois. 11 y a longtemps que la Chine a compris que la terre avare et dure voulait des maîtres rustiques et parcimonieux.

On remue aussi la terre à la pioche, à la bêche, à la bouc; on brise les mottes avec des marteaux; on herse avec des branchages, avec des herses carrées (fan-pa), en forme de V (jen-tsô-pa), et d'autres formes encore, auxquelles l'homme ajoute son propre poids; on aplanit avec des rouleaux de pierre unis, ou munis de dents ou de pointes (kyao-ts, uië-li-tsô, m>.-li-tso); on recouvre le grain avec d'autres roues de pierre appelées lun-tuiô; on sème à la main, avec le xs-taren ou semoir en calebasse, calebasse ou cône creux tenant jusqu'à quinze livres de grain, terminé par un appendice percé de lions qu'on bouche avec le doigt en marchant, et qui laissent échapper le grain quand on plonge l'instrument dans le sol. On sème sur les terres à blé, dans le Nord, avec le lu-tiues, traîné par des bœufs, muni de deux lames qui ouvrent la terre et d'une caisse d'où le grain s'échappe pour atteindre les sillons ouverts. Je dois citer encore, en passant, le siège basculant de bois, ou cheval de bois, dont on l'ail quelquefois usage pour aller dans les champs de riz; la faucille, très-répandue et très-semblable dans tout l'empire; les fourches, les râteaux, etc.. etc.

Mais c'est encore plus avec leurs mains et même leurs pieds, dont les orteils sont plus mobiles que les nôtres, que les Chinois travaillent, brisent, aplanissent un sol qui. pour recevoir, par exemple, les pistaches de terre, doit être propre et délié comme de la cendre passée au crible.

Les cultures les plus importantes ou les plus remarquables sont le riz, le grand blé ( la-mac ), le maïs el le sorgho ( kao-lean), dont on fait de l'alcool ; le petit blé (syao-mae), donl on l'ail du pain; le sarrasin (kyao-mae), le Panicum italicum (so),

le millet (syao-mi), etc.; le pois jaune (xwan-tao), donl on tire de l'huile; divers autres tao, le tmi-ma ou sésame, le fourrage appelé mo-ss, l'igname (yu), le minier. le coton, VUrtica nivea | tuiK-ma), le tins ou chanvre à cordages, le ko (Dolichos bulbosus) et diverses plantes textiles classées parmi les chanvres ou ma, le thé, le tabac, le sucre, le pavot, l'indigo (lan), le Carthamus tinctorius ( xxn-xwa), l'arbre à cire, le bambou à tuyaux, à meubles, à papier, etc.; le camphre, la rhubarbe, le ricin, le gingembre, les épices, etc.

Presque toutes les cultures se font par lignes plus ou moins espacées, entre lesquelles on peut placer des piaules qui demandent au sol d'autres aliments, ou semer ultérieurement une seconde ligne de la piaule principale, destinée à être récoltée plus lard que la première. Un même sol peut porter, pendant les mois d'hiver, du blé et des plantes vertes, des fèves, par exemple; pendant ceux d'été et d'automne, du riz en deux lignes, l'une récoltée en juillet, l'autre plus tard.

Dans le Nord, en général, on ne fait qu'une récolte de riz par au. et le blé n'esl semé que de deux années l'une. Le sol du Xtf-nan est si bon que le riz s'y cultive presque sans engrais. Dans certaines provinces, il y a de grandes propriétés divisées en grandes fermes ou en petites métairies. Ailleurs, le sol est très-morcelé : cela dépend de circonstances locales telles que la fertilité du sol, l'appel des capitaux par le commerce ou l'industrie. L'égal partage des successions, qui doit, assure-t-oii. diviser notre sol en parcelles incultivables, n'a pas eu en Chine cet effet; il ne l'a jamais eu en France, dans les pays soumis à la coutume de Paris, source trop oubliée du code civil : il s'oppose au maintien des familles, et. à ce point de vue. le despotisme n'a pas à s'en plaindre. Mais la propriété ou est transmise par vente, ou ne se divise que pour se reconstituer plus tard, ou ne reste divisée que s'il y a un profit réel à ce qu'elle le soit. 11 est bon que les pâturages soient communs, que les forêts aient peu de maîtres, que les mûriers, les vignes, le riz, les jardinages soient aux mains qui les travaillent. La nature a fait celle loi, et le monde l'observe mieux que si des législateurs s'étaient amusés à l'écrire. Plus la civilisation marche, plus l'activité humaine se développe, plus le commerce et l'industrie rémunèrent le capitaliste, et plus aussi le paysan a besoin de bien-être. La renie des champs diminue alors : le laboureur seul trouve un vrai profil dans leur exploitation ; la terre passe entre ses mains. Quand il se presse trop, l'usure rend la terre au capitaliste; mais le fleuve social suit sa pente malgré les rochers, et bientôt la civilisation, non les lois. supprime le servage, et du serf fait un citoyen.

Sur les terres dont j'ai parlé tout à l'heure, les métayers partagent la moisson d'été, ta-mao, ou le riz, avec le propriétaire, et gardent la moisson d'hiver, syao-mao, ou le blé et les fèves. Les métayers fournissent le bétail, les engrais et l'outillage : le pro-

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priétaire paye l'impôt. En très-bonne terre, le mon. donl il y a quinze à l'hectare, donne environ six tan ou six hectolitres de tao, ou riz brut, soit trois tan de riz décortiqué, valant de 12 à 15 francs l'un, et quatre tan de blé ou de loves. Le mon vaul alors de 180 à 200 francs dans le Kyan nan. Une terre moins bonne vaut, à Tyen-tsin, de 3<><> à ïOO francs, les paysans étant propriétaires et très-désireux «le s'agrandir. Trois moo, près de Chang-hai, nourrissent aisément quatre hommes. Un homme uni cultive deux moo est à son aise : avec un peu d'aide dans les moments de grand travail, il peut en cultiver jusqu'à six et huit dans le Kyan nan. et bien plus dans le Tmi-li. Les journaliers se payent de 80 centimes à 1 IV. 10 cent., ou 35 à 50 centimes et sont nourris. Les femmes, dans les pays où elles travaillent, dans le Kyan nan par exemple, reçoivent 30 à 35 centimes, et les ouvriers d'ail 1 liane et 1 fr. 51) cent. Ces salaires, un peu plus élevés autour des villes, un peu plus bas dans les provinces, telles que le Sso-tuiuen où l'argent est rare, peuvent être regardés comme la moyenne. Comparés au prix des subsistances, des vêtements et du logement, ils sont supérieurs à ceux des journaliers et des artisans dans la plus grande partie de l'Europe.

Il y a plusieurs sortes de riz auxquelles conviennent des sols et des procédés de culture différents. Celles qui se cultivent dans les terres bien irriguées nourrissent presque toute la Chine. Le sol labouré profondément, inondé, hersé sous l'eau el aplani avec soin, reçoit, en avril ou en mai, les semences qu'on a laissé tremper pendant deux ou trois jours et qu'on recouvre en promenant une planche sur le terrain. Au bout de douze ou quinze jours, les feuilles se montrent au-dessus de l'eau : on arrache les plants pour les planter, par paquets de cinq ou six, en grandes lignes sur un autre terrain. On fume souvent, en arrosant avec de l'engrais liquide surtout, el on maintient l'irrigation qui doit suivre la croissance du riz. On sarcle, on écime à la faux en juillet; un mois après, les grains se forment. On récolte en août ou septembre, soit dans l'eau, soit après l'avoir fait écouler; on bat ensuite et on crible. Il est très-remarquable que la culture du riz ne soit point eu Chine, ni ce me semble à Damiette ou dans l'Inde, une cause d'insalubrité. 11 serait utile qu'on se rendit compte des causes de ce phénomène ; il est probable qu'on trouverait alors le moyen de doter une grande partie du midi de la Fiance de rizières sans que la santé publique en fût affectée.

Dans le Nord, le syao-mi, le kao-lean et le xwaii-tao se sèment vers le 20 avril : les deux premiers se récoltent vers le 20 septembre, le troisième vers le 20 octobre; le sarrasin se sème au commencement d'août; les blés, en septembre ou plus tard, pour être récoltés au printemps.

Le coton, connu de tout temps en Chine, n'y est cultivé que depuis le treizième ou le quatorzième siècle; il y a pénétré par le Fo-kyen, et se récolte aujourd'hui dans

presque tout l'empire; il réussit même très-bien dans le Nord. Cette culture est devenue très-importante pour nous. L'Europe, qui cherche partout du coton, en a acheté à Chang-hai, entre le Ier juin lSOil et le 31 mai 186i, 664 446 piculs ou tan, d'une valeur de 1:2 N<)5 494 onces d'argent, soit plus de 100 millions de francs. Ssnkyaîi, qui fabrique des colonnades fort bonnes, perdait beaucoup à l'introduction des cotonnades anglaises; aujourd'hui l'industrie anglaise enrichit Ssn-kyan. Le commerce a de singuliers retours; il confond ceux qui calculent : l'habileté politique est de même la niaiserie des sages.

Le coton veut un terrain riche, pas trop humide. Ce terrain est préparé en lévrier, après les gelées, par trois labours et deux hersages. La terre mise en lits est arrosée; les graines, lavées, trempées la nuit, frottées avec des cendres, sont semées vers le 20 juin, de façon à ce que les plants soient distants de deux à trois pieds l'un de l'autre. On recouvre les semences d'un doigt de terre ; on fume avec des résidus huileux, des cendres, et de l'engrais humain liquide, à raison de dix hectolitres par moo; on houe sept fois; on arrose souvent : on coupe la tige au-dessus de deux pieds, et les branches au delà de vingt pouces. Vers le -S août, on récolte, et le coton est exposé à l'air pendant quelques jours. Un moo peut donner de trois à cinq cents livres de coton. Le coton ne supporte pas le voisinage des fèves et ne s'assole pas avec le maïs.

Le tuiK-ma a été étudié par M. Rondot. Assisté de la science profonde de M. S. Julien, il en a fait connaître en Fiance l'emploi et la culture. On le sème, au troisième ou au quatrième mois, dans un sol léger et près de l'eau, sur des lits bien remués et bien nivelés: on l'abrite avec des nattes qui son! mouillées quand le temps est sec, enlevées quand il est humide et dès que la plante atteint une hauteur de trois doigts. Le tuib-rna se transplante. Quand il est, assez haut, on le couvre à sa base avec du fumier de bœuf, de cheval et d'âne, jusqu'à la hauteur d'un pied: on l'arrose de temps à autre. On le coupe tous les ans. On le plante aussi de boutures, et par dois plants, dans des trous éloignés d'un pied et demi.

Le mûrier est cultivé surlout dans la partie moyenne et littorale de la Chine. On greffe souvent la variété du man-ftm, appelée h,, sur celle plus vigoureuse du Xbkwan, appelée kin. Les feuilles sont enlevées avec des ciseaux particuliers: les fruits servent à composer une boisson. On cultive autour des arbres des légumes, des melons et d'autres plantes qu'on fume avec les vers après leur sortie des cocons, et l'on assure que huil moo de lions mûriers valent cent moo de riz. Les éducations se font dans les métairies, dans des pièces aérées bien tenues, et qui contiennent peu de vers : aussi les maladies sont-elles rares et s'étendent-elles peu. Il est à croire qu'en s'atlachanl aux pratiques dont on peut trouver le détail dans l'ouvrage spécial de M. s. Julien, on pourrait ramener en France une culture nécessaire à l'alimentation

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