‹ La Chine et les Chinois (volume 4)Chapitre 13 sur 26 · FERME DU SEL · texte numérisé non relu

FERME DU SEL

Il est à remarquer que, quant au gouvernement, il reroil toujours tout ce qui lui est dû, sauf lorsque le pays est en réjtellion. Les magistrats ne volent que le peuple ; le gouvernement n'intervient que si le peuple écorché crie trop fort; et comme il n'aime pas les embarras, il donne alors raison aux émeutes, et frappe toujours sans pitié ceux qui en ont été l'occasion. C'est ce f]u'on peut appeler faire de la justice malgré soi.

L'exploitation des salines paraît être l'une des plus anciennes ressources de l'Élat.

11 me semble que Marco-Polo l'a signalée. Elle existait lors de l'ambassade de lord Macartney, en 1793. Ce monopole parait avoir été momentanément supprimé pendant les premiers temps de la dynastie actuelle.

La vente du sel est, je crois, affermée pour tout l'empire à un seul personnage, tuian de Tyen-tsin, (jualilié de pae uian kan-tsbn, qui, en raison de grands services pécuniaires rendus à l'État, a reçu le globule rouge, sa qualité de fermier ne comportant qu'un globule moins élevé, indéterminé du reste, à ce qu'il me semlile.

Il y a des sous-fermiers pour diverses parties de l'empire.

11 y a quatre directions générales des salines contiées à des yen-yun-sso, ou yenyuan ; elles sont situées : à Tyen-tsin, dans le Tmi-li : à Yan-tme>;, dans le Kyafi-si; : àXan-tuiCb', dans le Tiuo-kyan, et à Canton. C'est aux ycn-yun-ssij que les fermages sont payés; ce sont des magistrats du troisième rang (deuxième classe). Au-dessous des yen-yun-sso, il y a des yen-tao ; à Tyen-tsin, le yen-yun-sso est en même temps ycn-tao. Le yen-yun-sso est assisté d'ua yeu-kin-li, d'un kïMa-uio (trésorier), et d'un yen-tmu-sso.

Les marchands en gros, jen-man. autorisés parle pae man kan-tssn, doivent donner au yen-yun-sso, au yen-tao, au tmi-fj; et au tuii-myen, environ 2 000 onces d'ai'gent. soit une quinzaine de mille francs à chacun de ces magistrats.

L'achat et la vente en gros du sel exigent une licence, appelée yin-pyao, qui doit suivre la marchandise; les bouticiues n'ont pas besoin de licence. Cette licence, qui coûte queliiues onces seulement, est valable pour 1 000 balles, de 525 livres dans le Nord, et de 555 livres dans le Sud. Le pesage du sel parait donner lieu à de grands abus en faveur des marchands et au détriment des fermiers. Le sel coûte au fcnnicr général de 2 à 5 tsyen la livre, soit de 1 à 2 centimes et demi; il se vend daiis les diverses provinces à des prix très-différents, comme cela avait lieu en France avant la révolution. Il vaut à Pékin de 12 à 15 tsyen ; à Chang-ha'i, 19 ; dans le Nnan-x^ei, iO; et à Xan-kao, m'a-t-on dit, jusqu'à GO et 70.

Le sel de contrebande, ou, comme on disait chez nous, le faux sel, appelé ssij-yen. se vend à des gens connus : on en consomme beaucoup, à Chang-hai. au prix de 8 à

12 tsyen.

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