‹ La Chine et les ChinoisChapitre 6 sur 49 · ANCIENNES MONARCHIES · texte numérisé non relu

ANCIENNES MONARCHIES

notre ère les commencements de la dix-huitième dynastie. « Mais il n'y aurait, dil-il, )) nullement à s'étonner si l'on s'était trompé de deux cents ans dans celte estimation, » tant les documents sont viciés dans l'histoire ou incomplets sur les monuments. )•

11 me parait donc que c'est environ vingt-cinq siècles avant notre ère que fureiil, fondés les plus anciens États dont nous ayons connaissance, et que, quelle que soit l'antiquité de l'homme, la civilisation ne compte pas aujourd'hui plus de quaranlecinq siècles.

Rien ne porte à croire que la monarchie chinoise compte plus do jours que les monarchies de la Chaldée ou de l'Egypte : si même l'on considère l'ahsence démontrée de la preuve astronomique si longtemps alléguée, l'incertitude de plusieurs des pi emiers règnes, l'on sera conduit à regarder la fondation de l'État chinois comme postérieure à celle des deux autres.

Je ferai remarquer encore qu'à partir de la dynastie des Xan (Han), c'est-à-dire dans l'espace de plus de vingt et un siècles, éclairés par une chronologie suffisamment exacte, on trouve pour les règnes chinois une durée moyenne de seize ans et demi, tandis que cette durée moyenne serait pour les règnes qui appartiennent aux dynasties précédentes , et qui, depuis Xwafi-ti, sont, suivant la manière de compter, au nombre de quatre-vingt-neuf ou de quatre-vingt-dix, d'environ vingt-six ans d'après le Ki-yuen-pyen, et de près de vingt-huit d'après le San-yuen-kya-tso.

Si l'on considérait d'autres États ayant eu un grand nombre de princes, on trouverait une moyenne générale d'environ quinze ans, et des moyennes particulières de dix-neuf ans pour l'Angleterre, dix-sept ans et demi pour l'empire d'Allemagne, dixsept ans pour la France, enfin douze ans et six ans et demi pour les empires d'Orient et romain, dont la constitution se rapproche le plus de celle de la Chine.

On trouverait, à la vérité, que la maison capétienne avec ses branches successives se rapproche assez, par le nom])re de ses princes et la durée moyenne de leurs règnes, de la dynastie chinoise des TineK (Tcheou) ; mais les Capétiens, maîtres de toute la France, étaient dans des conditions de stabilité que ne peut avoir possédées la maison de Tuie^-, maîtresse d'un petit État entouré d'États à peu près égaux et quel- ([uefois plus puissants: l'exiguïté de son territoire rend peu admissible la longue durée qu'on lui prête.

Si l'on adoptait la moyenne de seize ans et demi pour les règnes antérieurs à la dynastie des Xan, on porterait le commencement de la dynastie des Tuick vers 833 ; celui de la dynastie des lUafi (Chang) vers 1295, et celui de la dynastie des Ulya vers 1575 avant Jésus-Christ; la première année de Xwan-ti serait alors compiise dans le dix-septième siècle avant notre ère.

Je suis très-loin de présenter ces dates comme une solution ; je cherche à faire voir

CHRONOLOGIE

ce qui est probable ou possible. Je ne prétends point résoudre un problème dont les éléments ont disparu, engloutis à jamais dans les ténèbres du passé. Mon impression personnelle serait que les débuts de la civilisation cbinoise ne remontent pas à plus de deux mille ans avant notre ère; mais comme les Cbinois enseignent autre chose, que ce qu'ils enseignent est en partie admissible, et qu'il est utile de savoir ce qu'ils racontent et ce cju ils croient, je vais en présenter l'analyse, et la chronologie à laquelle je m'arrêterai à partir de Xwan-ti, sans, bien entendu, la garantir, sera celle (Ju Ki-yuen-pyen.

Cet ouvrage savant et estimé diffère d'une chronologie plus généralement admise en Europe, c{ui fut rédigée par ordre de Kyen-hfi et dut accepter l'empreinte de ses vues personnelles et les opinions des astronomes jésuites de Pékin.

Beaucoup d'autres systèmes ont été proposés avant comme depuis. C'est ainsi que Bossuet a pu faire une chronologie sacrée sans que les savants européens se crussent liés en rien par l'opinion de Bossuet, non plus que par celle de Louis XIV.

Le Ki-yuen-pyen cherche à ne point s'écarter de la chronique Tuiv-mb , qu'on dit avoir été trouvée, au troisième siècle de notre ère, dans le tombeau d'un ancien prince.

Il commence par établir :

1" Qu'entre l'année Kan-min, première année de Kbù-xo, de la dynastie desTmeu, et la première année de Xwah-ti, il s'était écoulé I G5I ans : la première année de Xwah-ti est alors désignée par les caractères Kan-yin ;

2° Qu'entre l'année Sin-mao. première de l'époque Kyen-yuen, du règne de Wb-ti. de la dynastie des Xan , et la première année de Xwah-ti , il s'était écoulé 2 352 ans.

C'est à partir de la première année de la période Kyen-yuen, qm est la cent quarantième avant Jésus-Christ, que la chronologie chinoise n'est plus discutée. Entre l'époque de Xwah-ti et celle-là. la chronologie dite San-yuen-kya-tso présente les dales principales suivantes, qu'on pourra comparer à celles du Ki-yuen-pyen ;

Date cliinoise.

Concordance europe'enne.

Mort de Xwan-ti

Etablissement de la dynastie des Ulya .

2597 avant J.-C.

des LLIan . . .

des Tmeb . . .

des Tsin etTsin V.

des Xan . . .

Première année de Wb-li et de la période Kyenyuen

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