‹ La Chine et les ChinoisChapitre 9 sur 49 · YEN · texte numérisé non relu

YEN

Grave par Erhard .

avoir été voisine du site actuel de Xo-nan (Ho-nan fou). On croit que liluii et Yu avaient leur capitale à Yb-n-tmeK, aujourd'hui Tmafi-nnan (Tchang-ngan ). dans le lUèn-si (Chen-si). On peut considérer aussi comme la capitale de Yu, I-Iiiick. aujourd'hui Tai-yuan. Xo-nan paraît avoir été la capitale ordinaire des Tiueb : on cile cependant Xao-kifi, aujourd'hui Illyen-tan, voisin de Si-nnan (Si-ngan fou ). connue la capitale de W^-Avan; et lUao-ko, aujourd'hui Wey-xwey, comme celle du dernier prince de cette dynastie. La Chine a très-souvent changé de capitale : il en était de même de l'ancienne France, sous la dynastie carlovingienne pai- exemple: on pour-

rait même ajouter que, dans ces deux pays, la capitale et la prépondérance ont presque toujours appartenu au nord, rarement au centre, jamais au midi, si ce ifest, pour la France, à l'époque très-éloignée de nous où Marseille seule unissait ce pays au monde civilisé, romain, carthaginois ou grec.

L'homme est doué d'instinct et d'intelligence : l instinct inspire ses premiers actes, détermine les grandes lignes entre lesquelles se meuvent ses institutions et sa vie ; rintelligence fait tout le reste. L instinct est le même pour tous les hommes ; Tintelligence est inégalement répartie entre leurs diverses familles : il en résulte dans les simples et premiers développements de toutes les fractions de la race humaine une similitude extrêmement frappante, et dans les progrès ultérieurs et plus hauts de chacune d'elles des dissidences de plus en plus profondes, une inégalité chaque jour plus grande. L'homme donc, animal perfectible, conduit par une force divine dont le contrôle et le secret lui échappent, suit d abord un étroit sentier: puis, libre et raisonnable, choisit ses voies et marche vers un état moins imparfait.

Ainsi certaines institutions, certaiiis outils, certaines armes, sont communs à tous les sauvages, sans qu'on en puisse un instant penser qu'ils les aient reçus les uns des autres. Toutes les contrées de la terre ont vu tailler le silex, et plus tard fondre le bronze et forger le fer: toutes ont connu l'arc et la lance: le bomerang australien se retrouve au centre de l'Afrique, les pirogues de l'Océanie dans la tourbe irlandaise; les habitations lacustres de la Nouvelle -Guinée ont jadis existé sur les lacs de la Suisse, et les amas de restes et de débris appelés par les Danois kjokken modding se rencontrent sur les bords du détroit de Magellan comme sur les côtes du Danemark. La ditïérence des climats et des lieux a fait seule celle des usages, et si tant de peuplades sauvages sont parties d'un même point de la terre, ce n'est pas sur ce point unique qu'elles auraient appris les unes la vie polaire, les autres la vie tropicale: tout ensemble la chasse et la pêche, la vie pastorale et le labourage.

L'examen des faits nous démontre, au contraire, que des inventions où la raison humaine a plus de part, celle de l'écriture par exemple, ont été faites en plusieurs lieux et renouvelées peut-être à plusieurs époques. De mêmes problêmes entraînent de mêmes solutions.

La science ne nous dit point si l'humanité n'a qu'un ])erceau, en (juel temps elle s'est fractionnée ; mais elle nous montn» l'unité humaine dans l'unité de tous les débuts humains et des traits principaux de toutes les civilisations.

Les premières créations de la pensée humaine soid les mêmes i)artout : le sol décliiié pai- la charrue, enir'ouvert par des cataclysmes, a montré plus d'une fois à l'homme craintif des premiers âges les lourds ossements des mastodontes ou le nions-

Page 1