ET LA CHINE
Enrecevantlanou\elle des faits que je viens de raconter, Ifi public anglais fut en émoi. Plusieurs membres du parement, peu au courant des singularités du Céleste Empire, se demandaient si la faute des différends arrivés ne venait pas du côté des fonctionnaires britanniques. Quelle a donc ^*é la cause des hostilités? disaient-ils. Le vice-roi de ^Qton a fait arrêter douze matelots chinois, sujets de son souverain, lesquels ont été relâchés sur la demande <^'Qn consul anglais. Une satisfaction était de plus exigée, ^telle n'a pas été obtenue; mais est-ce que cela vaut la
peine de faire une guerre avec l'empire chinois ? Cette prévalut, et la majorité de la chambre des commune prononça en faveur de la paix. Lord Palmerston, au de se retirer, conseilla à la reine de dissoudre le parlem et Sa Majesté adopta cette mesure violente, si peu m en Angleterre. Ce fut dans cette circonstance que^e décidai à écrire une brochure (*) pour contribuer à écU la question chinoise, si mal comprise en Europe.
Le gouvernement anglais envoya des forces de m( de terre à Canton, et nomma Lord Elgin ambass» extraordinaire. Il invita en même temps le gouverneo français à coopérer à l'expédition. Celuirci hésita d*al et se contenta d'envoyer le baron Gros en qualité d' bassadeur extraordinaire; plus tard il se décida poi coopération, et les forces de France agirent de coii avec celles d'Angleterre dans les eaux de Canton, renforts furent aussi expédiés.
Lord Elgin arriva a Singapore le 3 juin 1857 et tw des dépèches pour lui du gouverneur général dé 1*1 dans lesquelles celui-ci le suppliait de lui expédier to les forces navales et militeires dont il pourrait dispc afin de faire face a l'insurrection de l'armée indigène
Lord Elgin laissa des ordres enjoignant aux vaiss< de guerre et aux transports qui arriveraient avec troupes, de partir sur-le-champ pour Calcutta, et il tinua son voyage à Hong-kong, où il débarqua le 4" let 1857.
Il tâcha d'obtenir la coopération des ministrei France et des États-Unis ; mais le premier lui répc qu'il était remplacé par le baron Gros (qui se rendai Chine par le cap de Bonne-Espérance) , et le second, n'avait pas d'instructions. Lord Elgin se convainquit serait inutile d'entamer des négociations avec la <
(•) VÀngleterre, la Chine et VInde.
en de telles circonstances, et il s'embarqua utta, où il arriva le 8 août, j retour à Hong-kong le 20 septembre. Le baron irriva que le 14 du mois suivant.
i ce temps, le comte russe Poutiatine, amextraord inaire nommé pour aller à Pékin, 1 pénétrer dans l'empire par la voie de Riakta, i à Fembouchure du Peï-ho. Il eut k souffrir de difficultés et de délais avant de faire parvettre au bureau des affaires coloniales à Pékin, •épondu que l'empereur ne pouvait pas le recelé dans tous les cas il ne serait nullement disla cérémonie du ko-tou. e Poutiatine arriva a Hongkong le 14 novembre, la de sa disposition à unir ses efforts diplomaux des ministres d'Angleterre et de France, pour 3S concessions de la cour de Pékin. Deux ou* s auparavant, le nouveau ministre des Étatsarrivé et avait fait les mêmes déclarations, •ection de l'Inde ayant été vaincue , des forces terrestres arrivèrent a Hong-kong, et il fut déquer Canton si le vice-roi n'accédait aux dees ambassadeurs. Elles se réduisaient k ces 3 traité de Nankin devait être exécuté dans parties, sans en excepter la libre entrée des j dans la ville de Canton. Une indemnité serait : propriétaires qui avaient souffert de l'incenïtoreries.
extrême modération de ces demandes, le viceucune concession. La ville fut attaquée de bon 8 décembre (1857). Le total des forces de terre s principalement de matelots et de soldats de ontaiWà 5,700 hommes, dont 900 Français. On us un corps de 900 a 1,000 coulis (hommes de gènes et Malais, pour le service de l'artillerie issariat. Les flottilles se composaient de 8 vais-
iSO Là CÉim Et LE$ PUISâANGE$ GHftÊTiENNEâ.
seaux, 9 bateaux à vapeur et 19 canonnières; ces ments, joints aux batteries construites sur File de H portaient ensemble 400 mortiers, obus ou canons d calibre. Le bombardement commença le 28 k la ] du jour. Vers midi, la force qui devait agir k terre i qua a Test de la ville, au crique qui porte le nom Ai par. Cette force fut divisée en quatre colonnes : qui devait opérer vers la gauche, était composé 900 Français. Une autre, composée de marins ai resta en réserve. Le plan était de s'emparer avau du fort appelé Lin, situé au nord-ouest de la ville, e1 d'autres forts qui sont bâtis sur des éminences a nord.
Pendant la nuit on vit, par les incendies dans la les terribles effets du bombardement Le 29, k dix] du matin, un corps de troupes indigènes qui déf rapproche du fort Lin, était battu; en conséquei fort fut abandonné. On s'empara aussi sans résistai fort Cough, qui domine Canton et qui avait été tr dommage par le feu de l'escadre. Les autres forts de nences se rendirent après plus ou moins de défei tous étaient au pouvoir des alliés avant midi»
Quant aux remparts, une brèche avait été ouvert demi-mille au nord de la porte de Test, et un dé ment de Français et d'Anglais montèrent sur 11 raille. A neuf heures du matin, les Français y parv les premiers. Des écrivains anglais les ont accusés c devancé de vingt minutes le momentfixé pourl'aSsa fort Lin, les Français furent aussi les premiers i rempart; il est vrai qu'ils le trouvèrent abandoni tnême temps que s'accomplissait l'assaut de Tes autre détachement d'Anglais, avec lequel se trouva mirai et le capitaine de vaisseau Bâte, escaladait 1 raille k 200 mètres au sud de la porte du nord-oue mur ici avait 20 pieds de hauteur. Le brave Bâte m dans cette escalade.
SECONDE GUERRE. ISi
te totale de l'armée assaillante fut de 96 Anglais Français, morts ou blessés, aux indigènes, militaires et bourgeois, il parait eut en tout que 200 morts environ, dont plusieurs
une pagode, sur le rempart, qui avait contenu ion de troupes, on trouva pendu à la porte le e corps. Il s'était suicidé.
>is maîtres du rempart et des forts qui défen- , ville, les alliés crurent que l'on viendrait leur îr merci; mais point, personne ne parut. L'armée romenade triomphale tout autour de la muraille; produisit pas plus de résultat. En attendant, la des officiers et soldats dormaient a la belle étoile, pluie qui dura plus de deux jours rendit cette i plus que désagréable.
tnvier (4868), le riche négociant How-koua, avec 8 autres notables de la Ville, vint abord des vaisniraux.
LOua assura que Yé avsiit agi pour son proprd et n'aVait fait part à aucune autorité de sa corres^ îe avec les alliés. Il suggéra que le gouverneur ovince, Pi-kouei, pourrait arranger les différends avec les Anglo-Français. Plusieurs citoyens de ;e plaignirent du désordre qui y régnait, décida bientôt à descendre dans les rues, d'autant on avait su, par les notables venus k bord des vais- [ue les autorités y résidaient encore et y fonction- Dmme si rien n'était arrivé. On assura mêmeque le avait ordonné plusieurs exécutions et fait exposer
janvier, trois détachements, dont l'un était fran- Qétrèrent k travers les étroites rues de Canton et ent a s'emparer sans résistance du vice-roi Yé, du leur de la province de Canton, Pi-kouei, et du gé- Q chef des troupes tartares. Chacun d'eux était
dans une différente résidence officielle. Pi-kouei fut qui montra le plus de courage. Quand les Anglais trèrent dans l'hôtel, il vint k la porte, leva la porti» demanda par des gestes ce qu'on voulait de luL Le^ rai tartare, à l'arrivée des soldats français qui le prisonnier, se sauva de chambre en chambre, et pris dans des lieux d'aisance. Quant au vice-roi Yé, < vantait d'avoir fait couperplus de cent mille têtes, il ei k la vue des soldats anglais, de se sauver par un « dor, pendant qu'un mandarin se présentait à la poi salon en disant : je suis Yé, Quand on le saisit, il i blait.
L'hôtel du trésor public fut aussi occupé, i trouva 62 caisses, dont aucune n'aurait pu être levée par un homme seul ; 68 paquets de lingots gent et tout une chambre remplie de sapèques lées. (J'ai déjà expliqué au chapitre premier que pèque est une monnaie ronde de cuivre qui a un carré au centre : on les enfile par 1,000 avec un i à chaque cent.) Les Anglais se trouvaient un pei barrasses pour emporter tous ces métaux; ils s'i curent qu'une foule de curieux du bas peuple en brait l'avenue de l'hôtel. Une heureuse idée leur % l'esprit; ils offrirent un cordon de 1 ,000 sapèques k cl homme qui voudrait charger cet argent. La foule se dis sur-le-champ, et au bout de quelques minutes un ( nombre de portefaix se présentèrent avec les longs bous dont ils se servent pour colporter des poids. Oi autour du cou de chacun un cordon de sapèques, et ils tirent, escortés par des soldats britanniques, très-con et portant k bord des vaisseaux étrangers la caisa leur pays.
Après ce fait on no s'étonnera pas d'apprendre pendant le bombardement du 28 décembre, des ci chinois allèrent de l'un a l'autre des vaisseaux allié leur offrant pour un prix modique do? fruits de la sai
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Ires canots indigènes portaient des Anglais ou des içais là où on le leur commandait.
Ton rapproche ces faits de celui de la prise de Canoù le peuple ne lit aucun effort pour défendre la ville ts mandarins, on ne pourra pas douter que la le haine des Cantonais contre les Européens a touété factice et seulement excitée par les mandarins. n des personnes pourraient penser que la population re de Canton était démoralisée par la terreur. 11 n'en en; on admira au contraire le sang-froid montré par lilliers d'individus. Les bancs de la rivière étaient srts de gens qui regardaient voler les bombes, la plupart passaient sur leurs têtes. Des bateaux ireux montaient et descendaient le fleuve, faisant service ordinaire. Pendant tout le temps du bomîment, on transportait à l'île d'Honan, vis-à-vis Gaules poutres des maisons qui avaient brûlé sur le de la rivière, et cela se faisait sous le feu des battent de l'escadre. Il serait bien long de raconter nombre res faits qui furent observés avec assez d'étonnepar les Européens.
corps des coulis (hommes de peine indigènes) se con-x t admirablement bien. Ils furent très-utiles à l'armée 3. Plusieurs d'entre eux eurent la tête emportée par )Oulets. Ceci ne fit pas broncher les autres ; il y en nême qui se prirent a rire.
i ne saurait vanter le courage des soldats qui défenit la ville, quoique dans quelques endroits ils se bâtit bien. Le nombre de la garnison, d'après les listes iellesdu général tartare, était de 7,000 hommes; mais t connu que les mandarins militaires portent sur J listes des hommes qui n'existent pas, afin d'augter leurs propres revenus (*). Puis il faut avouer que
Uq mémoire sur le district de Sinoan fut lu dans une séance Société asiatique de Hong-kong. Il y était assuré que les man*