‹ La Chine et les puissances chrétiennes (volume 2)Chapitre 21 sur 59 · II · texte numérisé non relu

II

isi La CHINE Et Les puissâKges chrétiennes.

devant 400 grosses bouches à feu (lançant pendant vingtsept heures des projectiles contre une place qui ne connaissait ni les bombes, ni les obus), etTélan des soldats français et anglais il n'était pas facile de résister. L'artillerie de la place était d'un petit calibre et les aff&ts vieux et sans mobilité : il fallait passer juste devant le canon au moment du feu pour être atteint. ÂjoU' tons à ces circonstances que le général commandant det forces militaires était un homme complètement nul et lâche. Dans cet empire on attache beaucoup d'importance à la taille pour les avancements dans Farmèe. Ce Tartan était très-gros et gigantesque : il mesurait deux mètres : c'est probablement à ces qualités qu'il devait son grade de général et le commandement des forces qui avaient ï sauver Canton.

Outre les Tartares défenseurs de la ville, on vit sur les hauteurs lointaines 14 ou 15,000 hommes, peut-être dei gardes nationaux, qui n'osèrent pas s'approcher* Nulle part on n'aperçut de chefs militaires;

Le vice-roi Yé fut conduit dans sa chaise k porteurs I l'hôtel où se trouvaient les deux amiraux et le général anglais. La première frayeur passée et se croyant déjà sauf, il àvail repris son insolent air de dignité. On lui demanda si M; Gooper était vivant. A cette question il se init à rire (probablement en se rappelant les circonstances de son enlèvement), et puià répondit : « Je ns me rappelle pas de cet homme-lk. Je ferai demain des investigations, et si oh le trouve vous l'aurez. » On lui demanda s'il avait d'autres prisonniers vivants. 11 parait qu'il ne comprit pas bien la question, car il répondit :

âarins, dans le littoral de Sinoan louaient les jonques de gaerrs aui négociants pour s'en servir commes de navires marchands, et que parmi les vaisseaux pirates pris dernièrement» il s'en était trouvé un qui appartenait à la marine Impériale 1 » (IWeJve yetry in China f par M. Searth.)

SECONDE 6UERBE. tSft

Ces 18 hommes-lk étaient mes prisonniers de guerre. 08 tout le soin possible de les faire enterrer convenannent. Je puis vous indiquer leurs sépultures (*). » els étaient ces 18 hommes? demanda Tamiral anglais, fiirent-ils pris? — « Gomment puis-je savoir , réponle vice-roi, qui ils étaient et me souvenir où ils furent s? Tous nous fîtes la guerre depuis le mois d'octobre qu'en janvier, époque à laquelle vous fûtes battus et folsés, et vos navires de guerre prirent la fuite. Ce* pendant ce temps-là. »

les amiraux et le général, ne voulant plus prolonger si désagréable entretien, firent savoir à cet orgueil- 1 et entêté mandarin, qu'il allait être transporté sur vaisseau de guerre où il ne manquerait de rien. « Je vois pas le besoin, dit Yé, d'aller à bord d'un vaisseau guerre ; je puis très-bien faire ici tout ce qui sera né* saire. » Mais voyant que les chefs anglais ne fléchis* ent pas, il regarda autour de la chambre avec terreur, il ajouta : a Eh bien 1 j'accepte votre invitation. Au t. Je serai content d'avoir l'occasion de voir un de vos isseaux. » Il chercha pourtant à retarder autant que Ksible, et sous de futiles prétextes, sa translation h rd. En mentant sur le navire il trembla de nouveau : peuaît probablement que c'était sur son pont qu'il rsii la tête tranchée.

On a trouvé extraordinaire que les autorités de Canton ise fussent pas mises à l'abri, ayant eu la porte du Sud la ville ouverte et libre pendant six jours. On a estimé tte conduite tout au moins stupide ; elle est pourtant cile h, expliquer : si le vice-roi et les autres chefs présent la fuite, ils étaient presque sûrs d'avoir la tête luchée par ordre de l'empereur, surtout Yé, qui avait

*) Elles étaient an cimetière descrimlnelfl,

1S6 l A CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.

causé la guerre. En restant ils pouvaient dire : « Nous sommes restés à notre poste ; ce n'est pas notre faute si ces diables étrangers ont des canons plus grands et meilleurs que les nôtres, et si les soldats ont tourné le doi et nous ont abandonnés. »

On pourra objecter que Yé et Mow, le général tartare, ont voulu «e sauver au moment d'être arrêtés. Je reconnais le fait, mais pour moi il prouve seulement que, malgré la résolution de ces messieurs de ne pas quitteriez poste, quand le moment de Tépreuve est arrivé, la natun a pris le dessus et le courage leur a manqué. Seul, Pîkouel eut le sang-froid de se présenter aux soldats anglaii armés, comme s'il disait : «Me voilk! Tuez-moi si voui voulez! »

Les alliés, maîtres de Canton et ayant très-peu d*iIlte^ prêtes, résolurent de réinstaller le gouverneur de h province de Canton, Pik-ouei et le général tartare, dam leurs fonctions. Ils établirent près de Pik-ouei un comM composé de deux officiers anglais et un français, poui juger dans tous les cas où un Européen serait en cause Les soldats indigènes furent désarmés, et la ville occupée militairement par les alliés. Une police de deux centi hommes fut aussi organisée par les Européens.

Aucun mandarin inférieur n'entra dans laTille,et tous à commencer par Pik-ouei, essayèrent d'ennuyer les alliéi par mille moyens; quelques-uns furent assassinés. Ui comité de guerre appelé Tsoun-touk et composé de Iroii chefs nommés Loung, Lo et Sou, s'établit dans la ville d( Fachan : il cherchait a armer une espèce de garde natiO' nale dans les quatre-vingt-seize villages du district di Canton, et récoltait des souscriptions d'argent

Le 20 février (1858), des officiers avec vingt-cinq soldats qui étaient allés faire une excursion à cinq milles de la ville, furent attaqués par une bande de ces volontaires et eurent dje la peine à opérer leur retraite.

L'idée que la présence de Yé dans les eaux de Canton

SECONDE 61}ERRfi. 187

contribuait à eet état de choses, fit déeider de renvoyer à Galeutta. Il partit le 20 février (1858) et y arriva en bonne noté; mais après quelque temps de résidence dans cette ci^itale, il y succomba de mort naturelle.

Je me suis proposé de raconter sans commentaires les ftito; pourtant je ne puis m'empécher ici de dire qu'à mm avis, Tidée d'envoyer Yé a Calcutta ne fyt pas heunnse. La politique répulsive des Chinois envers les Eun^ns a surtout pour origine la crainte d'une conquête; kar intolérance pour la religion chrétienne vient de la même source : ceci n'est pas étonnant, puisqu'ils ont l'exemple de l'Inde, de Ceylan, des détroits dellalaca, de Jiva, des îles Philippines, etc., pays qui ont été envahis par nous. Surtout dans l'Inde, Yé et les autres Chinois de sa suite pouvaient étudier à leur aise l'histoire de la domination britannique, et reconnaître qu'elle avait comnencé par les négociants qui s'étaient d'abord présentés MHS rien demander qu'à faire librement le commerce. Os pouvaient encore être témoins des derniers combats de eette rébellion dans laquelle tant de Cipayes furent pendus ou mis aux bouches des canons, pour avoir essayé de recouvrer l'indépendance de leur patrie. Pourquoi ne pas avoir envoyé Yé en Europe? Ne valait-il pas mieux qu'il vît Londres et Paris, et non les Anglais en sôgneurs traînés dans des palanquins par des Indous as- «njettig?

Les ambassadeurs alliés résolurent d'adresser au prenûer ministre de l'empereur, des dépèches auxquelles ^t jointe copie de toute la correspondance avec Yé ; ils lui déclaraient qu'ils garderaient Canton jusqu'à la conclusion de quelque arrangement favorable, et deman- ^ûent que des commissaires impériaux fussent envoyés amt la fin de mars à Chang-hai où ils allaient se rendre eujiHûémes.

Ces dépèches furent portées par le secrétaire de lord %iB et celui du baron Gros. Us devaient les remettre au

m LA CHINE ET LBS PUISSANCES CflRÉTIENNES.

gouverneur de Ghang-haï, mais ne l'ayant fias \ dans cette ville, ils poussèrent jusqu'à Sou-tchaou, furent reçus par le gouverneur général des pro^ |i:îang, le 26 février 1858.

Les représentants de Russie et des Ëtatsc-Unis i rent aussi des dépèches pour la cour de Pékin, et le fièrent blux soins des secrétaires anglais et fra

Ceux-ci remirent donc au haut fonctionnaire les mations des quatre puissances. Elles n'en restère inoins sans réponse directe. Le gouvernement èci ){o-kuei-tsing, gouverneur général des provinces 1 qu'il eût a faire savoir au comte russe Poutiatine qi vait aller à Fembouchure du fleuve Amour où il troi pu commissaire impérial ; et qu'il annonçât aux trois an^bassadeurs que le commissaire impérl&l B levait été nommé en remplacement de Yé, qu'il était Canton pour faire des investigations et régler les al et que, par conséquent, c'était là que les questions péenqes devaient se traiter.

Voici un passage de la dépêche du premier m;

a Chaque individu officiel ayant ses devoirs spi dans l'administration de l'Empire céleste, et le pi qu'entre eux et les étrangers il n'y a point de com cation, étant observé religieusement par tous les teurs du gouvernement, il ne serait pas convenab je répondisse personnellement. Que votre Excelleni conséquent, lui fasse communication (à l'Ambasa de tout ce que j*ai dit plus haut. »

D'après ce document il paraîtrait que le gouvem Pékin ne connaissait pas exactement ce qui se pai Canton ; Pik-ouei continuait à y résider et à admin probablement il avait tâché de déguiser sa po L'Empereur nommait Houang à la place de Yé, et

SECONDE GUERRE, ISt

aux ambassadeurs de retourner k Canton. La de Houang paraissait celle d*un juge qui allait T k qui était le tort dans les hostilités survenues 1, et il devait tâcher d'arranger le différend, en dt surtout comme une question locale qui n'in- : pas le reste de FEmpire.

rappeler que lors de l'arrivée de lord Elgin à »ng, Yé Tavait annoncé à la cour comme un du Bengale, qui devait la vie aux Français {*). inventé ou accueilli une histoire absurde pour plénipotentiaire anglais un personnage mépri- X yeux dé Tempereur.

teil entêté, les préjugés invétérés et les prétensensées de supériorité sur tout le reste des peu« urris par les mandarins de Pékin, empêchent 1 se trouvent au littoral de parler sincèrement et isidération des Européens. Pour que leurs raplent bien reçus a Pékin, il leur faut y traiter avec es barbares étrangers. Ceux qui se sont écartés i peu de ce système ont été dégradés. D'un autre st k ces rapports que les ministres puisent leurs tiens; et, par suite, ils donnent aux chefs des es des ordres (que ceux-ci ont jusqu'à un certain «OYoqués), pour qu'ils tiennent bon et détruisent lies occidentaux. C'est un cercle vicieux dont les lences sont funestes a tous.

eine de ce mal si grave se trouve dans l'ignois hauts personnages de Pékin au sujet des choses rope. C'est pour cela que j'ai beaucoup recomit que je recommanderai toujours la politique de air dans les capitales des nations chrétiennes, le ssible de Chinois lettrés.

lettre ambassadeurs arrivèrent à Chang-hai au r ee eurieax document au ehapitit III.

140 LA CBINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIEIflfES.

commencement d'avril, et adressèrent de nouvelles h la cour, en annonçant leur départ pour le Pei4io. plaignirent de* ne pas avoir reçu de réponse dû leurs premières dépèches. Ils rappelèrent que, d*«p stipulations du traité de Nankin, les représentai puissances chrétiennes ont le droit de commu: directement avec les hauts fonctionnaires des pro ou avec la cour ; et que par conséquent le refus c mier ministre sur ce point, constituait une infract traité.

Le 24 avril ils envoyèrent de nouvelles dépèches, du golfe de Pi-chi-li. Le 30, le gouverneur de J vince, Taou, et deux autres fonctionnaires arrivi Ta-kouetécrivirent aux ambassadeurs qu'ils étaient en qualité de plénipotentiaires ; mais les dépèdu furent rendues parce qu'ils y avaient placé le ne rois d'Europe plus bas que celui de l'empereur.

Vers le 15 mai, le comte Poutiatine fut inforo l'empereur se refusait à recevoir des ambassad Pékin. C'est la première fois qu'un refus si catég ait été notifié.

Les ambassadeurs alliés déclarèrent ne voulu traiter avec Taou et ses adjoints, parce qu'ils ne montrer des pleins pouvoirs de l'empereur. Après Vèi de plusieurs communications qui n'aboutirent k résultat favorable, il fut décidé de s'emparer dei bâtis à droite et à gauche de la rivière, à l'endroit situé le village de Ta-kou

Le 20 mai (1858), à 8 heures du matin, on som forts de se rendre, et à 10 heures une vingtaine de nières k vapeur anglaises et françaises firent leun ment en avant. Les forts ouvrirent le feu les pn Us montaient en tout environ 150 canons. L'esc riposta, et au bout de cinq quarts d'heure, les fc forts étaient presque éteints. Des troupes débarqué les garnisons des forteresses prirent la fuite. Le«

SECONDE GUERBE. lit

it en avant et s'emparèrent, après une forte

\f d'une grande batterie construite au premier

la rivière sur le rivage du nord. Us s'emparè-

i de plusieurs campements protégés par des

|ui les flanquaient.

t le combat, une cinquantaine de brûlots en

nt été lancés vers les canonnières des alliés;

mt étant contraire, ils échouèrent.

. de Ta-kou plusieurs lignes de jonques à Tan*

ichées par des chaînes, barraient le passage de

: les alliés en prirent possession.

t ces combats, les Français au nombre de 500

officiers morts et une trentaine de matelots

blessés. De plus, un accident déplorable, Fin*

ne poudrière dans Tun des forts, en mit d'autres

mbat ; il y eut en tout 7 hommes tués et 59 bles-

ertes des Anglais furent moins considérables :

7 blessés.

ouchure du Pei-ho , avant d'arriver k Ta-kou ,

) barre d'environ un mille de largeur; on y

narée haute neuf a dix pieds d'eau, et h peine

B à marée basse.

:ou h Tien-tsin il y a dix lieues par terre et

c pur la rivière , tant elle fait de détours.

Missadeurs d'Angleterre, de France, de Russie et

Unis, se dirigèrent vers la grande ville de Tien-

I mouillèrent le 30 mai à l'endroit où le grand

e dans le fleuve Peï-ho. C'était une bonne posi-

pouvoir arrêter les jonques qui y arrivent char-

lins pour la capitale : on peut dire que Tien-tsin

ort.

pes avaient devancé les ambassadeurs (*), Les

ire qu'ils montaient ce fleuve, les amiraux ordon- Jonques de commerce qui ooeopaient les berges, de Toile et de se diriger vers la mer, aflo de laisser le

Hi LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRETIENNES.

premiers jours de Toccupation il n'y avait que 2,000 Ai glais et moins de 600 Français, mais des renforts, airhri de Tescadre mouillée au golfe de Pe-chi-li et de Cantoi portèrent les forces de terre dans Tien-tsin k 5,000 hoi mes.

Deux hauts mandarins, Kouei-liang, le second é quatre ministres qui forment le cabinet de Pékin, i Houa-cha-na, furent envoyés à Tien-tsin pour traiti avec les représentants des nations européennes. . L'ambassadeur britannique demanda la résidence d*i ministre k Pékin, Touverture du fleuve Yang-se-Uu jusqu'k Hang-kéu (k 600 milles de la mer) et de quelq» nouveauxports,run d'eux dans la Mandchourie; la itttf pour les Européens de voyager par toute la Chine «fi un passe-port; la tolérance complète de la religion ehr .tienne, l'usage de la langue anglaise par les autoiit britanniques, et une indemnité de 2,000,000 de.tii pour les pertes subies par les sujets anglais k Canton,

passage libre. Ils ne rencontraient d'ailleurs, de la part de la] pulation, aucune difficulté. Loin de là, les Chinois aidaient nali ment les alliés à dégager les navires échoués dans la vase; quand on passait à proximité d'un Tlllage, les habitants, eOm} d'abord , puis rassurés par l'attitude bienTeillante de ces En péens qu'ils Toyalent pour la première fois, montaient dans barques et venaient offrir aux matelots des fruits, des légnm des -fleurs, des oiseaux, etc. Les mêmes incidents s'étaient pas lors du bombardement de Canton. (La Chine contemporouMi | Ch. Lavollée.)

Quand les canonnières anglo-françaises se trouvaient dansl^ barras et ne pouvaient sortir de la vase , elles jetaient on ci sur le rivage, et les Chinois, pleins de stupéfaction à la voe i monstres flottants, se mettaient après et s'empressaient de les I 1er. Ces pauvres gens ne voulaient point accepter de sapèqo de peur des mandarins ; mais ils prenaient avec joie le biscuit < leur donnaient les matelots. {Souvenir d*une ambassade en Ch eî au Japon, par le marquis de Moges.)

SECONDE GUEUKË. 143

8,600,000 de taêls en sus pour les frais de la guerre. Je passe sur tous les incidents des négociations. Les ffludarins, cela va sans dire, firent les plus grands efforts poor s'opposer k chacune de ces prétentions, mais surtout ï eelle de la résidence d'un ministre à Pékin. A la fin, Snrce leur fut de céder, désirant coûte que coûte éloigner es Européens de la capitale, sur laquelle ils menaçaient b marcher.

L'ambassadeur de France n'exigea pas comme condiioii première la résidence d'un ministre à Pékin, et les ■Toyès russe et américain furent encore moins exigeants lue l'anglais et le français : ils savaient qu'ils auraient avantage de tout ce qui serait obtenu par ces derniers, aud le traité russe fut signé le 13 juin et Taméricain s IS, tandis que l'anglais ne le fut que le 916, et le fhinaklel7.

Uy a peu de différence entre les concessions obtenues MT ces différents traités. Une indemnité de SI millions le taêls fut accordée k la France et 500,000 aux Ëtats- Qnis. Le gouvernement chinois s'obligea k rendre aux orissionnaires français toutes les églises qu'ils avaient possédées jadis et qui leur avaient été enlevées.

Le comte Poutiatine conseilla k lord Elgin de ne pas trop insister sur la question de la résidence d'un ministre à Pâun; peut-être fit^l cette démarche pour contenter les commissaires impériaux : ceux-ci avaient adressé les pins pressantes suppliques ktous les membres de la mission britannique pour obtenir de faire désister lord El- ^ de cette prétention; ils assuraient que s'ils y acquies- Çiient, ils seraient dégradés et perdus. Les Russes ayant fcpois longtemps une espèce d'ambassade résidant k Hkin, le comte Poutiatine ne perdait rien en recommantotla modération k lord Elgin k propos d'un droit sem-» blable. .

Lord Elgin et le baron Gros ne voulurent partir qu'aie avoir reçu communication du décret par lequel

tu LA CHINE ET LES PUISSANCES GHRÊTIENNEI

Tempereur approuvait le traité conclu par ses ] tentiaires : ceci souleva de nouvelles difficultés, régiment anglais n" 59 étant arrivé au golfe de 1 le !•• juillet, un décret d'approbation du traité fi le 4. En conséquence les ambassadeurs sortirent ( tsin le 6 du même mois, suivis des forces de tei mer.

Il faut rendre compte d'un incident survenu ; la négociation : la cotir se rappela du vieux 1 négociateur de plusieurs traités avec les Européei avait été dégradé pour cette cause : elle Fenvoya tsin, mais les ambassadeurs se refusèrent a trait lui, parce qu'il ne venait pas revêtu du caractère missaire impérial : la cour lui rendit ce titre. E dant, on observa aTien-tsin des signes de mauvais de la part du peuple, signes qui n'avaient pas été qu'alors. On insulta les Européens dans les rues; jeta même des pierres. Les ambassadeurs attri toutes ces menées à Ki~ying. Il voulait sans doute le même procédé qui avait si bien réussi à Canto; permettait aux mandarins de dire : « Nous voudri< vous laisser entrer dans notre pays, mais le pe oppose. » Les interprètes des ambassadeurs fire: Kouei-liang et Hpua-cha-na, devant Ki-ying, la i document si offensif pour les Européens, que avait adressé a l'empereur et qu'on avait trouvé chives de Canton. Les deux hauts commissaire ying lui-même coipprirent qu'après cela les ambas ne traiteraient pas volontiers avec cet ancien vie Canton.

Le malheureux Ki-ying avait annoncé en a presque les larmes aux yeux, que s'il ne réussis à concilier les différends avec les Européens, il ] la vie. Il avait supplié, pour ce motif, les interpn mener les ambassadeurs à se retirer de Tien-tsin, ] tant qu'ensuite il serait facile d'arranger tout 1

Qaandil fut persuadé qu*il n'obtiendrait rien, il quitta subitement Tien-tsîn pour retourner a Pékin. II adressa en même temps un mémoire à Tempereur annonçant qu'il se rendrait à la cour et qu'il avait à dire des choses importantes à Sa Majesté. Un ordre l'atteignit a Toung-cho qui lui mandait de retourner à Tien-tsin. Il persista pourtant à ne pas y aller. Alors il fut arrêté, conduit a Pékin, mis en jugement et condamne à mourir. L'empereur publia un décret dans lequel, tout en blâmant durement la conduite officielle passée et présente de Kiying, il commuait la peine capitale prononcée par la cour en un suicide forcé. Il nomma une commission de trois grands mandarins chargés de lui annoncer cette décision : a Nous commandons, disait l'empereur à Siuchaou, etc., de se rendre dans la prison de Ki-ying et de lui faire entendre que notre désir est qu'il se suicide, afin que notre extrême désir d'être k la fois juste et miséricordieux puisse être manifesté. »

Cet infortuné ex-ministre avala un verre de poison en présence des trois envoyés de l'empereur 1

Il avait été convenu qu'une commission de mandarins serait nommée pour aller, à Chang-haï, régler les nouveaux tarifs avec les représentants européens. .L'empereur voulut que les mêmes Kouei-liang et Houa-cha-na, accompagnés de deux autres grands fonctionnaires et de Ho, le vice-roi des deux provinces de Kiang, se rendissent dans la ville indiquée pour conclure cette affaire. Ils se firent pourtant attendre longtemps, et les ambassadeurs s'en allèrent au Japon, où les envoyés russe et américain les avaient devancés et conclu des traités. Lord Elgin était encore k Chang-haï le 30 juillet : il alla au Japon, entra ^Yeddo, fit un traité avantageux, remit en cadeau k 1 empereur de ces îles un yacht k vapeur, construit en '^leterre dans ce but, et se trouvait de retour k Changeai le 3 septembre.

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