‹ La Chine et les puissances chrétiennes (volume 2)Chapitre 31 sur 59 · L. Li-pou ou bureau des rites, où les Ambassadeur · texte numérisé non relu

L. Li-pou ou bureau des rites, où les Ambassadeur

signèrent la convention de Pékin, les 24 et 25 octobi

5. Jardins et palais de Youen-ming-youen. 00. Échelle de 5 kilomètres.

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Je trouve, dans une correspondance publiée par ] Moniteur du 30 janvier 1861, les détails qui suivent 8V réchange solennel des ratifications du traité de paix enti les Français et les Chinois :

c On doit pourtant savoir gré au prince Koung de qud ques frais qui avaient été faits pour nous recevoir. 0 larges pièces de feutre gris qui, dans le Nord, servent la fois de matelas et de couverture, étaient étendues sa les dalles en manière de tapis. Des tables rangées à droit et k gauche et recouvertes d'un magnifique calicot roug divisaient la salle de la cérémonie dans sa largeur ei trois compartiments. L'un, celui de gauche, le c6t d'honneur chez les Chinois, destiné aux officiers euro péens; Tautre, celui de droite, aux mandarins de ton grades; et enfin celui du milieu, où figuraient au fond < devant* une tenture du même calicot rouge trois table garnies de tapis brodés et entourées de fauteuils» réseï vées aux plénipotentiaires et k leurs attachés. Quatir lanternes valant bien 20 sous pièce se balançaient dan l'espace. Tel était l'ameublement apporté sans doute à 1 hâte et pour parer aux éventualités.

« Dès notre arrivée, la cour, déjà remplie de noixi mêmes, s'est encombrée encore de tous les Chinois de 1 rue qui ont pu^pénétrer et prendre place dans les jarnb^ et sous les pieds des chevaux confiés k la garde de demi pelotons d'artillerie et de chasseurs d'Afrique. Le priac Koung, assisté de Hang-ki et de plusieurs hauts fonction naires, s'est approché jusque sous le péristyle au-deT8.i du baron Gros et du général en chef.

« Après échange de salutations selon les rites européeiB ' notre ambassadeur est allé prendre place a la table tf3 gauche et le général s'est assis près de lui, tandis que ^ plénipotentiaire chinois s'installait k la table de droi^ A la suite, tout le personnel des états-majors et les oft ciers sans troupe se sont massés dans l'espace qui le*-

avait été réservé ; quelques-uns, les premiers, trouvant place dans les fauteuils disposés sur une seule ligne auprès des tables. En face, dans le compartiment de droite, se tenaient réunis, graves et compassés comme il convient à tous Chinois sachant les lois de rétiquette, une centaine au moins de mandarins, le plus grand nombre appartenant a la classe élevée, ainsi qu'on en pouvait juger par les boutons rouges des deux premiers grades et les boutons bleus des deux seconds, qui surmontaient les bonnets.

« Ceux principalement qui occupaient des sièges en avant du groupe étaient, dit-on, de hauts dignitaires, magnifiques vieillards a longues moustaches grises, blancs de visage, et de physionomie très-douce. La tenue n'était pas celle des plus grandes cérémonies. Tous étaient uniformément vêtus d'une longue robe de soie bleu foncé doublée de fourrure et ornée sur la poitrine et sur le dos d'une plaquç carrée, sorte de blason richement brodé en or et en soie dans l'étofife de la robe et dont le sujet de la broderie indique, ainsi que la couleur du bouton ou globule, le degré du grade.

« Dès le début de la séance, le prince fit remarquer à l'ambassadeur que, dans les mandarins présents, aucun ^'appartenait a la noblesse militaire. En, efifet, sur les plastrons aux couleurs étincelantes on voyait des cigo- ^es, des faisans, des paons, des perdrix ou des cailles, *ous insignes de grades mandariniques civils. Tandis que ^^s licornes, les lions, les léopards, les ours, les rhinocé- ''osoules chevaux marins, attributs des guerriers, ne se ''encontraient sur aucune poitrine.

« Le prince Koung, lui, portait une robe semblable à ^Glle des autres mandarins, a cette exception près, que le blason de forme ronde représentait les trois dragons à ^inq grififes, signe caractéristique d'une origine impériale, ^ur les épaules figurait la même broderie. Sa coiffure ^tait aussi celle des mandarins : espèce de calotte garnie

«s LA CHINE ET LES PUJSSAÎîCES CïmÉTTENÎŒS,

d'une bordure circulaire en velours, retroussée en (ùrm^f de vasque autour de la tète. Ce bonnet était surmonî^i d'un bouton de fantaisie en soie ronge. Son pantalon, en soiegrîseécrue» était contenu, aux extrémités, dans des bottes de satîn noir montant jusqu'au-dessous des ge^ nous*

tf II a^ait au eoo un long collier fait de boules û'^mbrc gris. Tous les dignitaires chinois portent, dans le^ cèr^ monies d'apparatT un de et^s colliers ou chapelcU it^ eendant jusqu'à la ceinture, et dont quelques-uns sont d'iiue grande richesse : jade vert transparent, lapis-iazuli, malachite^ et souvent mt^me perles unes. Le nombre des grains, alternés de dix en dix par un grain plus fort et d'une pierre de nature différente, est déterminé et n'excède ordinairejwenL point le chiffre de 108.

t£ La physionomie du prince est intelligente. Il estd'one extrême jeunesse, vingt-deux ans k peine. Son aire>1 souverainement aristoeratique, Uœi! noir, profonde 1»*" gère ment bridé, s'abrite sous d'épais sourcils et a parfois de vifs éclairs. Le nez estlong^ un peu busqué, coïiim^? chez presque tous les Tar tares. La bouche, sans ètr? grande, est épaisse, sensuelle. Tout renscmblc destraiï^^ lorsqu'ils sont animés^ révèle la finesse et la distinflio^* mais lorsque le jeune prince oublie un instant de s'ol>server, on surprend sur son visage les traces *l"fliie grande fatigue, déterminée sans doute par Texcès à\^ jouissances de la vif^ chinoise.

« L'opium, assurément, ne doit pas être étranger à la prostration des muscles de la face et à ralonie à\\ regard, si communes partout l'empire , surtout cbw les gens appartenant aux classes élevées. Les inain^ sont admirables, de la forme la plus élégante et l^ plus pure, et d'une blancheur si exagérée, qu'elle f^ rait douter de la présence du sang sous le tissu. Au reste, cette perfection est particulière à presque toute la race, el il est rare de rencontrer un Chinois aux extrémités po^'

sières. Les pieds et les Aiains, chez eux, sont toujours d'une beauté et d'une exiguïté remarquables.

« Durant toute la cérémonie qui a consisté à examiner départ et d'autres de longs grimoires, que les deux attachés des deux nations portaient d'une table à l'autre sous les yeux des plénipotentiaires, le prince Koung a peu souri. Son allure même trahissait d'abord une légère inquiétude et une contrainte pénible ; mais peu a peu il a retrouvé une contenance, et à la fin il paraissait être parfaitement rassuré. Il a eu pourtant quelques regards assez profondément haineux dirigés contre l'abbé Delàmarre qui, mis k la disposition de notre ambassadeur, remplissait auprès de lui les fonctions d'interprète. Quelques minutes avant le moment solennel, on a servi lethé, concession faite aux coutumes chinoises. Les ambassadeurs ont bu o/fîciellement, se regardant l'un l'autre du coin de l'œil. Puis, à la suite de quelques pourparlers encore, les traités ont été échangés : le nôtre sur très-beau parchemin, celui des Chinois gravé sur des plaques d'or. Le baron Gros a pfifert en même temps une série de fort belles photographies. En une seconde, elles ont attiré autour de la table du prince un encombrement de tous les mandarins qui, oubliant un peu la dignité de leur rôle, se poussaient et se grimpaient sur les épaules les uns des autres, comme des enfants k un feu d'artifice, l^ans la cour, les agents de police avaient toutes les peines Paginables à contenir a grands coups de fouet la curiosité de la foule.

« Lorsqu'on s'est séparé, le prince Koung et tous les ^auts fonctionnaires, si graves jusque-la, étaient souriants» 't leurs physionomies témoignaient de la satisfaction la i^lus vive. Pour nos nouveaux alliés, qui sont formalistes ^l'excès, rien n'était encore terminé ni certain, tant que es parchemins d'une part, et les plaques d'or de l'autre, bayaient pas été échangés.

« Cette consécration de si haute importance venait en-

Srr» LA GHQ(E ET LES PUISSANCES CHRËTIENNES.

fin de s'accomplir. Ils n'en étaient arrivés là, il est vrai^ qu'en sacrifiant quelques-unes de leurs chères coutumes^ il leur avait fallu subir de graves irrégularités daiL% i exécution du cérémonial prescrit par leur fameux eode de l'étiquette. Il n'avait été question ni des trois' âge» nouillements ni des trois prosternements. Mais soamié toute, et en dépit de l'observation de quelques vleift rites, la paix était faite et bien faite, je crois, si .l'on es juge par la joie avec laquelle ils semblaient en accueillir la manifestation sacramentelle.

«Le prince Koung, en serrant affectueusement et tout à fait à la française les mains de notre ambassadeur, luit demandé la permission de venir le visiter en ami, ce qui, bien enteçdu, a été accordé sans réserves.

« Sortis du palais des Rites , nous nous sommes «lois débandés, et chacun, obéissant au caprice de son cbevalt a visité la grande métropole. »

Par un article additionnel, lord Elgin obtint la cession à la Grande-Bretagne d'un terrain dans l'île de Kouloun, tout près et en face de Hong-kong. Ce terrain était déjà en possession des Anglais, le vice-roi de Canton lo -leur ayant loué pour toujours. Il mesure environ 2 ou 3 milles carrés.

Pendant les jours que les alliés furent maîtres de Pékin, on n'observa sur les visages aucun autre sentiment que celui de la curiosité. Les officiers firent mettre une corde k quelques douzaines de mètres de la porte Anting, comme limite d'où les soldats ne pouvaient passer dans la ville. Un grand nombre d'indigènes venaientdans cet espace, et offraient en vente, aux Européens, toute espèce d'objets; la plupart n'étaient que des curieux.

Quelques officiers d'artillerie, voulant faire porter au camp allié, à une certaine distance des remparts, plusieurs canons que les mandarins militaires avaient abandonnés, il leur vint ^ l'esprit, pour s'amuser peut-être, ^^^

prendre un nombre de ces curieux et de leur faire traîner les canons. Ils ne s'en fâchèrent pas; au contraire, ils gémirent à Toeuvre de bonne volonté et en riant. Le traité de Tien-tsin et la convention de Pékin ayant été publiés par le prince Koung, les troupes françaises juittèrent Pékin le V novembre. Les Anglais durent ester pour attendre l'arrivée de M. Bruce, que lord iJgin présenta au prince Koung le 8 du même mois. Le indemain tous les alliés partaient de Pékin , où il ne îsla qu'un employé de la légation anglaise pour prépaîr une demeure convenable au ministre résident, . Bruce, qui devait revenir à la capitale vers le prin-imps. En attendant, il resta à Tien-tsin, aussi bien que .Bourboulon, avec 3,000 hommes.

Le 14 novembre, un traité fut signé par le prince oung et l'ambassadeur russe , général Ignatieflf. Par ette convention, la Russie obtint l'établissement d'un onsulat à Kou-lon (entre Kiakta et Pékin), et la cession u littoral entre les embouchures de l'Amour et du Touîen : territoire long de 900 milles environ et de 150 à OOde large. Les sujets russes peuvent aller partout en hine avec des passe-ports, mais ils ne peuventdépasser ■ nombre de deux cents dans un même lieu. A la fin de 1860, quand Pékin avait déjà été pris par 8 Anglo-Français, et que Chang-hai était occupé par eux, gouverneur chinois de cette ville eut la hardiesse -ssayer la plus ouverte infraction des traités. L'opium, débarquant, doit payer selon le tarif annexé au traité Tien-tsin, ratifié a Pékin, 30 dollars par caisse, gouverneur voulut qu'il payât, au moment de passer X mains des négociants indigènes, une somme égale plus. Il établit aussi le droit d'un tael (7 francs) par intal sur d'autres marchandises.

?o\iT réaliser cette exaction, il nomma un comité •unsou) composé de trois personnes, chargé de le perceir, Ondéfendit aux commerçants indigènes d'acheter des

articles chez les négociants étrangers établis' à terre, û leur enjoignit d'aller a bord des vaisseaux, accompagn d'un employé du kounsou, qui devait mettre son m6i sur les ballots achetés.

Les compradbres des maisons étrangères reçurent ronlii de fournir 'au gouverneur une note de tout Topium qw leurs maîtres vendraient chaque jour, et une note ma des existences en magasin. Une récompense pécuniiiré leur était promise pour ce service, et on les mentçiil eux et leurs familles s*ils n'obéissaient pas à cet ordre. Le kounsou mit des gardes pour épier les maisons ta négociants étrangers. Un Chinois qui sortait d*unedec8i maisons avec quelques caisses d'opium qu'il a^ait adietéesfut arrêté par les gardes, mais il se défendit lui et ses caisses, et parvint à les porter jusque chez lui. Le ton demain la police s'empara de cet homme et de toatî»^ gent qu'elle trouva dans sa demeure.

Le consul anglais prostesta sur-le-champ, et le gouYcrneur décida la dissolution du kounsou, ou du moins son éloignement de Chang-haï.

Quand on considère que cette ville était sous l'occupttion des Anglais et des Français par suite d'une pétition des mandarins qui ne pouvaient la défendre contre l«s rebelles, et que Tien-tsin, le port de Pékin, était aussi encore occupé par les alliés, on est vraiment étonné de l'insolente audace de ces autorités chinoises. Il fautqu'elle* se soient trouvées dans une grande détresse de fonds pour se livrer à- de telles tentatives.

Un décret impérial du 14 décembre 1860 a institué uo« surintendance des relations commerciales avec toutes l^ nations étrangères^ composée d'un président, de trois chefs de bureau et de huit sous-chefs. Un sceau a été crée pour ce ministère. Le prince Koung, frère puîné de X^^ pereur, a été nommé président, et parmi les chefe^* bureau se trouve Kouei-liang, jadis vice-roi de la p'*^

vioce de Pichi-li et commissaire impérial qui signa la piix à Tien-tsia en 4868.

Les journaux anglais et tous les résidents européens !fi Chine ont annoncé que l'empereur s'était enfin déidé à instituer «n ministère des affaires étrangères à iiDÎtation de ceux des pays chrétiens, La vérité est qu'on

désiré trouver un moyen de sauver la dignité de Sa fdQestè céleste par rap^port à la question des audiences Ides prostemements. Il y avait eu jusqu'ici un commisaire impérial à Canton ou à Chang-haï : e\\ bien I l'emerear en a créé un dont la résidence est à Pékin ; et pour eqipUr cette charge il a nommé son propre frère. Main- Bnant on dira aux envoyés des souverains chrétiens : « Si •tts avez à traiter d'affaires , adressez-vous au princo Lottng, qui est spécialement chargé de s'entendre avec 'ous; quant k l'empereur, il serait parfaitement inutile ie le voir, » Lsl surintendance^ donc, qui vient d'être créée ist plus qu'un ministère des affaires étrangères; les chefs le bureau eux-mètnes ont le rang de ministres de la îwironne.

Qu'on n'oublie pas, cependant, qu'il est naturellement ^ns l'esprit des Mandchoux de revenir, autant qu'ils le bavent, sur les concessions laites par la force* Ainsi , si ^ les laissait agir à leur manière, bientôt il serait difti- ^le ou impossible de voir le prince Koung, et puis il en 'dvieodrait de même pour les chefs de bureau. Nous tvons l'exemple de ce qui a eu lieu pour le commissaire Dïpérial résidant à Canton : des envoyés des gouverne- '^Cûts chrétiens ont passé quelquefois plusieurs années *ns pouvoir parler avec lui, et il y en a eu même qui <>Dt arrivés en Chine et sont repartis sans en avoir ob- ^ûu une seule audience,

U est utile de signaler un autre fait qui est peut-être ^us important que la création de la surintendance des ^ktions commerciales^ et qui marque un progrès plus ^tif vers l'entente cordiale que nous désirons voir éla-

«r> LA CHINE ET tJK» TCISSAUCES CBRÉTIENIIBS. .

Mie entre les gouvernemeikis. chrètiéiis et éftinois < prince Koung, en sa qualité de viee^roi peur la géra des aflaire» commerciales ^ a nommé (21 janviar il If. Lay (aneien consul britaBnique) inspecleor gènèrd douanes de tous les ports ouverts au commerce 6tnB| avec Fautorisation de renvoyer des employés on i leceYoîr de nouveaux, et de leur assigna des ftppoii mente' 'selon qu'il le jugera convenable et ymte. H. ] reçut -avec son brevet une mvitation pour s6 nmAi Pékin.

 la fin de Janvier 1864, 4^800 hommes de TespèdM anglaise; dont dOO cavaliers avec leurs chevaux et| de 3,500 domestiques indiens eu chinois, dirent eal qués k Hong4(ong à bord de quarante-*huit tnoispMti firent voile pour TAngleterre etrinde.

M. Bourbonien se rendit k Pékin le 25 mars, et il j|S ngea immédiatement vers La cathédrale catlu^iqueoi Te Deum fut chanté» Le même jour au soir, il f0fm visite de Koueî--)iang. Le 26, une audience lui fut i née par le prince Koung. Tous les Européens présen Pékin offrirent, le 27, leurs hommages au représeni de la France,

Les mêmes cérémonies h peu près eurent lieu p M. F. Bruce, ministre plénipotentiaire de la Grande I tagne.

La guerre est donc heureusement finie, et ks gom nements anglais et ârançaî» doivent s*en féliciter. Tempereur Bren-foung n'avait pas été infirme on q eût fait preuve de plus d^énergie, la lutte aurait pu < prolongée pendant quelques semaines de plus. Ob souvient que les généraux anglais et français déclarai indispensable la retraite des troupes après le 1*' novi brë; â. cause de la gelée du fleuve Peï-ho. L*armée allié serait donc vue forcée d'abandonner Pékin, et elle n'y rait pu retourner que vers le milieu de mars. Pend ces quatre mois les Chinois auraient reçu des renforli

TROISIÈME GUERUE. S75

la Tartarie et d'autres parties de Tenipire, ils auraient détruit les ponts et multiplié leurs défenses. Dès lors la petite armée européenne qui se trouvait à Ta-kou ne suffisait plus pour attaquer Pékin, et il eût fallu attendre des renforts d'Europe.

Siles Anglo-Français restaient a Pékin au nombre de 10,000 hommes pendant quatre mois, sans communication avec Tescàdre, n'en pouvant recevoir ni vivres ni munitions, ils couraient une bien dangereuse aventure : aussi les généraux ne voulaient point s'y exposer.

Heureusement pour les intérêts clirétiens l'empereur Hien-foung fut obligé, a cause de ses infirmités, d'abandonner sa capitale; les hauts mandarins, l'armée et 1c peuple en furent démoralisés ; les portes de la fameuse Pékin s'ouvrirent aux étrangers sans qu'il fût tiré pour la défendre un seul coup de canon!

Je termine ce chapitre par une observation qu'il m'est doux de feire. Dans ces guerres avec les Chinois, que j'ai rapidement relatées, le principe a été adopté, pour la première fois, de respecter la marine marchande : seuls, les vaisseaux impériaux ont été attaqués. Ce système humain et habile a conquis aux alliés le bon vouloir des populations, tandis que les prises sur mer auraient soulevé les haines et provoqué les vengeances.

Pourquoi n'agirait-on pas toujours de même? Quand "ne armée ennemie entre dans un pays, elle attaque seulement les troupes ou les hommes armés qui lui font résistance, elle conguiert peut-être l'État, mais elle ne dépouille pas les particuliers de leurs propriétés. Quelle faison y a-t-il donc pour qu'il en soit autrement sur njor?

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