‹ La Chine et les puissances chrétiennes (volume 2)Chapitre 35 sur 59 · II · texte numérisé non relu

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Sii LÀ Cmm ET USS raiS&AlICESiGMtTIEMBS.

seetes chrètieHnes, le catholieisme serait degtîn k < terribles dangers.

Les missionnaires protestants ne pouvaient/ avant IM pénétrer daos Tintérieur du pays, parce qu'ils u'avciè pas comme les catholiques des coreHgionnaîres pourl cacher : ils ont demeuré jusqu^à présent dans les portii la côte, où ils se sont occupés k faire imprimer'! Chinois des grammaires, des dictionnaires et des extni de là Bible [tracts) ; en outre, ils y ont entretenu d écoles et des hôpitaux.

 r.époque où je résidais à Ning-po, le missionnal aipéricajn D'.Mac Gartee, un des hommes les plusagfiî b^s que j>ie connus, ouvrit dans cette ville un hAjpili PQi^r cela .11 loua un grand local faisant partie dPoi vaste pagode. Gomme il soignait les malades gralofï ment, il commença a en venir chaque jour parceolaiîfe Mais il va sans dire que les médicaments n'étala qu*un appât pour attirer du monde et distribuer II extraits. Or, comme l'excellent D' Mac Gartee ne pouva h lui seul suffire à tout, il fut obligé de recourir à Tobl gcance des bonzes bouddhistes de la pagode, lesquels 1 secondaient très-activement, veillant surtout à ce qu'au cun Chinois ne se retirât sans sa Bible ou son tract, h fus plus d'une fois témoin de cette distribution de Billes, faite avec beaucoup de gravité par des prêtres bonédhisles, et je ne pus m'empêcher de faire des réfleiiosi que le lecteur comprendra aisément.

« Le révérend W. Muirhead, de la société des niissioonaires de Londres, à Chang-hai, entreprit la préparatio» d'un traité sur la géographie. Deux volumes furent f^ bliés de 1853 à 1854; le premier, sur la géographie poKtique et descriptive ; le second, sur la géographie physi^ et mathématique ; tous deux étaient illustrés de carte* ^ de planches et supérieurement imprimés parles prew^

de la Mission de Londres, avec les types métalliques de M. Dyer. »

« Le second volume, sur la géographie physique, contient trois sections : la première traite de la géologie, de la composition des roches avec leurs séries et leurs fossiles, des veines métalliques, et donne un aperçu général de la science, le contour de la terre, les continents, los îles, les montagnes, les vallées, les volcans, les tremblements de terre, etc. Hydrographie : eau, sources, rivières, lacs, océans, marées, courants, etc. Météorologie : atmosphère, vents, nuages, brouillards, pluie, neige, grésil, rosée, température, climat, phénomènes électriques et magnétiques. Lumière : nature de la lumière, de la couleur, de l'arc-en-ciel, du halo, des brouillards secs, des feux follets. Botanique : plantes, croissance, nourrtture, dasses, âge des arbres, formes de la végétation, végétation marine. Zoologie : arrangement, distribution des espèces, insectes, poissons, reptiles, oiseaux, mammifères, etc. La seconde partie du volume ou Section mathématique : forme sphérique de la terre, grosseur de la terre, espaces, forces de l'univers, mouvements des planètes, système solaire, jour et nuit, saisons, temps, zones et climats, latitude et longitude, cartes, etc. La troisième partie du volume ou Section historique expose la géogra phie des anciens, celle du moyen âge et celle des temps Diodernes. La distribution de l'ouvrage ressemble beaucoup au plan de la Géographie physique de madame So- «ûerville, avec des additions tirées des ouvrages du révérend!. Milneretde M. Hugo Reid

« Ces volumes ont été répandus fort au loin, et l'on a fait des demandes de toutes parts et venant de gens de tout rang. Les mandarins ont fréquemment demandé ^n'on leur en envoyât des exemplaires, et au Japon le "▼re est aussi bien connu et très-apprécié. Les marchands ^Wnois venant de ce pays ont souvent été voir M. Muirhead , tni faisant connaître qu'ils avaient reçu des commissions

particulières de la part des autorités japonaises pour en rapporter a leur retour autant d'exemplaires qu'ils pourraient s'en procurer.

« En 1856, M. Muirhead a également publié une traduction de VHistoire d'Angleterre^ par le révérend T. Milner ^

« On y trouve, en appendice, un chapitre sur la constitution et les ressources de Tempire britannique, extrait de \ Instruction pour le peuple^ de Chambers

a L'ouvrage a obtenu une circulation considérable, et de même que le Traité de géographiey il a été avidement recherché et porté dans les différentes parties de l'empire.

(( De& revues chinoises ont été publiées à diverses époques ; une a Hong-kong, éditée par le Rév. docteur Legge et par MM. W. H. Medhurst jeune, et Charles Hillier; et une autre a Chang-hai, par M. A. Wylie. Ces publications ont été utiles pour instruire les Chinois sur différentes branches de connaissances et sur les questions politiques, bien que celles-ci ne touchassent en rien aux affaires de leur gouvernement. Ces livres se publiaient périodiquement, et ils étaient très-recherchés et achetés par le peuple.

« En 1854, M. Alexandre Wylie, surveillant de l'iniprimerie de la Mission de Londres, a public un petit précii. d'arithmétique

« L'aptitude des Chinois a traiter des vérités mathéma tiques est évidente d'après le nombre des ouvrages publiés^^ sur ce sujet par des auteurs indigènes. Ces ouvrages pla cent tout de suite dans une position très favorabi o l'étranger qui désire s'assurer de l'état actuel de la scienro en Chine, iltrouve la toute prête sous sa main une nomenclature technique bien comprise, dont l'absence dans quelques autres branches des connaissances n'a pas laissé (|ne d'être un obstacle sérieux pour ceux qui ool

souhaité donner une place a ces connaissances dans la littérature de leur pays

a Les diverses règles élémentaires de ces livres ont été adoptées dans Touvrage de M. Wylie, de manière à préparer l'élève à l'étude des branches supérieures de la science européenne

« En 1857, M. Wylie a encore publié une traduction d'Euclide, depuis le septième jusqu'au quinzième livre. Les six premiers livres avaient été donnés, en l'année 1608, par Mat Ricci , qui avait été aidé par un indigène converti par lui, Seu-kouong-ke ( appelé Paul Seu ouïe

Père Paul). .

Ce livre a obtenu une plus grande célébrité qu'aucun

autre publié par les Européens en Chine

Sept éditions ont été imprimées, sans compter un grand nombre d'exemplaires copiés à la main par ceux qui ne pouvaient se procurer le livre ou qui n'avaient pas les moyens de l'acheter

« La traduction actuelle des neuf derniers livres d'Euclide a été entreprise d'après le désir ardent d'un lettré indigène, Li-shen-lan, qui a aidé matériellement a ladite traduction, et qui a disposé l'ouvrage sous sa présente forme. Ses capacités éminentes pour une telle tâche furent un encouragement k poursuivre l'œuvre

« Le premier brouillon était a peine plus d'à moitié ^rminé, quand Hang-ying-pi, kou-jin (maître es arts) de ^^ng-Kiang, demanda la permission de publier l'ouvrage * Ses frais. En conséquence le manuscrit terminé lui fut ^^nfié, et il le fit imprimer avec grand soin (*)

(*") Ces assertions ne s'accordent pas avec les lignes suivantes ^*Une lettre de M. d'Escayrac deLauture : «Les Chinois sont loin ^^tre malhémaUcicns; leur esprit paraît même se refuser à sai- ^^'t* les abstractions d'un ordre un peu élevé, et l'on peut dire que algèbre est de toutes les sciences celle quMIs peuvent le moins ^ï^tcndre. »

^' LA Cfffiï Et LES PUlâSAÎteES CHIffitieiAte.

' « Cet ouvrage fut suivi, en i859, de la tradactto M. Wylie de la « Géométrie algébrique ou analytiq du calcul différentiel et intégral deLoomis. »... «

« La promptitude avec laquelle les Chinois ont i les éléments de géométrie d*Euclide, le calcul par rithmes et d*antres nouveautés dimportation europ^ ne saurait être oubliée. Un esprit' de recherche se r parmi les Chinois, et une classe considérable d'èfo reçoit avec avidité rinstruction sur des sujets si flques venant de FOccident. De simples essais supef et dès résumés populaires sont loin de suffire k i indigènes désireux d'apprendre." . . .* . . , . , , ' « Lé livre [Géométrie de Loomis) est un beau men d'impression a la manière chinoise, avec des de bois ; les figures et les illustrations sont d'an ' eicellent.

« Le Rév. Â. Williamson, de la société des Mission! de Londres, a publié, en 1858, un excellent petit sur les Eléments de botanique, qui explique la stru la physiologie, les habitudes et le caractère génér plantes, leur mode de floraison, la production graine, et aussi le système de classification du règi gétal. Le livre est admirablement illustré , et, qi concis, fournit un enseignem(yit précieux; il sen utile pour initier les Chinois a la connaissance de science. Les Japonais, a ce qu'il paraît, ayant re^ exemplaires de cet ouvrage et dos autres ci-dessus mèes, les ont traduits dans la langue du Japon, ont publiés comme étant leurs propres productions

« De 1859 à 1860, les Éléments Gastronomie de sii Ilerschel ont été publiés en chinois par M. Wylie, ei série de volumes admirablement imprimés et on figures

« En 1849, le docteur Hobson écrivit un traité a de la science astronomique, auquel il a été déjl allusion.

DES MISSIONS CHRETlËiNNËS EN CULNE. Tiiô

R Cet ouvrage, qui est une traduction deTùdition aug* menlée des Esquisses d'astronomie d'Ilerscliel, est l'exposé le plus complet de cette science, au point où elle est aujourd'hui en Europe, qui ait été jusqu'ici présenté aux Chinois (*). »

Le missionnaire des Etats-Unis, le révérend M. Macgowan, a publié aussi, à Ningpo, une série de brochures en langue chinoise sur des sujets scientifiques.

Je pense que les missionnaires, tant catholiques que protestants, auraient fait un grand bien et gagné beaucoup plus de terrain, s'ils se fussent toujours occupés de publier en chinois des livres illustrés, présentant un «posé de l'histoire ancienne et moderne, de la géographie, de la statistique, de la constitution, des usages des peuples chrétiens, enfin de nos sciences et de notre civilisation.

Un journal en langue chinoise, qui, outre les nouvelles étrangères, donnerait les nouvelles du pays et tout ce qui serait de nature a intéresser les habitants de Tempii^t produirait probablement d'excellents résultats, d'&utant plus que la langue écrite étant la môme dans toutes les provinces, le nombre des abonnés pourrait ctre immense.

Les missionnaires catholiques entretiennent depuis tongtemps dans l'intérieur de la Chine des séminaires ^ù Ion élève des jeunes gens indigènes. Mais, dans <^es écoles, quelles connaissances les élèves acquiè- •'6nt-ils qui puissent leur être utiles pour devenir des uoniiiics instruits et pour avancer la civilisation parmi *^urs concitoyens ? Le lecteur aura de la peine à le croire : ce que ces pauvres Chinois apprennent à force ^années, c'est.... le latin! L'Europe n'a donc rien

^* I Tht mcdkal mùsionanj in China, par M. Lo-kurt.

Sti LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRETIENNES.

de mieux k enseigner à la Chine ! En vérité, c est pitoyable. Encore si nos livres sacrés avaient étéoriginairemcnl écrits en latin, il y aurait une raison ; mais puisqulls Ir farenl en hébreu et en grec, et que la Vulgaie n'rst pas autre chose qu'une traduction, d'où a pu venir Tidée d'abétir les Chinois, déjà si ignorants, par Tétudc du latin * ! Si Ton veut qu'ils apprennent une langue, ne vaudrait-iJ pas mieux choisir le français, qui serait pour eux plus facile et leur ouvrirait la porte de toutes les sciences de l'Europe?

Car il y aura une immense difficulté à enseigner et Chine nos sciences dans la langue du pays. On sera fore* pour cela, ou bien d'inventer, pour les nomenclatures des milliers de caractères que personne ne comprendra ou bien d'introduire lelément purement phonétique, c alors on pourrait adopter la nomenclature latine, peu! être même la française.

Ce second moyen est le plus aisé. J'ai appris à un Chi nois notre alphabet : il le sut parfaitement on deux on trois jours; je lui écrivais avec nos lettres des mots H des phrases de sa langue qu'il lisait et comprenait a l'instant. Cela l'intéressait beaucoup, et il était dans l'admin»tion en voyant combien notre système d'écriture est ingénieux et facile. Toutefois nos lettres ne sont pas farilo^ à intercaler parmi les caractères chinois; il faudrait in adopter d'autres qui se lussent comnio le chinois verticalement, de haut en bas. L'alphabet tartare-mandchoii avec quelques compléments, serait celui qui conviendrai! le mieux.

"; Voy'2 la rioto A, à la fin de ce >oIu:nc,

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