‹ La Chine et les puissances chrétiennes (volume 2)Chapitre 58 sur 59 · II. S · texte numérisé non relu

II. S

4Gt LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.

pour toute leur vie dans un trou creusé en terre» sans avoir d'autres aliments que ceux qui leur sont portés par les dévots. Us lèvent le bras tout droit et l'attachent à un long bâton afin de le maintenir dans cette position, malgré le tourment qu'elle cause ; après quelques mois ils ne souffrent plus, leâ nerfs sont paralysés, et il ne leur est plus possible de baisser le bras. Ils ferment le poing étroitement pour toujours; les ongles en croissant percent la paume de la main, leur cauAnt pendant des mois ' entiers une horrible inflammation, jusqu'à ce qu'ils sortent par-dessus la main, qui reste ainsi comme clouée et ne peut plus s'ouvrir.

J'ai vu plusieurs de ces fanatiques estropiés, réunis sous les arcs qui entourent, au principal temple indou de Bénarès, la cour où se trouve la vache qu'ils adorent comme un dieu. Celle que j'y ai vue était une jolie petite vache blanche ; elle ne mangeait que des fleurs. A une de leurs grandes fêtes annuelles, qui dure trois jours, ils font toutes sortes de folies barbares. Les uns se percent la langue avec un couteau et sont ainsi obligés de la tenir hors de la bouche; les autres s'enfoncent aux deux côtés de la ceinture deux fers pointus soutenant un autre fer large, qui passe devant le ventre et contient du feu; le sang coule des blessures et tache les pantalons. C'est à qui inventera une nouvelle pénitence. Ces saints se promènent par douzaines dans les rues. Chacun est accompagné d'un cortège volontaire de musiciens et de danseurs qui forment une espèce de procession. Il y en a qui se font suspendre de la manière suivante :

On plante fortement en terre une poutre verticale, et sur le sommet on place un long bambou qui tourne comme sur un pivot. J'indique ce bambou dans la figure ci-contre par la ligne A B. Au bout A se trouve un crochet en fer; on passe ce crochet à travers la chair de l'épaule d'un saint, et il reste ainsi suspendu; la peau de l'épaule et la partie de la chair qui est prise par le cro-

chet prêtent beaucoup par suite du poids de l'homme; la

forme que prend l'épaule, à cause de cette élasticité de la peau, est visible de très-loin. Au bout B il y a une corde qui descend jusqu'à terre. Des jeunes gens s'en emparent, et courent, aussi vite qu'ils le peuvent, autour de la poutre. Aussitôt le bambou A B commence k suivre le mouvement circulaire avec l'homme suspendu au bout A. Celui-ci tient dans ses mains une corbeille ou un petit sac contenant des boules de la grosseur d'une noix, faites avec du riz et quelques autres ingrédiens formant une espèce de gâteau. Il va sans dire qu'autour de cet appareil de supplice se trouve une foule immense. Le héros de la fête, l'homme accroché par l'épaule ensanglantée au bout du bambou, tout en décrivant de rapides cercles en l'air, jette de temps a autre un de ces gâteaux sacrés. Alors les assistants de crier, et de se culbuter pour recueillir la relique du saint. Quand l'un de ces fanatiques n'en peut plus, ou qu'il n'a plus de gâteaux, on laisse incliner vers la terre le bout A du bambou, on décroche l'homme, et on en accroche un nouveau.

A Calcutta, pendant cette même fête annuelle, on élève un grand nombre de ces poutres, qui deviennent autant de spectacles, comme si c'étaient des mâts de cocagne. Le hasard fit qu'on en mit une juste devant la pq^te de la maison que j'habitais. Le premier jour je me mettais par moments à la croisée pour regarder cette féroce absurdité ; puis j'en pris du dégoût, tant c'était monotone et répugnant, et je finis par m'absenter pour fuir Fin-

m LA CHINE ET I£S PUISSAKCfiS CBRËTIENNES.

cessant vacarme de la foirle. Maïs tout ceci est encore de ramusement; il y a dès malheureux qui s'immolent ï leurs dieux de plusieurs manières : les uns entrent dam la rivière'sacrée, le Gange, iivec deux cruches attachées à leur cou, Tune devant, Vautre derrière; ils disent leurs prières, et puis avec la main ils remplissent peu à pea les cruches j usqu'à ce qu'ils s'enfoncent et se noient ; d'autres vont s'étendre devant les roues du fameux char de Jagemaut, qui pèse plûsieun? centaines de tonneaux, et qui est traîné, au moyen de deux cordes interminables, par dés milliers de dévots; la roue, passant par-dessus la victime, l'écrase des pieds à la tête en un instant.

Les femmes se brûlent avec les cadavres de leurs maris. Depuis Tannée 1825, les Anglais ont défendu ces seMù; mais on assure que le suicide des veuves se perpétue à l'intérieur des maisons. Dans les pays où la Compare anglaise ne gouverne pas directement, l'usage He&.éeutii» est toujours très-bien suivi. Pendant que je me trouvais dans rinde il y en eut deux assez renommés. L'un fut celui qui eut lieu à la mort de Runjetsing, roideLahore; sur son bûcher, et au milieu, se plaça sa vieille veuve; elle était assise, ayant sur ses genoux la tète du cadavre; autour, formant cercle et assises les jambes croisées, étaient douze belles et jeunes esclaves de Cachemire. La cérémonie eut lieu au centre d'une place; les croisées des maisons se trouvaient pleines de curieux, et parmi eiix plusieurs Anglais munis de jumelles et de longuesvues. Ils assurèrent qu'aucune de ces femmes n'avait donné le moindre signe d'émotion.

Vers la même époque, mourut le raja de Travancorc; quatre-vingts femmes furent brûlées, Tune après l'autre; le bûcher dura trois jours.

Ce ce fut pourtant pas sans une longue hésitation qa^ les Anglais en vinrent à défendre, dans les territoires sous leur domination, cette horrible habitude. Bienqae le seutti ne soit pas un dogme de la croyance brabini-

nique, car il n'est qu'un usage pieux, les Anglais craignaient avec raison de froisser les préjugés religieux ; aussi cette question fut longtemps discutée et les indigènes s'en occupèrent beaucoup ; ils eurent des meetings pour faire opposition k cette mesure humanitaire, fondée en partie sur la supposi^on que les femmes étaient conduites par force au bûcher.

Pendant que ces discussions avaient lieu, il arriva ce qui suit. Deux Anglais marchaient sur une voie publique quand ils aperçurent, à quelque distance, un rassemblement; ils se dirigèrent vers ce lieu et ils trouvèrent que c'était un seutti : la curiosité les fit rester.

Il est de coutume parmi les Indous de se peindre un trait jaune du haut du frontjusqu'au commencement du nez. La veuve, avant de monter au bûcher, en fait le tour, la face vers le public, avec une tasse de peinture à la main, et de son doigt elle orne les nez des assistaBts, ce qui est considéré comme un honneur, et on garde cette peinture autant qu'on le peut. En faisant cette opération, cette veuve se trouva devant les deux Anglais, elle s'arrêta et leur dit avec une dignité calme : «Je suis contente que vous soyez venus ici, et que vous me voyiez ; ainsi vous pourrez aller raconter au gouverneur général si Ton m'a conduite au bûcher par la force. »

Souvent on enduit les vêtements de la victime de matières grasses pour qu'elle brûle vite, et c'est toujours le fils aîné qui met le feu au bûcher. J'ai connu très* particulièrement dans la haute Inde un riche indigène qui, à l'âge de sept ans, avait brûlé sa mère; et il sexappelait parfaitement toutes les circonstances. Ce quî m'étonnaitle plus, c'est que le souvenir de cette horreur ne lui causait aucune peine.

Il est arriV'é souvent que le condamné à mort est allé au supplice orné de fleurs, au son de la musique et accompagné de ses amis ; faisant l'holocauste de sa vie à quelque divinité de sa dévotion. Les Anglais ne permet-

tent plus maintenant ces manifestations de mépris pour la mort.

Ces traits de mœurs indiennes donnent une idée des difficultés que les Anglais pourront avoir a vaincre, si Tantagonisme, la haine de race et la violence deviennent Vétat normal de l'Inde. Il ^era d'abord nécessaire d'y maintenir une grande force européenne. L'envoi de troupes dans cette région sera très-dispendieux, et puis il faudra les renouveler souvent (*). Chaque soldat européen coûte plus que deux indigènes. Ce n'est pas tout: il est très-probable qu'on devra augmenter dorénavant les traitements des soldats, officiers et employés anglais pour les engager a aller dans l'Inde, ce pays n'étant plus, comme il a été jusqu'ici, la paisible terre promise pour

(*) « Triste spectacle que celui qu'une caserne de troupes eoropéennes dans Flnde présente au visiteur : ce ne sont que visages hâves et décolorés, yeux ternis par l'ennui et par la fièvre; pauvres gens, qui ne savent tromper les longues heures d'une Tie pleine d'oisiveté et de monotonie que parles plaisirs mortels de la bouteille d'eau-de-vie.

« Les maladies, en elîet^ déciment chaque année d'une manière terrible les rangs européens. On estime que sur 1^000 hommes il y en a toujours 129 à l'hôpital, et que tout soldat figure trois fois par an sur la liste des malades. Quant à la mortalité, qui est en Angleterre de 15 pour 1,000, elle est au Bengale de 7 pour lOO Heureux encore les régiments qui restent dans les limites de cette moyenne, car il en est d'autres qui voient se renouveler tout leur personnel en quelques années î Ainsi le 98* régiment, dont l'effectif au débarquement s'élevait à 718 hommes, ne comptait plus après huit ans de résidence que 109 hommes du personnel primitif. Quelque effrayant que soit ce chiffre, il ne saurait se comparer à celui de la mortalité parmi les enfants de troupe, dont les générations entières disparaissent, ne laissant après elles que de rares et chétifs survivants. »

{Les Anglais et l'Inde, par E. de Valhercn, consul général de France à Calcutta.)

les habitants de la Grande-Bretagne. Afin de pourvoir aux dépenses il faudra augmenter les impôts, que les sujets de l'Inde trouvent déjà trop lourds, car leur énormité est une de leurs plus grandes plaintes; et ce qui est pire, les Indiens ne seront plus gouvernés au moyen de soldats compatriotes, comme jusqu'à présent, mais au contraire par l'emploi de soldats anglais dont ils auront a subir souvent l'orgueil; les employés indigènes de quelque importance devront être destitués. Alors les Indiens sentiront chaque jour davantage qu'ils sont sous le joug étranger ; en un mot, il sera désormais indispensable de tenir l'Inde par la force.

J'ai dit, il y a quinze ans, aux mêmes ouvrage et chapitre que j'ai déjà cités, que, lorsque le moment arrivera de l'émancipation de l'Inde, le plus grand malheur qu'elle causera à la Grande-Bretagne sera dans les efforts que cette puissance voudra faire pour la conserver et les sommes que cette lutte lui coûtera (*)

Pour le bien des races de l'Indoustan elles-mêmes, il faut désirer que ce moment ne soit pas encore arrivé. Ott a commencé le réseau des ch^ins de fer dans cette vaste^ riche et vivante contrée ; s'arrêter dans cette voie de progrès pour retomber dans la multiplicité d'États divers, la guerre civile, le désordre et la barbarie, serait poiir les Indiens la plus grande des calamités.

(*) « El mayor y mas real dano ^ue la emancipacion acarrearia séria la lucha que el gobiemo querria probablemente sostenerpara conservar la colonia, por los gastos que traeria consigo, gastos que serian indudablemente la causa de un aumento de la deuda pùblica que tanto pesa ya sobre la Gran Brctana. »

{Informe sobro el estade de las islas Filipinas, Capitule Politiea esterior^ page 21. Madrid^ 1843.)

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€ (page 432).

^ SUE l'oppositioii db lord pauierstov ao canal DB tOBt.

Lord Palmerston, malgré les vingt meetings publics qm, en Angleterre, se sont prononcés en fayeur du canal de Suez, a déclaré en plein parlement que le godremement britannique s'est opposé depuis quinze ans à la construction de ce canal, et que sa politique irrévocable est de s'y opposer,. parce qu'il ne convient pas à ses intérêts. SU ne s'agit que des intérêts commerciaux» il serait ab* surde^d'imaginer qu'un travail aussi utile au monde eotier dût être paralysé k jamais parce qu'il pouirait porter préjudice à un seul pays. Aucune nation, toute-puissantê et despote qu'elle fût, n'oserait exiger du monde entier un pareil sacrifice; encore moins la Grande-Bretagne, qui se vante d'être a la tète dft progrès, et qui prêche sans cesse le libéralisme et le libre échange. Aussi je pense que lord Palmerston faisait plutôt allusion aux intérêts politiques. Les hommes d'État d'Angleterre craignent toujours que des expéditions étrangères puissent aller les inquiéter dans l'Inde. Ceci explique leur hostilité au canal, sans recourir à l'arrière-pensée qu'on leur prèle de vouloir, lorsque l'occasion se présentera, s'emparer de l'Egypte.

Quand lord Palmerston prononçait ses discours, les nouvelles de l'insurrection des cipayes n'étaient pas encore arrivées. Il était probablement tout imbu de l'idée qu'il n'y avait d'autres risques pour l'empire britannique dans l'Inde que ceux provenant des puissances européennes qui alors pourraient l'attaquer. S'il croyait que le canal mettait en danger l'Inde, son opposition était fondée.

L*n particulier, un peuple entier, peuvent être justes et même généreux, mais un ministre ou un ministère doit être égoïste, et veiller avant tout aux intérêts de la nation. A l'heure où nous sommes, les faits se sont chargés de prouver qu'il est très-possible que l'Angleterre perde l'Inde, non à cause de l'existence du canal, mais, au contraire, parce que le canal n'existe pas. L'Espagne possède dans l'Asie le magnifique archipel des Philippines, et se trouve, sous le rapport des dangers procédant du canal, dans la même position que la Grande-Bretagne. Eh bien î je puis affirmer que les hommes politiques espagnols n'ont jamais envisagé d'un mauvais œil la construction du canal; au contraire, ils voient seulement que nous aurons cette colonie plus rapprochée de trois mille lieues, et que par conséquent, dans un cas nécessaire, nous pourrions y porter un plus prompt secours.

Les discours de lord Palmerston embrassaient un autre point : c'était l'indépendance probable de l'Egypte dans l'avenir. C'est la même idée qui a déterminé le noble lord a montrer de l'opposition à l'union de la Moldavie et de la Valachie. Il suppose, sans doute, que les chrétiens moldo-valaques, placés entre la Turquie et la Russie, ayant toujours la'crainte d'être de nouveau absorbés par le Grand Seigneur, se jetteront dans les bras de l'Autocrate, et qu'en conséquence le petit État moldo-valaque deviendra, par le fait, une province russe. Ceci est exact et logique; mais le système tout entier de maintenir Vintégrité de V empire ottoman^ pour tenir en échec la Russie et l'empêcher 'de s'emparer des Dardanelles, est une vieillerie diplomatique qui commence à devenir ridicule. Il est évident que ce sont les soldats allemands, français et anglais, et non pas la Turquie décrépite, qui arrêtent l'envahissante Russie. La Porte Ottomane, laissée a ses propres ressources (avec les principautés ou sans les principautés, avec l'Egypte ou sans l'Egypte), serait une 11. n

porte que Tautocrate enfoncerait à toute heure d'un coup de sa botte.

Si l'on désire formefr une barrière solide contre la Russie du côté de l'Europe, il est nécessaire d'établir à la place de cette pauvre mourante Turquie, de cette Turquie qui n'existe que par la protection et les sacrifices des pays chrétiens de l'Occident, il est nécessaire, dis-je, d'établir une vraie puissance renfermant la force en ellemême : une puissance jeune, active, chrétienne, européenne, constitutionnelle ; il convient, il faut enfin rendre les Dardanelles aux Grecs. C'est le seul moyen d'en finir avec la question d'Orient, qui coûte déjà à l'Europe tant de sang et tant d'argent, et qui se renouvellera, d'une manière ou d'une autre, aussi longtemps que Constantinople existera entre des mains caduques et demi-barbares.

Ce n'est pas" d'aujourd'hui que j'ai conçu ces idées; je les exprimai déjà en 1835 quand je visitai ces régions, dans un voyage d'information politique et commerciale que j'exécutai dans tout l'Orient par ordre de mon gouvernement. J'en donne la preuve en copiant ici une dépêche que je lui adressai sur ce point spécial; elle fut publiée alors dans la gazette du gouvernement, à Madrid, et plus tard dans un petit recueil de dépêches mises par moi à la fin d'un volume de mélanges divers en vers et en prose (*). Je la recommande aux hommes d'État : peutêtre est-il encore temps de prendre en considération mon projet, qui pourrait épargner beaucoup de sang, et contribuera l'équilibre et à la paix du monde.

On coniia (1830) la confection du royaume hellénique à un congrès de plénipotentiaires. Pour la première fois la diplomatie fut chargée de la noble mission de constituer un peuple. C'était un grand progrès vers la civilisation* Malheureusement l'œuvre du congrès fut un avorton.

(') Pot-pourri litlérairet etc. Mudrid, 18 iO.

On fonda une nation de six cent mille Grecs pauvres et ignorants, ayant à soutenir un roi avec toutes les charges d'une cour et d'un gouvernement I Le résultat fut celui auquel on pouvait s'attendre. On dut d'abord procurer de l'argent au nouveau roi : la Russie, la France et l'Angleterre s'obligèrent a payer l'intérêt annuel de l'emprunt ; elles ont encore a le payer, et Dieu sait quand*elles se verront débarrassées de cette charge.

La diplomatie répondit alors bien mal h ce qu'on avait droit d'attendre d'elle ; c'est donc a la diplomatie a relever son honneur. Puisse-t-elle un jour réparer sa faute et faire de la Grèce Un vrai peuple digne de son histoire, qui, renaissant de ses cendres, devienne le mur capable de protéger l'Occidentcontré les irruptions du NprdI

J'ajoute un mot. Si Ton fondait un solide empire grec à Constantinople, et si l'on créait a Paris une diète universelle^ ou au moins une diète européenne^ afin de résoudre par la discussion les questions internationales, on ferait un grand pas pour arriver au véritable état de civilisation. Du reste, l'idée d'une assemblée européenne perma- Raente ne peut manquer d'être réalisée tôt ou tard. La Grèce ancienne a eu jadis son congrès d'amphiciyons. Pourquoi donc notre siècle ne pourrait-il s'élever au niveau de l'époque des Socrate et des Platon ?

COMMUKICAI^IOIII ADRESSÉE, EN 1859, DE CALCUTTA AU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A MADRID, SUR LE MEILLEUR AR- RANGEMENT A ADOPTER POUR LES AFFAIRES D'ORIENT.

« Monsieur le Ministre , « Quoique je me trouve dans l'Inde, maintenant que les destinées de l'Orient fixent l'attention de l'Europe, je crois devoir soumettre a .Votre Excellence quelques considérations basées sur la connaissance que j'ai acquise du "pays, par suite du voyage que j'y ai fait par ordre de Sa Majesté. Ces considérati ons seront nécessairement dans

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