‹ La Chine et les puissances chrétiennes (volume 3)Chapitre 51 sur 55 · II · texte numérisé non relu

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il-2 LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.

d'iun, entre autres choses, une des branches de renseignement des universités ; cela est encore arrivé pour le mot tyran^ que les anciens employaient, sans aucune intention de blâme, -pour désigner simplement un petit prince ou un roi ; enfin cela a eu lieu pour le mot barbare^ dont les Grecs se servaient pour exprimer seulement l'idée ^étranger. Nous pourrions former ainsi une longue liste qui démontrerait que l'étude des origines de la langue ne servirait dans bien des circonstances qu'à égarer et à mettre de la confusion dans les idées.

« On allègue aussi que ceux qui savent le latin et le grec ont le grand avantage de pouvoir lire dans leurs textes originaux les auteurs anciens. — Qu'ils puissent les lire, je le comprends ; mais ce que je ne comprends pas, c'est l'avantage que peut procurer cette lecture ; car les anciens n'ayant connu que les rudiments des mathématiques et de la cosmographie et l'art de composer des vers, il est évident que chez nous un écolier de dix a douze ans (si l'on ne lui fait pas perdre son temps à apprendre le latin) en sait plus que Cicéron et les sept sages de la Grèce.

a On répliquera néanmoins que Ton trouve dans les auteurs anciens les principes de la morale et de la philosophie, ceux de l'histoire, ceux de notre droit public. — A cela je réponds que nous avons, pour tous les bons classiques, d'excellentes traductions avec notes et commentaires, faites par des hommes spéciaux qui ont consacré leur vie à cette étude, et que ces traductions sont beaucoup plus utiles que les textes originaux, pour quiconque ne s'est pas proposé de devenir professeur de latin.

« On fait observer qu'il n'est pas possible de savourer dans des traductions les beautés des poètes. — Les véritables beautés de la poésie se trouvent dans les idées et non dans les mots, lesquels ne servent qu'à exprimer les idées; or les idées se traduisent fort bien, et je ne craindrais pas de soutenir, par exemple, qu'un Espagnol lira avec plus

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