II. a
.V>n LA CHINE ET LKS PUISSANCES CHRETIENNES.
Son porc fui gonvornoiir dune ville de Iroisiènie cla.s^i copendanl Confnciiis ne lut point élevé sous sa direetioi mais sous celle de sa mère, qui devint veuve à la fleur <\ son âge. Le jeune Confucius, parvenu a radolcseciic* obtint un emploi dans lequel il se distingua par son lalci et sa probité. lUentôt il fut nommé surintendant pour I direction delà campagne et des troupeaux. Sa réputalin allait croissant, quand il perdit tout a coup sa mère. Aloi se conformant a un ancien usage qui s'observe encore, se relira des affaires publiques, et porta durant trois ai un deuil rigoureux. Pendant ce temps il se livra avec a deur a l'étude de l'antiquité, et particulièrement à cul des livres appelés King ou classiques.
Le deuil terminé, les ministres de son pays voulurei le rappeler au service public, mais la science étant d« venue pour lui une passion, il s'y refusa, et se livra à àt voyages dans les différente royaumes dont se composa alors la Chine. Il cheminait sur un char traîne par u bœuf, et plusieurs disciples le suivaient a pied. Dai ces excursions il ne se bornait pas à apprendre toi ce qu'il pouvait, il prolitait encore de toutes les ceci sions qui se présentaient a lui pour donner de bons co) seils aux gouvernants dans l'intérêt du bonheur dt peuples. Par exemple, il demanda à un roi qui avait u oiseau en cage s'il ne îe mangerait pas cuit : « En ai cune manière)), dit celui-ci. Confucius lui fit observf qu'il mangeait bien journellement d'autres oiseaux, et roi lui répondit qu'il n'avait jamais vu ces oiseaux qu'c servait sur sa table, tandis qu'il était accoutumé àsr petit oiseau qu'il voyait de près et qu'il aimait pour • motif. « Ceci vous apprend, seigneur, jusqu'à quel poi il vous convient de connaître vos sujets et de vous info mer de leurs besoins, car de celte manière vous lésa merez et vous désirerez les rendre heureux. » A un r qui lui avait demandé, entre autres puérilités, commei un philosophe doit se vêtir : « De la même manière qi
INFLUENCK l)F. COM'l CHS. .-,51
S gens des pays ou il se trouve, » répoiulit-il. (le roi li demanda ensuite quel devait être le fleure de vie d'un ige, et Confueius lui dit :
« Le vrai philosophe ne se produit pas de lui-niènie ms les festins de parade pour avoir occasion de briller, ais il attend qu'on l'y invite. S'il est du nombre des intés, il s'y rend, et l'ail exact(>ment, et sans ostentation, ut ce qui est d'ctitiuette. Parût-on ne pas faire attention lui, il ne s'en oft'cnsc pas, et ne donne aucun signe de écontentement.
« Il n'est occupé du matin au soir que de ce qui peut
procurer l'acquisition de quelque vertu ou augmenter nombre de ses connaissances.
« S'il sent qu'il a assez de droiture et de fermeté pour mplir les grands emplois, il ne les refuse point quand
les lui otî're; il fait tous ses efl'orts pour les remplir gncment II n'ambitionne point les honneurs, et ne erche point à amasser des trésors, l'acquisition de la gesse est le seul trésor après lequel il soupire; mériter nom de sage est le seul honneurauquel il prétende. « Il n'emploie pour traiter les affaires que des hommes icères et droits; il ne donne sa confiance qu'a des tmmes fidèles et sîirs. Il ne rampe pas devant ceux qui nt au-dessus de lui, il ne s'enorgueillit pas devant ses férieurs; il respecte les premiers, il est affable envers les très, il rend a tous ce qui leur est dû. S'il s'agit de reendre quelqu'un de ses défauts ou de lui reprocher ses ates, il ne fait l'un et l'autre qu'avec une extrême rérve.
« Il estime les gens de lettres, mais il ne mendie pas irs suffrages; il ne s'abaisse ni ne s'élève devant eux. Il l au-dessus de toute crainte, quand il fait ce qui est
son devoir; une conduite irréprochable, jointe à des tentions pures et droites, lui sert de bouclier contre us les traits qu'on pourrait lui lancer; la justice
5J2 LA CIlINt: ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.
et It's luis sont les armes dont il se sort pour si défendre ou pour allaciuer. L'amour qu'il porte à tousle hommes le mot en droit de n'en craindre aucun; l'exacl titude scrupuleuse avec laquelle il pratique les cércnio' nies, obéit aux lois, et s'astreint a l'observation de usages reçus, fait sa sûreté, même parmi les tyrans Quelle que soit l'étendue de son savoir, il travaille ton jours à l'agrandir; il étudie sans cesse, mais non pa jusqu'il s'épuiser.
« Quelque ferme qu'il soit dans le bien, il veille conti nuellement sur lui-même, pour ne pas se négliger. Dan tout ce qui est honnête et bon, il ne voit rien de petit; le plus minuti( uses pratiques tournent chez lui au profit d la vertu.
« Il est grave quand il représente ; affable et bon ave chacun, gai et d'humeur toujours égale avec ses amis.
« 11 se plaît de préférence dans la compagnie des sage mais il ne rebute point ceux qui ne le sont pas.
« Dans son intérieur il ne témoigne aucune prédilectio pour un membre de sa famille plutôt que pour l'autre à l'extérieur ou en public, il traite également tous h hommes. L'eCit-on grièvement ofl'cnsé, ou par des paroh injurieuses, ou par des actions insultantes, il ne donn aucun signe de colère ou de haine; et son extérici serein et tranquille est une preuve non équivoque de 1 tranquillité d'àmedont il jouit.
« Le vrai philosophe cherche à se rendre utile al'Éta n'importe de quelle manière. Si par quelque actio éclatante, ou par quelque ouvrage important, il méri bien de la patrie, il ne fait pas valoir ses services dai la vue d'en être récompensé, il attend modestement avec patience qu'on lui fasse justice, et s'il arrive qi dans la distribution des récompenses on l'ait oublié, ■ ne s'en plaint point , il n'en murmure point. I
a Le suffrage des hommes lionnètes, l'honneur d'avo contribué en quelque chose a l'avantage de ses comp
INFLlENCli DE CONFL'CHS.
liulos, et la tiatislaction dont il jouit iiilcriL'iirfUK.'nl, [avoir/ait le bien pour le bleu, sont pour lui la plus llatteusp dos réconipensos. Si, au contraire, en vue de son nérile, on le place au l'aîle d(>s honneurs, il n'a garde de I 11 enorgueillir; il ne perd rien de sa modestie ordinaire, l n'est pas moins accessible à ceux qui vont à lui pour 1' consulter ou s'instruire, qu'il le serait si la fortune iihcrse lui faisait éprouver des malheurs. Le changement \c fortune, soit en bien., soit en mal, ne change rien dans i- - mœurs ni dans sa conduite ; il est le môme en tout enips.
« Uniquement occupé de remplir sa tâche dans ce iionde et de la remplir de son mieux, content de la ^la<e qu'il occupe parmi ses semblables, il n'ambitionne ni ni d'être ce qu'il n'est pas; il ne porte point envie à l'cux dont le mérite, la sagesse, la science et les talents !;ont égaux ou supérieurs dans l'opinion des hommes à :eux qu'il possède lui-même. Il n'a pas de mépris pour eux qui manquent de ces qualités, de ces talents; il vit -Ml lionne harmonie avec les uns elles autres; ils"accomj'.node de tout avec tous, et les respecte également comme '•tant ses semblables dans l'ordre delà nature. Le respect 't la bonne harmonie font naître la bienveillance; les nanières douces, décemment complaisantes, affectueu- M>-^, en sont les fruits; les éloges fondés sur la vérité, ionnés libéralement, mais sans affectation, les services (ondusa propos el sans être sollicités, sont le comble de la perfection. C'est de tout cela réuni que se foniie sans etforts cette charité universelle, qui ne fait exception de personne, et qui embrasse tout le genre humain ; et c'c si de cette vertu, source féconde d'où découlent toutes le.s autres, que levrai philosophe cherche àse pourvoir avant tout; c'est par elle qu'Use distingue de l'homme ordinaire; c'est elle qui dirige toute sa conduite, et qui vivifie, pour ainsi dire, toutes ses actions '* . ^
\) Ces ligneiî, ainsi que les autres pensées do Confucius que je n. 20
^-.i L\ ciiiNK i:t ij:s puissances chrétiennes.
Ce discours causa nue vivo impression nu roi, cl il dit que désormais il traiterait les philosophes avec la plus grande distinction ot (|u il vénérerait leurs conseil?. Con" fucius lui répondit :
M Cela est très-hicn, mais un grand roi doit se proposer quelque chose de mieux encore. Il doit avoir un amour tendre pour tous ses sujets; faire en sorte qu'ils soient heureux et contents, et qu'ils se félicitent de vivre
sous son régne. »
On lui demanda dans une autre occasion quelle règle devait suivre celui qui voudrait agir toujours conformément a la justice; il répondit : « Ne faites ù personne ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît. »
A un autre qui voulait savoir ce que devait faire celui qui désirerait être sage et vertueux, il dit :
« Faites le bien on tout temps, en tout lieu , dans toutes les circonstances oii vous pouvez le faire; vous serez, n'en doutez pas, vertueux et sage.
« Faites le bien pour lui-même, sans aucun motif d'intérêt personnel; on vous rendra la justice que vous méritez, et vous jouirez, sans contestation, de la réputation de vertu et de sagesse qui se fait d'elle-même en faveur de ceux qui se conduisent ainsi sans paraître l'ambitionner.
« Soyez sévères envers vous-mêmes quand il s'agira de vos propres défauts, mais indulgents envers les défauts! des autres; ne dites jamais du mal de personne, et ne faites point cas du mal qu'on pourra dire de vous; gardezvous bien surtout de rechercher ou de mépriser l'appro-
copic dans ce chapitre, ont été traduites du diinois par le sinologue bien connu. M. Th. Paulhier.
INFLUENCE DE CONFUCIIS. .-.m
linii (li's lioiuincs, mais rocovez les louanges ou lo I |Mis avec une égale indillerence. Si vous neconlontez is loul le monde, personne du moins no vous trahira. liai pas d'uulre réponse a vous l'aire pour le momcnl."
lQui pourra lire sans en être louelié les pnroh's suivants, qu'il adressa, alors qu'il élail déjà liés-avancé en
,<•, à son disciple favori Ych-lioeï, en présence de ses
lires disciples :
u Mon cher Ych-lioc'i, j'avance a grands pas vers lu fin ' ma carrière, et le temps de ma dissolution n'est pas oiyné. Vous avez été témoin de tout ce que j'ai l'ait pour cher d'inspirer aux hommes l'amour de la vertu, et vous ii;norez pas combien j'ai eu peu de succès. 11 y a pcutrr de ma faute si je n'ai pas réussi : dans ce cas vous la ■parerez, et vous viendrez a bout de ce que j"ai tenté uililement. La connaissance que j'ai de votre bon natu- ^1. elles progrès que vous avez faits dans l'étude de la igesse, me font fonder sur vous les plus douces espéinces.
« Vous aimez les hommes, je vous ai vu compatir a
'ur faiblesse, excuser leurs défauts, ne pas vous oft'en-
r de leur ingratitude, ni de leurs autres vices; je vous
ji vu leur faire tout le bien que vous avez pu, et leur
jouhaiter tout celui que vous auriez voulu pour vous-
lème; en un mot, je me suis convaincu, en observant
e près toute votre conduite, que vous avez Yhumanitû
iii gravée dans votre cœur en caractères ineffaçables.
jlontinuez à faire de cette vertu votre vertu favorite, et
puisque vous savez parfaitement en quoi elle consiste, et
e qu'elle exige de ceux qui veulent l'acquérir, faites tous
os efforts pour en faire connaître l'excellence, et prenez
ur vous d'en expliquer la doctrine quand je ne serai
lus. C'est ce que je vous recommande par-dessus tout.»
Confurius prescrivait sans cesse les usages elles cou' tumos de l'antiquité, et particulièrement ceux du tcmpi des rois Yao et Cliun ; cette époque est l'àj^e d'or de: Chinois. Suivant les chroniques et les traditions, Yao qui vécut treize siècles avant Jésus-Christ, fut un souvc rain patriarcal, et l'idole de son peuple. Entre autre choses, on rapporte de lui qu'il avait un endroit de soi palais accessible a tout le inonde, une tablette où l'oi pouvait écrire, et un tambour. Le premier venu entrai et écrivait ce qu'il lui plaisait, puis il donnait un cou| sur le tambour; à ce bruit le roi accourait pour lire o qu'on avait écrit. Avant de mourir, Y'ao choisit pour suc cesseur l'homme le plus vertueux qu'il connût dans soi royaume et l'associa à son autorité. Après sa mort ce homme, appelé Chun, continua le gouvernement paterne de Yao. Quand on demandait à Confucius d'expliquer s doctrine, il répondait :
« Ma doctrine est celle que tous les hommes doiveDJ suivre; c'est la doctrine de Y'ao et de Chun. Quant a mf manière d'enseigner, elle est toute simple : je cite ei exemple la conduite des anciens; je conseille la lectur des livres sacrés (King), et j'exige qu'on s'accoutume réfléchir sur les maximes qu'on y trouve.»
En effet, l'antiquité était pour Confucius le moyen 1 plus puissant, soit pour inculquer les maximes qu'il ei tirait, soit pour donner de l'autorité aux siennes propres et il poussait son système jusqu'à l'exagération, donnan une grande importance à la musique, parce que les an ciens la cultivaient; recommandant avec ardeur l'exei cice de la chasse, parce que, du temps de Y'ao, le pays s trouvant peu habité, il était nécessaire de tuer les ao) maux qui se multipliaient en trop grande quantité; e discutant même avec les rois sur la question de savoi s'ils mangeaient le grain avant les fruits ou les fruit
INFLUENCE DE CONFUCH'S. S.',7
ivant le grain, ou s'ils faisaient ('(Mlainos cércuioniL's de lolleou telle autre manière, voulant ainsi rétablir dans uiiie leur pureté les usages anciens.
('.onl'ucius vécut à une époque où la Chine, qui aupa- ;t\;int avait formé un seul royaume, se trouvait divisée Il plusieurs FJats distincts, d'où résultaient, par une i>iisé(iuencc naturelle, ranarcliie et les guerres. Soit à anse de ces circonstances, soit par suite delà bonté naiiielle qui formait le trait principal de son caractère, 1 ot positif qu'il éprouva une grande horreur pour la iiiirre, et s'otïorça de graver dans le cœur de sesinnoniirai)les disciples l'amour de la paix. Voici la leçon qu'il ( ur donna un jour. Étant allé se promener avec eux sur me montagne, il en descendit tout mélancolique, et leur Ut que de ces hauteurs il avait promené ses regards de ous côtés et fait -cette triste réflexion, que de toutes parts in voyait surgir des ambitieux turbulents, et que les nuiimes se détruisaient nmtuellement. Il invita ensuite .~s plus distingués de la réunion a manifester leur opiliuii et a exposer les moyens qui, a leur avis, étaient plus propres à remédier à de tels maux.
Plusieurs exposèrent leurs vues, après quoi Yenlioeï dit :
« Si j'avais quelque souhait ii former pour pouvoir travailler efficacement au bonheur des hommes, je désirerais vivre sous un roi qui fût vertueux et éclairé ; je sou- 'haiterais que ce roi jetât les yeux sur moi pour tirer parti •1c mes faibles talents et m'engager à concourir avec lui à la bonne administration du royaume.
u Les plantes hiun et yeou (la plus odorante et la plus ifétide des plantes^ lui dirais-je, ne peuvent croître dans un même champ: Yao et Kie n'auraient pas pu gouverner ensemble. Commençons donc par écarter loin de nous les flatteurs et les hommes vicieux, et substituons-leur des hommes sincères et pleins de vertu ; chargeons ces
358 LA CIII.NK ET LKS PUISSANCES CHUÉTII'NM'S.
Iroimnes vertueux et sincères d'instruire le peuple; de cinq devoirs capitaux [Chumanilé^ la justice, l'anioitr dt l'ordre, la JidélUé, la bo/inefoi], cl de lui apprendre il les remplir. Après cela, n'ayant plus d'ennemis ii ci-aindrc, nous n'aurons pas besoin d'avoir des troupes sur pied, ni de fortifier nos villes par des remparts et des fossés. Nou? sèmerons des grains dans nos fossés; les matériaux de nos remparts serviront pour élever des édifices a l'usage des citoyens, et les armes seront employées à faire des instruments aratoires. Voila ce qui me paraît le plus propre a procurer aux hommes le plus grand bonheur dont ils puissent jouir. Si je suis dans l'erreur, je prie notre maître de m'en tirer.
« — Vous êtes un sage.», répondit Confucius,
Les voyages de Confucius dans les différents Ktats de la Chine et les leçons de philosophie qu'il donnait, augmentèrent beaucoup sa réputation, et a son retour dans le royaume de Lou, sa patrie, le souverain le nomma premier ministre, emploi qu'il accepta parce qu'il lui procurait les moyens de faire du bien et de mettre en pratique ses principes de morale et de gouvernement. Il s'acquitta de ces hautes fonctions au grand avantage du pays pendant quelques années, jusqu'à la mort du roi qui l'avait élu, et dont le successeur le destitua, ne pouvant se plier au système rigoureux du sévère philosophe.
Rentré dans la vie privée, il ouvrit une école où ne tardèrent pas a se réunir trois mille disciples; il passa le reste de ses jours a rédiger et à expliquer ces livres qui devaient être si célèbres sous le nom de U-king (les cinq livres classiques ou les cinq livres sacrés).
Les fondements de la morale de Confucius, relativement a l'individu, s'appuient sur le perfectionnement de soi-même, sur la piété filiale et sur la charité.
Quant "a la politique, il regarde les gouvernants comme les pères des gouvernés, et par conséquent le souverain
INFLIKNCK 1)1-: CO.NFrr.irS. 559
l'iniiïole pore de Ions Don iln-siillo, snivanl son prand \-^ll•nlc do la piolc filiale, qno tont co qno possodo li; Injol apparliont an i)rincc, cl (jnc colni-oi osl inaîlrc abiohi dos bions ol do la vio de sos snjols. Maison donnant Il jM-inoo nno loUe anloritô, il cxi},'e de celui-ci la vorlii. I ilcdaro qno o'osl ponr lui nnc obligation iniposoo ])ar ' 1 iol de bion gouvornorot d'ainior sos snjols. 11 va inoino iiMjn'a admettre ce principe que le peuple pontdélrùnor >^ roi quand il est mauvais souverain.
1. idée fixe de Confucius était lo bion-ètre du peuple lilutùt que la porfcolion spéeulativo do riiommo; luais laniais il no songea a lui procurer dos droits et des gaantios. D'un côté, obéissance aveugle du peuple, et de autre, souveraineté absolue mais sage du prince : voilà a Ihoorio gouvornomcufale.
11 consacra toute sa vie à acquérir la sagesse et a prèlior la vertu; mais en réalité c'était un bonime d'un saoir trcs-restreint, soit à cause de l'époque où il vécut, oit "a cause de risoleniont de la Chine. ?]nfoncé dans les épions sublimes de la morale, il ne s'abaissa jamais a onsidércr les phénomènes delà production et de la coniHiimation des richesses; il ne se douta pas de 1 imporance de procurer des débouchés aux produits naturels le son pays, d'encourager l'industrie et de protéger lo onimerce. S'il recommandait la culture assidue des hamps et la facilité des communications, il n'avait en ue que l'abondance, et par conséquent le bon marché dos ■ ulisistances et nullement la pensée do l'exportation au H nofice des propriétaires. Et quant au commerce, on M'ut comprendre ses idées d'un seul coup par le fait suiant. A l'époque où il était a la tète du gouvernement do •a patrie, il y avait un spéculateur qui, personnellement >t par l'entremise de ses agents, accaparait le bétail dans a campagne et le vendait ensuite dans la capitale, avec eut le bénéfice possible ; par ce moyen il était parvenu i acquérir do grandes richesses, de sorte que personne
no pouvait lui faire concurrence dans ce commerce. CoH' fucius le fit venir cl lui dit d'un ton sévère :
« J'ai appris que vous ctirz l'un des plus riches citoyeni de la ville : je souliaitorais que ces richesses fussent h fruit de votre travail ou d'une lionnète industrie, je m'er réjouirais avec vous; mais il n'est malheureusement qm trop vrai que la fortune dont vous jouissez n'est due qu'i un monopole dont vous devriez être sévèrement puni. J( vous fais grâce, à condition néani)ioins que vous vouj corrigerez et que vous rcsliluciez au public ce qui a éU volé par vous au public. La manière dont je veux que cett< restitution se fasse mettra votre honneur a couvert. D( toutes vos richesses, ne réservez pour vous que ce qu'i faut pour vivre dans une honnête aisance; vous laisserej le surplus à ma disposition pour les besoins de l'État N'entreprenez pas de vous justifier, encore moins de m£ donner le change ou de me tromper. Vous n'y réussiriez pas. Je vous donne quehiues jours pour faire vos disposi lions; pensez sérieusement à ce que vous ferez; je n'ai pas autre chose a vous dire : retirez-vous. »
En conscqucncG le commerçant du t se laisser dépouiller de la plus grande partie de sa fortune.
Mais le plu? grand défaut de Confiicius, comme homme d'Etat, ce n'est pas son ignorance absolue de ce que nous appelons îin\o\xY^\\mY économie politique ^ mais son culte aveugle pour tout ce qui est ancien. D'après se.-, maximes, point de changement, point de progrès, point d'importation des sciences étrangères; son beau idéal s'arrête à la civilisation des temps de Yao et de Chun, qui vivaient il y a quatre mille ans !!!
Confucius n'a rien écrit en fait de religion, et il n'est pas même facile de déduire de ses ouvrages s'il croyait ou non à rimmortalilé de rùme(*).
(■) « The rcmaiks of Corifucius upoii rclisious subjecls wcre vcry
INFLIENCE DE CON'FUCIljS. S«l
Sa iTiioinmcc, coiunic colle des autres j;raml.s lioimnos, ->t accrue par la suite des siècles. Diflerenls empereurs Imt honoré des titres de (//and sagc^ grand iainf, maUre !r la nation, pnUica/ciir hnpc/ial, le plus sage cl Ir plus rluciu de tous les instituleurs des hommes, etc. la collection de ses œuvres est pour les Chinois ce qu est
Knian pour les musulmans et 1 Kvanj;ile pour les chré-.
Il'-; elle est la source des coutumes et des lois de l'emrc. Par exemple, l'empereur Kang-hi, homme éclairé,
une ordonnance composée de seize articles, qui résume us les devoirs du bon citoyen, et commanda que les aulilcs la lussent une lois par mois au peuple. Cette loi provint des conseils suivants, que Confucius )niKi à un de ses disciples, qui, ayant obtenu un gou- •iiicment, était venu lui demander des régies pour sa induite :
« Soyez diligent a traiter les aflaires; inlbrmez-vou? iaclement de toutes les circonstances qui peuvent conibuer à vous les faire connaître, à démêler le vrai d'avec ; qui n'en a que. l'apparence, et a vous faciliter les oyons de les terminer agréablement.
« Soyez juste, désintéressé, toujours égal à vous-même. :t justice ne fait acception de personne, elle rend a chaui ce qui lui est dû. Le désintéressement conduit à ir-
w; he never taught Ihe duty of man to any higher power tlian e head of Ihe slate or faniily, though he supposed himself comissioned by heaven to restore Ihe doctrine and usages of the ■icient King?. He admilted that he did not understand mucli lout the gods, that they ^ve^e beyond and above the comprehenm of man, and that the obligations of man lay rather in doing s duty to his relatives and society than in worshipping spiriis iknowD. « Not knowing even life, said he, how can we know a! il?.
{The Middie Kmgdom, by S. Wcllâ Wilhams, vol. Il, p. 230.) II. âl
qiiilr ; quand vu est iutiressc, Cou cesse bientôt d'être jual\ Tout ce qu'on reçoit de ses infc?-ieurs, sous quelque iiU que ce puisse itrc, est un vcrilable vol qu^on leur fai L'égalité d'iuimcur dans un lidninic rn place lui attire! confiance; elle le fait ainui' di-s bons, craindre dos rai chants et respecter de tout le monde.
• « Soyez d'un aliord facile; ne montrez un front sévci «1 qui que ce soit, et recevez avec bonté, sans aucune e: cpplion, tous ceux qui s'adresseront à vous. Vous dcv( vous regarder comme le père commun.
« S il faut traiter les affaires avec toute la diligence po: siblc, il faut être extrêmement sur vos gardes pour ne pj les terminer avec précipitation. Ne portez de jugemei qu'après que la vérité vous sera parfaitement connue.
« Dans chacune des quatre saisons de l'année, assen hlez le peuple au moins une fois pour lui expliquer vou même ses devoirs. Faites en sorte qu'il ne manque d'il struction dans aucun temps; car sHl ignore ce qu'il do faire, comment pourrait-il être coupable en ne le faism pas?
<i Ne l'occupez jamais a des ouvrages de corvée, lorsqi les travaux de la campagne et ceux qui sont de nécessi pour lui-même doivent l'occuper. »
Dans les préceptes de Kang-hi mentionnes plus hau on inculque principalement l'amour filial et le devo d honorer d'abord la littérature, qui est la source de sagesse, et en second lieu l'agriculture, qui procure ai hommes leur subsistance; tout ceci conformément ai maximes de Confucius. On y rabaisse aussi toutes les r ligions, mais on ne les prohibe pas.
On trouve une autre preuve del'influcnce-de Confuciu dans le système fiscal qui régit encore la Chine de ne jours. Si l'on y a établi des droits de douane , on l'a fait sei lement pour en tirer des revenus, et non pour protégé
INFLltNCE DE CONFUCIHS. 86^
iiIliiiT c\ l'iiidiisli ic iiiilionalc's. Aiirim nrliclc,
I iiiic iii;ircli;iii(lis(' iidiil j;iiniiis i'[v iiroliihrs iliiiis ce
l.i't los (li'oils ii'diil Jius rie cxccssirs. On iliriiil ([IIC
~ \siati(iii(\s ont adopli' avant nous lo lu-imipo do la
rrlc lin coninicrco ; mais la vrrilô est que (lonfiicius
illulia anciinc iniporlanco an tialic ni ;i l'intinslric (*).
Il/, ([ui est lo IVonuMil des (Illinois, a toujours été
IV de tout droit, iniMuc aux ■''poqucs où il s'est oxorcc'
r plus grando oppression sur les négociants étrangers.
iinn-seulcnient le rix. était exempt de tout droit, mais
' l'Ins le navire ([ui en était eliargé, ne fût-ce qu'à
il il', était aussi exempté avant les derniers traités)
( il loit exorbitant de tonnage auquel étaient soumis
lis autres navires. Si l'on a mis des obstacles au
urée étranger, s'il a subi des extorsions, on doit
Kribuer a la méfiance du gouvernement ou a la
lié de ses agents.
, iiid on fait un traité avec les diplomates chinois, ils
- ingcntpas môme au principe de la réciprocité. Ils ne
(mandent rien, ne veulent rien ; pour eux, le traité est
1 I' concession de certains avantages faits aux Euro-
ii us, et voila pourquoi ils évitent autant qu'ils le peu-
ui d'en conclure; et quand ils ne peuvent l'éviter,
1 1 1 habileté s'exerce à accorder le moins possible. Ils ne
: |u l'Occupent jamais de faciliter l'exportation de leurs
I "liiits naturels, et encore moins de protéger leurs
;ris qui vont en d'autres pays. A Manille, dans les pre^
- temps de la domination espagnole, les Chinois
Murent par milliers ; il s'ensuivit qu'ils s'enhardirent
'jl.ors des négociations qui ont eu lieu pour le traité dcTien-tsin < is:,8, quelques mandarins ont menlionné les intérêts des négoiwtj et des industriels indigènes; mais c'était seulement pour I nvcr des prétextes afin de s'opposer à la libre entrée des Euro- ) Ils dans linlérieur de l'empire.
SGI LA CHfNE ET LES PUISSANCES CllUÈTlENNES.
et se soulcvci'cnt a trois différentes reprises. Une foi' ils assiégèrent les Espagnols dans la capitale et allérci: jusqu'à donner l'assaut; mais ils finirent toujours p être vaincus: le massacre fut horrible.
Lors du dernier soulèvement qui eut lieu en 17C2, i gouverneur général de la colonie publia un décret q ordonnait que dans toutes les îles de l'Archipel, en qu( que lieu quç Ton prît un Chinois, on le pendît imméd tement, sans nulle forme de procédure. Dans aucu de ces circonstances il n'est jamais venu à l'esprit ( gouvernement chinois de l'aire ni réclamation ni rechii che. Si l'on eût dit à quelque mandarin que plusieui milliers de Chinois avaient été massacrés sans raison a îles Philippines, il aurait répondu : « Pourquoi y ver ils ? »
Les gouvernants anglais maintiennent avec une extrèi rigueur le principe de l'indépendance absolue de lei sujets en Chine vis ii-vis de l'autorité du pays; et cèpe dant, à Hong-kong, il y a des milliers de Chinois entiè ment soumis aux lois et à la justice de la Grande-Bre gnc, sans que les mandarins réclament pour leurs suj l'exemption de la juridiction locale dont les Européc jouissent sur le territoire chinois.
Après Confucius d'autres philosophes ont écrit, quelques-uns ont commenté ses maximes. Parmi eux distingue Meng-tseu, quoique, à vrai dire, on ne troi chez lui rien d'original et rien de nouveau ; au contrai ses écrits, généralement dialogues avec vigueur, scmbl être plutôt une confirmation et une amplification ( maximes de Confucius. Toujours la piété filiale d côté et le prince parfait de l'autre. S'il offre quelç difîérence,c'est dans la plus grande énergie desesexpr sions. Par exemple, il raconte qu'il fit celte question à roi : « Croyez vous que ce soit la même chose de tuer homme avec un sabre ou avec un bâton ? » Le répondit : « C'est la mémo chose. » — " Et n'est-ce pas
INFl.L'KNCK DE CONFUCITS. 305
cine cliûse, répliqua Mcng-tscu, de le tuer au iiioyt'n 1111 bAton ou d'un mauvais gonverncnient? » Il rappoile aussi qu'iiii roi lui paria de Tcliincr-tung, M ilctrùua Kié cl le bannit, et de Wou-wang qui tua le I (Iléon, et lui demanda : « l-'sl-ce qu il est permis aux ijils de détrôner et de mettre ii murl h.'ur souverain ? » j jibilosoplie répondit :
u Celui (lui l'ait un vol ii riiumanilé est appelé voleur, ■lui qui l'ait un vol a la justice est appelé tyran ; or un liMir et un tyran sont des hommes, cU'on doit les uarder romine tels (de (jnebiue dignité qu'ils soient \ilus:.J'ai toujours entendu dire que l'iiomme nommé li( ou avait été mis a mort, et non pas que Wou-wang Mué son prince. »
H est remarquable que dans un pays aussi essentiellei(Mi( despotique que la Chine, les livres où l'on admet Tinme licite le détrônement des mauvais rois, soient I -linés par le ^ème gouvernement à servir a l'instrucun et a l'éducation de ceux qui se livrent à l'élude et à 1 politique.
A|irès ces faits, on doit avoir compris que les écrivains ni sortirent de l'école de Confucius ne tirent par leurs (1 ils que canoniser ses maximes, exalter les temps de au et de Cliun et fermer la voie a toute idée de progrès. l.a classe élevée de la noblesse, si l'on peut employer ij nom à propos de la Chine, se compose des mandarins I des gradués dans les universités, entièrement absorbés ans les livres de leurs philosophes, ce qui fait qu'ils ml les ennemis naturels de la moindre innovation ou l'Iorme.
.\u troisième siècle avant Jésus-Christ, l'empereur Misin-chi-hoang-ti réunit sous son sceptre les diffécnts États suzerains entre lesquels la Chine était alors livisée, ce qui occasionnait des guerres continuelles; il it ouvrir de grandes routes; il parcourut tout son em- )ire; il fit exécuter sur plusieurs points des travaux
M;r, i.A (Iiim: r,T i.i:s i'L'issances chrktiknnks.
d'iitilitt' |iiilili(Hic; il irturmale ralcndi'icr, cl r6(luisit un seul les cimi caraclt'res jusqu'alors en usage po rt'ciituro : ce caracli're est celui qui s'emploie enco aujiuird'liui. Il lit oruer la capitale de inouuuicnls d'u somptuosité telle, que l'imagination aurait peine ii se 1 tigurer. Ayant reçu de la nature un caractère Irès-ind pondant, il ne tolérait de remontrances d'aucune cspèc
Avisé des désordres dans les(iuels vivait sa mère, l'exila. Qu('l(iiu's lettrés ayant osé le rappeler a ses devoi de piété filiale, il délendit sous peine de mort de 1 parler de sa mère ; mais comme ils ne tinrent pas comp de cette défense, il en lit mettre a mortjusqu'àvingt-sej et ordonna de leur couper les pieds et les mains, qui fure exposés en public. Néanmoins il finit par rappeler mère. L'animosité entre lui et les lettrés ne fit que s'a croître. Une discussion s'étant élevée sur le mode t gouvernement de l'empereur, il en fut tellement irri que tous les livres furent brûlés par sor^ordre, et quat cent soixante lettres qui avaient osé lui faire une opp.i sition ouverte perdirent la vie dans une grande fosse c on les jeta.
Cette mesure violente fut suggérée à l'empereur pi son premier ministre, lequel lui tint un discours doi j'extrais les passages suivants :
« 11 faut avouer que les gens de lettres sont, en généra bien peu au fait de ce qui concerne le gouvernement, de pratique, qui consiste à retenir les hommes dans 1( bornes de leurs devoirs réciproques. Avec toute leur pn tendue science, ils ne sont, en ce genre, que des ignc rants : ils savent par cœur tout ce qui s'est passé dans k temps les plus reculés, et ils ignorent ou font semblai d'ignorer ce qui se passe même sous leurs yeux. — Prf venus en faveur de l'antiquité, ils en admirent jusqu'au sottises, et sont pleins de mépris pour tout ce qui n'ej pas exactement calqué sur des modèles que le temps
INFLUENCE DE CONFUCILS. S«7
•esquu oiilièronient efl'acésdu lu tiiùinuire des lioniiucs. • Incapables do discerner ce qui était convenable aulr«is d'avec re qui ne convient nnlh'iiient aujourd'hui, co u» était alors utile et pout-èlie inème néeessaii'C, de co ui serait très-certainement préjudiciable dans le temps Il nous vivons, ils voudraient que tout se fît ronforniélentà ce qu'ils lisent dans leurs livres. — Aies entendre, n ne doit vous regardiM' que comme un prince IjouIïï orgueil qui se préfère sans pudeur à tout ce (juc l'antiuité a eu de plus respectable; que comme un prince un esprit futile, d'un caractère inquiet et remuant, qui oulcverse tout, <iui renverse tout dans l'empire; si vous ubliez quelque édit, ils croient y découvrir de l'injustice u tout au moins de l'inutilité; si vous donnez quelque pdre, ils l'éludent, ils en critiquent jusqu'aux termes ans lesquels il est conçu, ils font tous leurs efforts pour î rendre méprisable; si vous faites travailler a quelque uvrage public, vous grevez, disent-ils, le peuple, vous pprimez vos sujets, vous en faites les malheureuses viornes de vos caprices... — De pareils discours, répétés ins cesse, éteignent dans le cœur de vos sujets toute afction pour vous. Ce sont des semences de révolte qui erment insensiblement, qui poussent de profondes raines, et qui ne tarderont pas, si vous n'y mettez bon orre, de prendre tout leur accroissement au dehors, — Les ittrés forment dans l'empire une classe d'hommes à part, 'leins d'eux-mêmes, infatués de leur prétendu mérite, ils e voient de bien que ce qui se fait confwmément à leurs lées ; ils ne voient le beau que dans les usages surannés, ue dans les cérémonies antiques, qui ne peuvent avoir ieu de nos jours ; ils ne trouvent de véritablement utile lie cette vaine science qui les élève si fort à leurs prores yeux, et qui, dans la réalité, les rend inutiles à tout e reste du genre humain. Oserai-je, seigneur, vous prooser ici sans détour ce qu'il me paraît que vous devriez îiire,,. Ce sont les livres qui inspirent 'a vos orgueilleux
leltrt's los sentiments dont ils se glorifient; ôtons-leuij. livres... A l'exception dos livres qui traitent de médecin et d'agriculture, de ceux qui expliquent la divination pa la Koua, ou lignes do Fou-lii, et des luémoires hisloriqnt * de votre glorieuse dynastie..., wdonnez, seigneur, qu'o brûle gt'ucralement tout ce fatras d'écrits pernicieux ( inutiles dont nous sommes inondés ; ceux surtout oii 1' moeurs, les actions et les coutumes des anciens sont ex posées en détail. »
Cette période de l'histoire de la Chine, dont nous devon surtout la connaissance aux investigations faites par 1 Père Amyot, offre un grand intérêt. On y voit quelles >' les difficultés qu'aurait a vaincre quiconque voudi.opérer des réformes en Chine, et de quelle mission s croient chargés les lettrés : chacun d'eux se prend pou un petit Confucius. J'entends ceux qui sont honmli et dont le caractère est indépendant. Le tombeau d roi Thsin-chi-hoang-ti fut détruit et pillé après sa moi et le pays continua et continue d'être ce qu'il était ai paravant. Mais les paroles que nous venons de copiai prononcées il y a deux mille cent ans par le mini^li de ce remarquable souverain, ne seraient-elles pas appl cables aujourd'hui même et ne devront-elles pas eti répétées par ceux qui ont U régénérer ce grand empiri'
Le missionnaire français M. Hue, bien connuenEurop par les très-remarquables voyages qu'il a faits en Chine en Tartarie et au Thibet, eut d'étroites relations dans c dernier pays avec le célèbre Kishen, un descommissaiic impériaux établis à Canton pendant la guerre de 1840, c qui avait été aussi ministre d'État. Par suite du peu d succès qu'il eut dans ses fonctions lors de la susdite pé riode, il fut envoyé au Thibet en qualité d'ambassadeur et eut indirectement ce pays a gouverner.
Dans une de ses conversations familières avec le mis sionnaire Hue. il lui parla des événements ci-des?u
INFLUENCE DE CONFL'CIL'S. "t.'J
rapportés et lui dit (selon re que mu rucuiila le jnènic H. Hue) a peu de chose près ce qui suit :
a Si on niclaissait faire, j'aurais hallu les Anglais avant quo six mois se fussent ('couli's. Nos armes sont bonnes Ipour lutter avec les soldats du Thibel, de la Coiéc et dos autres pays qui nous ontouronl, pane que les leurs sont oiu'ore plus arriérées, mais les nôtres ne servent a rien pour combattre contre les Anglais.
u J'aurais en peu de temi)s des bateaux à vapeur, des fusils ii percussion, de l'arlilleric el des régiments disciplinés il l'européenne, et j'expulserais des côtes de Chine Jusqu'au dernier Anglais; mais si je disais de telles choses à Pékin, on me ferait couper la tète. r.
Peu avant la guerre précitée, un commerçant de I Canton qui, ayant navigué par navires étrangers, connaissait tout l'avantage de la forme de leur gouvernail sur celui des jonques, en tU fabriquer une à laquelle il fit poser seulement un gouvernail a l'européenne. Avant même qu'il eût pris la mer, il fut dénoncé au mandarin, qui ordonna de détruire ou de brûler la barque, frappant en même temps le novateur d'une amende pour avoir tenté de se soustraire aux prescriptions de la loi établie.
Dans la maison d'un riche négociant de Macao, nommé J.-V. Jorge, se passa ce que je vais raconter et dont je tiens le détail de sa propre bouche. Dans cette ville les planchers des habitations sont en bois, et on a coutume de les couvrir de couleurs qui forment des dessins imitant un tapis ou une toile cirée.
Cette sorte d'ornements s'opère au moyen de force coups de pinceau, prend beaucoup de temps aux artistes chinois, et ne laisse voir qu'une œuvre bien imparfaite. Le sieur Jorge suggéra à son peintre-décorateur l'idée d'employer les cartons percés à jour dont on fait usage en Europe. Le décorateur chinois adopta cette idée im-