‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 50 sur 65 · COMMERCE GEXERAL EXTERIEUR DE LA CHI\E · texte numérisé non relu

COMMERCE GEXERAL EXTERIEUR DE LA CHI\E

Les principaux articles d'exportation sont la soie grége, moulinée, filée et ouvrée, et le thé; ensuite viennent le' camphre, la rhubarbe, la cannelle, la fleur de cannelle, lanis étoile, le musc, le vermillon, la gomme-gutte, la squine, le curcuma, les tissus du lin appelé ma fgrass r cloth), et ceux de cotons dits nankin, le fil d'or faux (fait avec du papier doré), l'alun, l'amome, l'arsenic, cannes

DU co^iMRnc.i': i:\'iï;iUF.i;n. 4or,

iiiimclR's lie pavapliiie, capuni' (.•iilclirrv raciiu! iiiétlici-

ili , colle forte, conlilures, coraux, cubèbe (espèce do

M \ ICI, fouilles (clinquant) (le laiton eld'clain, éventails,

laiis, pièces d'artilice, galan^a (racine médicinale),

Il II- essentielle d'anisétoilé, de cani])lire, de cannelle, de

il- de sandal et de clous de girofle, minium, mercure,

u ( (>laines et poteries, tabac, orpiment, papier, verrerie,

i--l,il]erie, miroiterie, verroterie, fausses perles, tablet-

ric de laque, divoire, de bois de sandal, de nacre, dé-

lilliS d'os et de corne, vannerie (paniers, chapeaux de

iillo, nattes, etc.), layetterie (malles en cuir ou en bois

■ senteur), parapluies et onibrelles^n soie et en papier

>rnis,céruse, sucre candi, tablettes ne marbre et pierres

; cîirreaux taillés pour construction, meubles, bâtons

encens, sam-chou (liqueur), chaussures, toiles de coton,

ètemenfs confectionnés, livres, lanternes, etc.

Les derniers articles mentionnés et beaucoup d'autres

u'il serait trop long de nommer, sont envoyés en grandes

nantîtes dans les îles de l'archipel indien, oîi il y a plu-

ieurs populations composées de Chinois émigrants qui

iment à vivre autant que possible comme s'ils étaient

ans leur patrie.

Cependant je veux citer un article digne de remarque. le sont des œufs que les Chinois enveloppent d'une spèce de chaux qui sèche sur la coquille et qui en rend intérieur ferme et d'une couleur verdàtre foncée. Les eufs ainsi préparés se conservent longtemps et servent ussi de provision a bord des navires. Les Européens ne ;oûtent jamais ces œufs à cause de leur couleur intérieure loirâtre qui leur donne l'apparence d'œufs pounàs, mais 'en ai mangé et je les ai trouvés exquis.

On exporte aussi des caisses de jujubes confites, con-

lues sous le nom de dattes de Nankin. Ces jujubes sont

rois fois plus grosses que celles que nous avons dans le

iiidi de l'Europe.

Il faut encore mentionner la cire d'insectes et le suif

loi LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.

végétal, quoiciiie juscju'à présent il n'en ait été importé en Europe que de petites (luantilés ;i titre d'échantillon.

Le .suif (Tchou-lali) provient des petits fruits dun grand arbre; et avec cette substance on fait des bougies qu'on brûle ordinairement dans la province de Tche-kiang eten d'autres localités. Je me suis servi nini-mème de cot éclairage; quaiul j'étais à Ningpo : on m'apportait des bougies parfaitement blanches et qui donnaient une belle lumière sans aucune odeur.

« L'arbre à suif, croton sebiferum ou slillingia sebifera, appartient a la famille des euphorbiacées; ses feuilles i sont rhombo'idales^'un vert tendre, et ses fleurs, grou-' pées en épis terminaux, sont petites et de couleur jaum verdàtre. Les fruits sont enfermés dans une petite drupe ou écale capsulaire, qui s'ouvre en trois valvules lors de ■ la maturité et montre les noisettes entourées d'une couciif blanche cireuse. On retire par expression, de ces baies, une huile employée pour l'éclairage, et si l'on veut obtenir la matière grasse concrète, on met les fruits mûrs dan^ l'eau et on les y soumet ïi l'ébullition ; le suif surnage, les parties huileuses se réunissent au-dessous, et, quand l'eau est refroidie, il est facile de recueillir le suif, qui flotte à la surface en croûte blanche.

« Les pains de suif d'arbre obtenus ainsi sont grisâtres et graisseux; pour leur donner plus de fermeté et de blancheur, on les fait fondre de nouveau, afin de les débarrasser de l'huile qu'ils contiennent encore.

« Quand le tchou-lah est bien préparé, il est plus ferme que le suif animal, n'a point d'odeur désagréable et brûle avec une lumière vive et blanche.

« Le *^iZZMi5'îa*e6z/(?;-a est cultivé dans toute la province de Tché-kiang et dans plusieurs districts du Fo-kien et du Kiang-si (*). »

La cire La-tchong est produite par de petits insectes de

(*) Annales du commerce extérieur, 3* série, n» 41S.

Dl COMMERCK KXTKUIKIH. to:.

(iiilciirjiuinc louer, a|il;ilis, ovales cl Itordes de iVaiif^cs, |iii se fixent par grappes sur les braiielies de plusieurs --iMces d'arbres. Au nioniont de leur naissance ils sont lianes et de la jfrosscur d'un grain de millet ou de riz, )uis ils croissent considéraldenient. lis sécrètent des filaiients blancs et soyeux qui ressemblent a une laine; fine. uCttc substance bouillie et claritiée produit une espèce de itéarine de la plus parfaite blancheur, présentant à la :assure des lamelles brillantes et transparentes : elle ne ibnd qu'a 81 degrés, ce (jui la rend très-propn; aux méanges avec la cire et les liuiles dans la fabrication de bougies. M. Stanislas Julien a publié, en 1840, un livre .lonnant des détails sur cette matière.

Par suite des efforts de l'infatigable et digne consul général de France en Chine, M. de Montigny, de la hiine un suint, venue de la Mongolie, a été expédiée de Changliaï en Europe. L'opération commerciale n'a pas produit un bon résultat, et il n'est guère probable que la laine devienne un article d'exportation tant qu'on ne saura pas la laver et la presser dans les lieux de production, de manière à en rendre le transport peu coûteux.

Les principales importations en Chine sont: l'opium, les tissus de coton et de laine, le coton en laine et filé, le plomb, le fer en barr^'s, en feuilles et en cercles, clous, zinc, cuivre, riz, dents d'éléphant, noix de bétel, cochenille de .lava, ginseng, bois de sandal et bois de construction, écorces pour teinture, sibukao bois qui teint en rouge), cuirs et peaux, fourrures, pierres a fusil, poudre, armes, savon, guano, poivre, ailerons de requin, tripang oubalatc (vers de mer , nidsdesalangane, rotins, liqueur? ^ins, bière, esprit-de-vin, etc.), cornes de buffle, os de toute espèce, coquilles de nacre, écailles de tortue, coutellerie, quincaillerie, horlogerie, papeterie, perles, poudre d'or, salpêtre, mulettes de poisson, feuilles de bétel, noix d'arec, sagou, siiccin.arrack, agar. gambicr, ambre gris, u. 2ô.*

i06 L\ CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.

cudbear, cachou (terra japonica), bezoar, gommes et résines, mercerie, cristallerie, sucre, cordes d'ahaca, crevettes et poissons salés, fromages, olives et autres articles de bouche européens, tapis et meubles d'Europe, etc.

Quelques articles, comme le mercure et le sucre, oui été importés ou exportés selon les circonstances.

Il y en a qui sont importés et exportés en même temps: tels sont le papier, les toiles de coton, la porcelaine, les meubles, etc., c'est-à-dire des toiles indigènes de coton par exemple, sont envoyées dans les îles de l'archipel indien pour l'usage des Chinois, tandis que plus de deux millions de pièces de toile de coton européennes et américaines viennent en Chine et y sont consommées comme objets de mode et de luxe.

La houille est très-abondante dans plusieurs endroits de l'empire : ce produit même est un de ses grands éléments de richesse et de pouvoir, mais jusqu à présent il n'est pas devenu un article d'exportation faute d'une convenable exploitation.

A la fin de mai dernier, six mois après l'ouverture du Yang-se-kiang au commerce étranger, douze bateaux à vapeur marchands sillonnaient déjà les eaux de ce fleuve et d'autres étaient commandés en Angleterre et aux États- Unis.

L'exportation d'articles nationaux hors de Chine avait toujours été plus considérable que l'importation, d'où il résulta que d'énormes sommes d'argent passèrent do l'Amérique et de l'Europe dans le royaume de Chine. Au commencement du siècle actuel, par suite du goût introduit dans l'Empire, et toujours croissant, de fumer l'opium, le bilan commença à être contre le pays et l'on vit sortir l'argent par caisses et par chargements. C'est alors que le gouvernement de Pékin voulut détruire le commerce de l'opium, et provoqua la guerre avec les Anglais, en 1840. Elle eut en effet pour résultat d'arrêter la sor-

Dr COMMFCRCK EMTJUEL'R. 407

if dos iDétaiix procic'DX cl iih'-iiic de h-s l'aire iftiitier, iKiis ce desidoraliiiii lui atlcinl par des voies diamétru- . iiienl opposées a ccllfs (|iie les mandarins avaient en \ lie. Ainsi ils voulaient nicUre toutes les entraves possi- Lilcs au eoinnicrce élranger; ils firent la {guerre dans ce bul ; étant battus, ils se virent obligés au contraire d'ouvrir de nouveaux ports et d'autoriser le grand développement de trafic qui s'ensuivit; ils se crurent salis doute {ruinés et perdus! On vit pourlautalors une chose que personne n'avait prévue. Les étrapgers pouvant s'approcher des lieux où se récoltent le thé et la soie, l'acquisition de ces articles devint plus facile et économique : on put connaître dès lors les gigantesques forces de production de l'Kmpire. L'exportation de la soie qui, avant la guerre, n'avait jamais dépassé le chiffre de 12 ou 13,000 balles, fut en 1836 de 95,000 balles; an lieu de iO ou 60 millions de livres de thé, il en sort maintenant environ loO millions. Les importations des produits de l'Europe et de l'Amérique n'ayant pas augmenté en proportion, il fallut bientôt envoyer de l'argent annuellement pour solder les comptes. C'est ainsi que depuis 1853 le bilan du commerce extérieur s'est trouvé de nouveau en faveur de la Chine. La valeur des métaux précieux qui y sont entrés n'est pas facile à constater. Dans les tableaux statistiques publiés par le gouvernement anglais, les métaux à destination de l'Inde et de la Chine sont confondus et ne forment ensemble qu'un seul chiffre : or les sommes introduites par le commerce anglais sont les plus importantes.

408 LA CIlINl' KT LES l'IlSSANCES CIIRKTIF' NNES.

Vuleur des importations gmérales de tous les pays étrangers en Chine pendant Vannée 1844 (").

Dollars. FraDCs.

Coton non tissé 5,000,000'

Tissus de coton de toutes sortes 2,o<>0,000

Tissus de laine do toutes sortes 1,017,000

Métaux de toutes sortes ^Gl,ti50

Riz r»0(),ooo

Perles 300,000

Gingembre 65,000

Poudre d'or de Manille et numéraire. . . 1 ,000,000

Autres articles non énumérés 941,720

Opium (évaluation approximative) lô,79t,650

Valeur des exportations générales de Chine pour tous les pays étrangers en 1844.

Thé.

Dollars. Francs.

iO,000,000 de livres pour l'Angleterre.

10,000,000 pour les autres pays. . .S

Soie grége 1,700,000

Tissus de soie : . . . I,0i7,000

Sucre et sucre candi \ . . . . 570,000

Cassia (cannelle) 240,000

Autres articles non énumérés 552,750

Frais des navires et tonnage, 500,000 1 Argent 11,160,250 )

(*) Ce tableau fut rédigé et imprimé en Chine par le regrettable M. R. Thom.

DU COMMERCE EXTÉRIEUR. *00

Vakmr îles imiiorfaiions générales de itvis 1rs -paya tlraïKjers en ('hiiic, pendant VcDinùe isiiij ^'j.

Francs.

Colons en laine 8,0(i(»,000

Tissus de colon. ... : *l,00(),()00

Fils de coton 1,000,000

Tissus de laine 7,2.-)0,()00

-, , ,. ( coloniales 8,000,000

Marchandises", .,„ , . ^. , „ . . ,. .„

( d Europe eldes EtalsUnis. «),«<«,/ 19

Munitions de guerre 2,000,000

Métaux 0,000,000

Opium 191,170,775

Produits de la mer 2,000,000

Riz et grains 13,000,000

Total des importations. . . 286,599,494

Valeur des exportations générales de Chine pour tous les pays étrangers, en 1855.

Francs.

Tliés (noirs et verts) 211,80;,731

Soies et soieries 135,570,712

Alun \

Chinoiseries diverses

Cire végétale

Cannelle (cassia)

Cotonnades (nankins)

Toinn^ / 36,212,100

Laines j ' '

Médecines

Monnaies de cuivre

Porcelaines

Vermillon

Total des exportations. . . 385,593,542

{*) Ce tableau fut fait par M. Auguste Heurtier, délégué du ministère du commerce dans les mers de Chine et Indo-Chine, et publié dans les Annales du commerce extérieur, 3' série, n° 983.

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