GARDES DE NUIT
La police entretient des gardes de nuit dans les rues ;
ils battent des coups sur une bambou creux ou un go7ig de cuivre.
(*) Groslcr> Description de la Chine.
D£S MÛËUfiS £T USAGES D£ LA CMiNE. SI
Souvent des personnes voisines payent un garde pour elles, et il y a môme telle maison qui a un garde de nuit pour elle seule. Ces gardes battent pendant toute la nuit sur un bambou creux. Les Européens trouvent ridicule de faire du bruit, comme pour avertir les voleurs qui pourraient Tenir; mais eeux qui payent les gardes de nuit aiment pourtant a entendre le bruit du bambou, étant assurés pas là que le garde ne dort pas.
UIPHIIfBn.
On écrit une page sur un papier mince ; on l'applique au moyen d'une légère colle de riz sur une planche de
bois bien plate; quand le papier est sec on riiumecte; ensuite on passe dessus la paume de la main de manière K faire comme de minces Termicelles avec le papier, qui est ainsi peu a peu tout «nlcvé ; il y reste seulement l'encre collée sur le bois : les lettres sont naturellement empreintes au rebours. Le graveur évide ensuite tout le bois blanc et laisse seulement les traits noirs, c'est-k-dire les lettres.
Pour chaque page d'un livre on grave une de ces planehes. Le bois en est mon, et par conséquent les graveurs
font cette besogne excessivement vite et h un incroyable bon marché. Il y a à Canton une grande rue où on voit tout du long, à droite et k gauche, des graveurs assis dans les boutiques, et même dans la rue quand le jour manque. On met deux pages sur chaque planche. Pour imprimer, un homme donne Fencre au bois avec une brosse, et un autre fait tomber dessus une feuille d'un papier toujours mince. 11 se colle de lui-même à l'encre, et pour surplus on passe dessus une brosse propre. Cette feuille de papier est ensuite ployée. On n'imprime que d'un côté.
sa lA CHINE £T LES PUISSilNCES CHRETIENNES.
Ce procédé (l'imprimer avec des planches en bois, qui était déjii usité ea Chine à la fin du vi*" siècle de notre ère, est le plus usuel; mais celui des types mobiles n'y est pas inconnu.
Vers l'an 10/i5 de J.-C. , un forgeron nommé Pi-Ching inventa des caractères mobiles avec lesquels on imprima des livres. Ils étaient de terre cuite , après avoir été moulés dans une matrice. On les plaçait sur une planche de fer encadrée par un châssis. La planche était préalablement enduite de mastic. Quand les caractères étaient bien arrangés et serrés, on approchait la planche du feu, le mastic fondait ; on appuyait sur les types avec un taquoir pour bien les enfoncer. Quand le mastic refroidissait, les types restaient bien solidement collés les uns à c6té des autres et on pouvait tirer dos exemplairessur cette planche comme sur une planche do bois gravée.
On voit donc que les Chinois connurent les types mobiles quelques siècles avant nous ; et il ne serait pas impossible que Gutemberg en eut entendu parler. Marco Polo et le voyageur arabe Ibn-Batuta revinrent en Europe au commencement du xiv* siècle.
Kang-ghi, qui régna au xvii* siècle, fit graver des types mobiles de cuivre à la recommandation des missionnai- . res européens, et on imprima avec ces types plusieurs ouvrages.
Vers 1776 on commença a imprimer avec des types mobiles fondus à la manière des nôtres. On grave le poinçon sur un bois dur ; on fait la matrice avec la pâte de porcelaine et Ton fond avec une matière composée de plomb, d'étain et quelquefois d un peu d'argent. On a imprimé par ce moyen avec beaucoup de perfection un grand nombre d'ouvrages. On ne s*est pas servi pourtant encore des rouleaux pour donner i eiicre et des presses européennes.
11 est évident qu*on fera encore des progrès ; mais il est douteux qu*on parvienne jamais à obtenir avec les types