DES MOEURS ET USAGES DE LA €H1NE
plice. A Chang-haïf j'en ai tu blottis dans des cages comme des bètes fauves, roulés dans la boue, mendiant quelque chose à manger. Dans le cœur de Thiver, les criminels sont enchaînés les uns aux. autres en longues files , et il n'est pas rare que Fun d'eux succombe et reste mort pendant plusieurs heures entre ses compagnoasl 11 arriva un jour que des pirates furent pris et débarqués près des factoreries étrangères (k Chang-hai). On n'eut pas assez de chaînes, et pour attacher ces malheureux les uns aux autres» ou leur perça les mains avec des clous rivés! A Fou-chaou, je trouvai un prisonnier qu'on portait dans la ville assis dans une cage qui était à peine suffisante pour contenir son corps. Ou avait coupé deux barreaux du toit pour faire un trou par où la tète pût sortir. A chaque mouvement des porteurs ^ son cou ou sa figure s'ensanglantaient contre les bouts des barreaux coupés. Tous les habitants de Canton se souviennent de ces quatre hommes qui, exposés au public, furent placés dans une cangue avec une garde autour et restèrent ainsi jusqu'à mourir de faim. »
En 1859, les Anglais découvrirent à Canton une prison où il 7 avait plusieurs hommes condamnés à mourir de faim. On trouva parmi ces squelettes vivants un ou deux cadavres dont les rats mangeaient ce qui restait de chair sur les os.
Yoici ce que raconte le chirurgien-missionnaire, M. W.
Lockhart, à foccasion d une visite qu'il dut faire dans la prison de Chang-haï :
a Après avoir été battu, le criminel est attaché sur un6 croix basse, les bras étendus et agenouillé sur nne chaîne repliée; c'est une torture dont l'agonie est inconcevable» 11 reste dans cette position, et quelquefois au soleil, pendant des heures. L'épuisement et la mort en sont fréquemment la suite au bout de quelques jours ; et quand il n'en est pasainsi, et que la mort ne vient pas
au secours de la victime pendant l'infliction delà torture, elle est paralysée ou estropiée pour le reste de la vie.
« Yoici un système adopté dans le bureau du magistrat
pour extorquer de l'argent ou la déposition de personnes d*une condition respectable : Quelques courts et minces bambous sont attachés par une extrémité, puis écartés à l'extrémité libre ; les doigts sont insérés dans rintervalle, et Ton serre plus ou moins les baguettes de bambou à Taide d'une corde qui les enroule, jusqu'à ce querhomme pousse des cris de douleur et qu'il consente a donner son argent ou sa déposition , suivant ce qu'on lui demande. .
« Quelques hommes avaient des chaînes aux mains et des barres de bois attachées aux pieds. En outre, un lien ou anneau de fer ovale était placé au-dessué du genou, la jambe étant fléchie sur la cuisse ; pour tenir celle-ci en place, une tringle de fer était passée par le milieu de Tanneau au jarret et fixée de manière à ne pouvoir être retirée ; la courbure forcée du genou en cette manière causait aux malheureux prisonniers une douleur poignante 1 • •
< Un homme avait une paire de menottes qui étaient trop petites pour ses poignets. Il s'ensuivit une grande enflure des mains et de l'avant-bras, jusqu'à ce que les menottes fussent ensevelies sous la chair et les os mis à nu. On lima alors les menottes et on les enleva, au grand mécontentement du geôlier. »
le ne veux pas parler des supplices, pour en épargner l'horrible description à mes lecteurs.
ms uoEms bt usages de la chine.
PAOSTITOTION.
. Le fléau de la prostitution, avec tontes, ses conséquences, est aussi hideux dans ce pays que dans beaucoup d'autres. Lors de la guerre de 1840» quelques bateaux, chargés de femmes malades, furent envoyés vers les Anglais, près de Nankin. Le but de cette manœuvre militaire de nouvelle invention était de mettre hors de combat le plus grand nombre possible de soldats en les en« voyant à rhôpital.
Dans toutes les villes» il y a des maisons de courtisanes connues et tolérées par la police. U y en a aussi sur i'eau dans de beaux bateaux, la plupart des grandes villes de cet enapire étant bâties sur les bords des fleuves. Ces bateaux ne sont pas construits pour navigueri mais seulement pour soutenir à flot une espèce de maison en bois dans laquelle se trouve un salon et plusieurs chambres et même un second étage. Les bains de la Samaritaine èi Paris peuvent donner une idée de ces ba» ^^om dits des Jleurs. On les appelle ainsi parce qu'ils sont très-joliment ornés, peints et dorés, et on voit pres- <l^e toujours des fleurs par les croisées et sur la terrasse.
Dans un de ces bateaux il se trouve tout un ètablisseïïient de femmes qui en font leur demeure. 11 est assez général, pour une partie d'amis, même parmi les gens .mariés, honnêtes et sérieux, d'aller passer la journée ^*ns un bateau de fleurs. Il y a plusieurs femmes qui savent jouer de quelque instrument de musique et qui chantent; elles jouent aux échecs et aux dominos; elles ftïlnentla pipe et l'opium. Quelques hommes vont au bateau comme on va au spectacle ou à une partie de campagne.