ANTAGONISME POLITIQUE
un entrepfti à Chuzan, en échangeant cet archipel contre Hong-kong, et en laissant le gouyemement impérial fermer au commerce étranscor tous les ports de la terre ferme. Hais au point où nous en sommes, il n'y a pas à discuter; il faut aller en avant et continuer Tœuvre qui a été commencée au mois troctobre 1860.
Les lois du droit des gens sont à la vérité contre nous, chrétiens, puisque nous imposons par la force au gouvernement chinois le despotisme de notre volonté; mais il est vrai aussi que le peuple ne nous repousse pas le moins du monde, et que c'est seulement une race étrangère usurpatrice qui veut nous défendre la lihre entrée dans l'empire. 11 est en même temps indubitable que le commerce étranger a été et continue à être un grand bienfait pour la Chine. Les sommes d'argent que nous y avons introduites sont immenses.
Je ne suis pas de ceux qui croient que nous avons le droit d'influencer et même d'absorber des nations sous prétexte de leur porter la civilisation, (le le croirais peutêtre, si la civilisation était le bonheur : 4 ou 5,000 suicides par an dans les seules villes de Londres et de Paris me prouvent que la civilisation et le bonheur sont deux choses différentes.) Je désire que l'indépendance des États, petits ou faibles, soit respectée; mais quant à la Chine, il me paraît évident que le gouvernement et la nation sont deux corps différents.
La répulsion pour les Européens n'est jamais entrée dans l'esprit des populations. £lle n'a pas été recommandée par leurs anciens philosophes, dont Fautorité est sacrée pour ces asiatiques. Confucius, au contraire, énumère ainsi les devoirs d'un bon souverain {*) : « Travailler constamment au perfectionnement de soi-même; révérer les sages ; traiter et chérir le peuple comme un fils ;
(') Voyes Chin$ moderne^ jfue G. Pautbier.
S58 lA GflINB ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.
attirer près de sa personne les savants, les artistes et les
artisans de mérite; et traiter ctcec cordialité les hommei qui viennent de loin fies étrangers). »
Il n'y a que les Mandchoux qui aient fermé la Chine aux étrangers; les Chinois jamais.
J'avoue que la sotte prétention de l'empereur et de son entourage à la suprématie universelle est une infataation faite pour indigner; quant k moi, je vote pour que ces personnages soient, bon gré mal gré, désillusionnés, et qu'on les force de nous traiter sur le pied d'une parfaite égalité.
Quel résultat produira la destruction des barrières dont VEtnpire du ffdlieu a été entouré jusqu*à ce jour? Une chose au moins bien sûre : le monde deviendra plus grand.
m DU FRIHIER VOLUME.
Parii.— Imprimé pir S. Thunot et G% rue Racîiw, t6.
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