NOTICE SUR L'AUTEUR
que brillants, mais ne manquaient pas de distinction. Doué d'un caractère doux et facile, il se faisait aimer de ses petits camarades. Sa piété se révélait par sa bonne tenue à Téglise et au service de l'autel.
Au collège de Combrée oh il entra Tannée suivante, il réalisa les espérances qu'il avait données à son premier maître. Son application à l'étude ne fut pas sans succès, et sa docilité lui mérita Testime de ses supérieurs. Le directeur spirituel du collège était alors le vénérable abbé Piou dont la ménfîoire est et sera longtemps encore en bénédiction dans le diocèse d'Angers. Ce saint prêtre apprécia bien vite le futur missionnaire et lui voua une affection toute particulière. Longtemps après le départ de M. Pourias pour la Chine, le bon vieillard aimait à faire l'éloge de celui dont il avait discerné et encouragé la sublime vocation.
A l'école d'un directeur aussi expérimenté, le jeune René fit de constants progrès dans la vertu et la piété, et tous ceux qui le voyaient de plus près purent dès lors conjecturer ce qu'il deviendrait un jour. C'était le témoignage que lui rendait un jour son curé : <L René Pourias, disait-il à son vicaire, sera un saint prêtre. Je suis heureux que vous l'ayez lancé dans la carrière ecclésiastique, il n'y a qu'un jeune homme bien pieux à prier comme lui, et quiconque prie comme il le fait, comme je l'ai vu souvent faire, ne peut pas ne pas être un homme de Dieu. »
A Combrée comme au village, M. Pourias se fit aimer de ses camarades. Il avait d'ailleurs le cœur bon, sensible et généreux. Aussi, à la nouvelle de sa mort, tous ses condisciples accoururent à Saint-Martin afin de lui donner un témoignage de leur affection et assister au service solennel célébré dans sa paroisse natale pour le repos de son âme. Après la cérémonie funèbre, ce fut un concert unanime d'éloges à la mémoire du défunt.
Cependant, la voix de Dieu se faisait entendre au cœur du séminariste. Il entrevoyait au delà des limites de son diocèse et de la France, des pays lointains oîi des millions d'hommes végètent dans l'ignorance du vrai Dieu et les corruptions de l'idolâtrie. Fidèle à la grâce de celui qui l'appelait à la conquête des âmes, il s'était dit : je serai missionnaire.
Il ne put, toutefois, réaliser aussitôt qu'il le souhaitait son généreux dessein. En même temps que la tendresse de sa mère s'alarmait, ses premiers maîtres conseillaient un délai.
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