NOTICE SUR L'AUTEUR
« Ce district (i), fondé par Mgr Fenouil («), ne comptait alors qu'une soixantaine de néophytes : de plus, cette chrétienté, toute jeune encore, était éprouvée par la persécution. Les francs-maçojîs chinois l'avaient complètement ruinée, et dans la ville et les environs le nom chrétien était en horreur. * <i En moins de trois ans, les choses changèrent complètement d'aspect. A peine M. Pourias était-il installé à Tongtchouan que les néophytes reprirent courage : le Père sut se faire aimer de tous, et aujourd'hui (3) nous comptons dans ce poste plus de 400 chrétiens, sans parler d'environ 2000 catéchumènes, dans un rayon de dix à quinze lieues autour de la ville ; dix nouvelles stations ont été fondées, quelques-unes comptent plus de cent néophytes. Quand la mort a surpris le P. Pourias, il était occupé à bâtir deux nouvelles églises, l'une à trois lieues de la ville et l'autre à une douzaine de lieues.
« Ces chiffres disent assez éloquemment quels furent le zèle et l'habileté du missionnaire. » Ces premiers résultats à Tong-tchouàn faisaient espérerd'autressuccès,maisle moment était venu pour le bon et fidèle serviteur de recevoir au ciel la récompense de ses travaux. Nous empruntons à la lettre déjà citée le récit des derniers moments et de la mort précieuse devant Dieu du vaillant missionnaire.
« C'est le 26 mars (1884) que M. Pourias ressentit les premières atteintes du mal qui nous l'a ravi. Ce fut d'abord peu de chose,et comme il avait souvent éprouvé des indispositions de ce genre, il n'y fit pas attention. Mais, le jeudi 27, le malaise s'accentua. Vers 4 heures du soir, après s'être longtemps promené de long en large devant la maison, le cher Père* entra tout à coup dans ma chambre. « Je me sens très « mal, me dit-il, et comme on ne sait ce qui peut arriver, je « veux me confesser tout de suite (il l'avait fait depuis trois « ou quatre jours), c'est mon remède en pareille circonstance.» Après sa confession il fut presque aussitôt pris de vomissements très douloureux. 11 se mit au lit et demeura persuadé qu'il n'en relèverait pas ; la pensée de la mort ne le quittait plus. « C'est fini, disait-il en chinois aux catéchistes qui le soi- 4: gnaient, c'est fini, ma carrière est terminée, cette fois il faut ^ régler ses comptes. »
« La nuit qui suivit et la journée du lendemain furent très pénibles, cependant le samedi, veille de la Passion, je le crus
z. Lettre de M. Ch. Segein, missionnaire au Yun-nan.
3. Actuellement évoque de Ténédos et vicaire apostolique du Yun-nan. — 3. 1884.
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