‹ La Chine: Huit ans au Yun-nanChapitre 72 sur 74 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

pas, il eut encore la cruauté de condamner sans raîson à trente mois de prison deux des proches parents du confesseur de la foi.

Immédiatement après tous ces exploits, il reçut de Tavanccment et s'applaudit d'avoir humilié le nom du Christ. Mais son triomphe ne fut pas de longue durée. Peu de temps après il fut cassé de son grade.

Vers le même temps, deux ou trois assassins de Tchangkouang-tsay moururent successivement et d'une façon tragique. Chacun y vit une punition du ciel.

A Tang-kouan succéda Té-lao-yé. C'était un homme de grand avenir et, bien que jeune encore, il avait déjà reçu tous les grades académiques. Tout lui faisait donc espérer une brillante carrière. Mais, continuateur des idées et de la politique de Tang, il s'opposa, comme son prédécesseur, de toutes ses forces, au développement du christianisme. Avions-nous à recourir à sa justice, il refusait de nous entendre, et souvent on le vit s'emporter contre la religion et contre les chrétiens et se répandre en injures contre nous. Le châtiment ne tarda pas. Un jour, dans un accès d'humeur, il offensa un manda:- Wn supérieur et s'attira son animadversion. C'était plus qu'il ne fallait pour causer sa perte. Peu après, il perdit sa charge et fut envoyé au Pé-tché-ly son pays natal. Son avenir était brisé, il était rentré dans le commun des mortels.

En même temps queTé-lao-yé,arrivait àKiu-tsin un mandarin nommé Kia. Il avait le titre de préfet et venait également de Péking. Ses débuts furent favorables à la religion. Deux ou trois fois, il montra de la bienveillance envers nos chrétiens et publia même un édit en leur faveur. Peu après il eut de l'avancement. Mais sa nouvelle charge le mettait en relation directe avecTsen-fou-thay, il ne pouvait que perdre au contact.

Nous nous aperçûmes bientôt, en efifet, d'un changement complet dans sa conduite. Il fallait plaire au maître toutpuissant qui régnait au Yun-nan. Kia-tong-tao fit donc volte face. A Kiu-tsin il convoque les lettrés et leur fait entendre que désormais il ne faut plus de nouveaux chrétiens. A

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Malong, îl fait appeler le chef des bacheliers, et lui enjoint de . veiller à ce que^ dans son district, personne n'embrasse la religion des Européens^ qu'autrement îl sera responsable. Enfin Kia fit dès lors du zèle et s'efforça par tous les moyens possibles de gagner les bonnes grâces de son illustre maître.

Tout alla bien tant que Tsen-fou-thay fut puissant. Mais quand celui-ci, compromis dans l'affaire Margary fut obligé de regagner ses foyers, la fortune de Kia-tong-tao commença à chanceler. Cependant, îl se rendit à Yun-nan-fou pour faire sa cour au nouveau vice-roi. Mais on ne sait par quelle maladresse inconcevable chez un homme de son rang, îl manqua au cérémonial usité dans les visites. Le vice-roi en colère le fit mettre à la porte de son palais. Le pauvre Kia, voyant sa carrière brisée, en conçut un chagrin qui ne tarda pas à causer sa mort. Il regagnait tristement ses pénates quand il rendit le dernier soupir dans sa chaise à porteurs, non loin de Pin-ngy-shien. Il n'avait pas niême eu le temps de .sortir du Yun-nan.

Le sous-préfet de cette dernière ville (Pin-ngy-shien) s'était aussi donné le plaisir de persécuter les chrétiens. Il avait même, par un édit spécial, interdît l'exercice de la religion dans le pays de sa juridiction. C'était un brillant début pour un syien-kouan (sous-préfet) ; évidemment il devait avoir de l'avancement. Ce fut le contraire qui arriva. Un jour, il eut le tort de ne pas plaire à son supérieur. Il essuya d'abord de sanglant*? reproches et dut payer 600 taels (4,800 fr.) d'amende. Il accepta cette première humiliation, mais sans réussir à désarmer son chef. Celui-ci ne tarda pas à le dégrader et à le renvoyer dans sa famille soigner ses vieux parents.

Ainsi, on le voit, pas plus maintenant qu'autrefois, pas plus en Chine qu'ailleurs la persécution ne porte bonheur à ceux qui en deviennent les fauteurs. La justice de Dieu est de tous les temps et de tous les lieux pour la confusion des impies et le triomphe de la vérité !

Notice biographique ..; ...

Avant-propos v — i

Introduction I. — Le Yun-nan, ses limites, son histoire. — Révolutions dont il a été le théâtre. — Influence dont y jouissent les mandarins militaires 5

IL Division du Yun-nan en deux zones. — Le bas Yun-nan,

— Caractère de sa population. — Les Man-tsé, leur histoire, leurs mœurs, leurs incursions. — Le haut Yun-nan^ ses produits, ses productions; les tribus aborigènes 9

III. Mission du Yun-nan, ses commencements. Mgr Ponsot : état actuel de la mission. — Obstacle au progrès de TEvangile : hostilité des mandarins et des lettrés. — Autre obstacle au progrès de rÉvangile : l'opium i8

Chapitre I. — Le district de Kiu-tsin. Tsao-yn-koué; sa conversion ; son retour dans son pays 31

Chapitre IL — Le Père André Liou à Tsao-kia-yn. — Prédications et conversions dans ce village. — M. Fenouil à Yun-nansen. — Haine des musulmans contre le missionnaire ; destruction de sa résidence. — Son départ de la capitale et son arrivée à Tsao-kia-yn .* 37

Chapitre III. — M. Fenouil à Tsao-kia-yn. — Progrès de la religion. — Accusation portée par les païens. — Chrétienté naissante de San-pé-hou. — Hostilités des païens de ce village. — . Tchang-kouang-tchao et Tchang-kouang-tsay 42

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