T. IJ
jl^ . LA CHINE. * * .
go. L’empereur et le sujet qui violent les lois.sont aussi coupable* l\m que l’autre. , ' » .
g i . Que chacun balaie la neTge qui est devant sa porte, sans s’inquiéter de la gelée qui, est sur les tuile? de son -
voisin. *, * . i „
92. Dans un champ de melons ne posez pas voJ.re soulier; sous un prunier n’ajustez pas votre bçnpet. (Conduisez-vous avec prudence dans 1 <js circonstances qui exigent de la circonspection. )\ . ,
90. l\i homme n’a besoin que de se corriger avecla même sévérité qu’il reprend les autres, et excuser les îftitres avec la même indulgence qu’il a pour 'lui-même.
94. Quoique la vie d’un homme «oit limitée à-cent ans, il se donne autant de peines et de soucis que s’U devait vivre mille années. , #’
g 5 . Par la nature, tous les hommes sont sçifiblables , mais par l’éducation ils deviennent complètement diffé—
rents. , »
Les Chinois ont des expressions, ordinaires q?sez sar-’ castiques. Par exemple, 1I5 appellent un homme timide et inoffensif «tigre de papier. «.Loisqhe quelqu’un s,estime trop haut, ils le Comparent à « un rat tombé daps une balance et qui se pèse Jiii-anêmo* v Polir exprimer qu’ma homme a des manière* affectées, ilsf appellent «-lift * bossu qui fait une cotirbelte^ » Ils compafenUfn prodi^pe, à une fusée, llsdisent de ceuxqui répandent au loin-leurs bienfaits,en laissant feUr jjt , opf(?famille dans l’indigenee, qu’ils «-suspendent une lanterne au haut, d’qne peycl^; ;* on la voit de loin, mais elld n’éclaire pointtm-de*?ous..»
Pour revenir à la littérature , Ves'ouvrages historîquqg sontrangés dans la deuxième classé, après lps compositions sacrées, morales et didactiques. Il'Çxiste.unrdiisUnre de la Chine, depuis les temps les plûsp’cculés-jOsqu’à la fin de la dynastie tartare rrttingola fies 4 tmen. Oa-’l’àppelle les « vingt et un historiens; » elle consisté en près
i.P cillai:»
de trùis cents de ces brochures dont on renferme environ une dizaine dans un étui. Npus traiterons spécialement de l’imprimerie au chapitre des arts; nous nous borner rons, en attendant, *à remarquer quelle fut inventée dès le x c siècle, juste cinq cents ans avant d’être connuë en Europe'. Cette circonstance contribua efficacement à mub tiplier les annales chinoises, à les perpétue^ et à fournir des matériaux abondants aux écrivains modernes! Cependant on ne trouve dans leurs Histoires qu’une aride clironique de faits et "de dates. Ce ti’cst pas dans un pays régi despotiquement que l’on peut s’attendre àlrouver des écrivains discutant librement la portée des événements, et * en déduisant des le^ms pour les monarques et pour les peuples. « Au lieu de cpnvcnir, dit M. Gulzlatï, qpe.de * ■■ simpjea» mortels eurent part- aqx affaires du monde, ils iie patient quefles rtnperetirs qui régnaient alors, et les représentent comme ta source d’où émanaient la pro- * " sp^rîtd, l’or cl ré public. Ceci est tout-à-faitchinois; la nation est représentée? par l’empereur et comme absorbée cp
lui m.v : ^ . v . \ •*. y * . ‘
Le môme écrivain cite l'opinion d’un auteur chinois.
« Qui |deijqande Yang-tseu ) cohnait les événements .. • «dès temps anciens, p'uisqu aucun récit fulhcntÿpie, • *
* n'en’est verni jusqu’à nous? Celui qui lit cesbisloires pe
» peut jqajoqjer foi, et un. examen atten^f le. convainc?.
» qu’elles. sont c^ni^es de fonctepacnt. Dans l’antiquité,
» qn n’écrivait point; d’histoires, dit d’ailleurs piiisque'*les> * ' M *
’ «livres qui décrivaient ces temps, ont été Jqùlég ptn '
«.jfrqnîiér enj^êrcur de là dynastie. dé^ T s in (çasiron, • «’accf^j^«tS'fln?avant Jésus^Christ), pourquoi nous copj;*.
» tçnt<jij»-qQu%dè fablesP^Elîertivçm^rt^, Jea in\fajfemr- ^êndH’nlre' dans les ouvrages d’histoire aneîef\nî>(rfifdèîen(t<Hitq.l%fqj l que l’on pourrait Rajouter. :
— r * * , . > yî ■ — Ï — r ■ ». * • * — t - T
'fi) Cliincse JUpotiloiyr, lomo III , p. 5-.
l-A CHINE.
Les annales des indigènes sont donc pour nous la partie la moins intéressante de leur littérature.
Leur seule chronique lisible est le San-koue-lchi , ou «Histoire des Trois-Royaumes;» elle? raconte les diverses guerres des chefs indépendants qui, tous, prétendaient à la, souveraineté. A vrai dire, ç’est plutôt un roman historique;- bien que les discou rs’mis dans fa bouche des héros et des principaux personnages ressemblent beaucoup à ceux que nous trouvons dans Tite-Live v et dans Tes anciens historiens de l’Europe.
. L’histoire de la Chine ne commence A devenir intérts- * santé pour un étranger qu’à l’époque de scs luttes avec tes Tartares* c’est (ainsi que le reiffarque M. GuUlaff) sous les dynastibs des Tâng et dçs Song qu’elles furent le plus violentes; elles se terminèrent, l'an 1 y 80 avant Jésus-Christ, par la soumission de l’empil'e aux.Mongols.* Cette éjioque est d’un haut intérêt, et les détails que les auteurs indigènes publient^ur les empereurs chinôiS qui occupaient alors le trône pourraient foufnirvles maté- ■- . riaux abondants ppur* unc^bonfte histoire de ce’tetnps.
Mais pour composer l’histqire de la dynastie mongole’, il • faudrait avoir d’autre! secours, attendu que tes Chinois,
' ' t .qui.considéraiegt les empereurs de cette dynastie comme * . .des usurpateurs, ne se sont point donné la peine de trac|flft récit dcjleiys actions. Khoubila! a cependant trouvé pârmLtfqx des biograpjicfs; mais au*ui\ n’égale Marco- Polo, le*YSçitien. En revanche, les Chinois ont consacré * -ifti oûvrgge de plus de s.oixante vqlurfîbs $ l’histoire delà * • ’ dynastie des Miÿfe Çcelle qhi’ chassa les Mongols).* * '
* .. ,£a $papuscrit intitulé : Ttrtg-hoa-lo , Ct contenant Tes règnes des trois^çemiers empereurs de* lg dynastie - * régnante , est 5 cfe^ dansée mêfne qué*Jes^a^£ 4 é<"-de m * l’empire sdlts les autres -dynasties* mais commç’ihn’a point été ûnprppé, à cause des dangers guxqifels il pourrait exposer ses auteurs ^on ne peut s’én procurer des co-
pies qu’à un prix fort coûteux. Voici un échantillon de la manière dont les Chinois décrivent les pays étrangers : cet extrait est tiré du manuscrit que nous venons de citer.
>< Lesmavigatcurs européens calculent leurs distances » par degrés , comme nous calculons les nôtres par veilles.
» Les Européens qui viennent en Chine naviguent d’abord » pendant 8 o° au sud, jusqu’à ce qu’ils aient atteint »le cap des Tourmentes (î); ils prennent ensuite une «direction septentrionale, jusqu’à ce qu’ils soient arrivés » aux limites de la province de Kouang-tong. Ce voyage » dure six mois ou davantage ; et , pendant ce temps , ils ».ne voient point la terre.
•» 11 y a aussi un autre moyen de communication entre » l’Europe et la Chine , par terre ; maté comme il faut tra- » verser le royaume de Russie ,’et qu’il est d’un accès dif- «ficile, on préfère la voie-maritime. La Russie est à enaviron 12,000 lis de Péking; elle est bornée de l’autre , «côté par l’Europe et la Turquie; le climat y est très » froid ; on dit même qué dans ses mers septentrionales » on voit des montagnes de glace, hautes de plusieurs îhil- « liers de coudées, m ais on n 'ajoute point foi à ce récit (a) I »
En ouvrage chinois assex curieux est la relation d’une ambassade envoyée par Kang-lii au khan des Tartares Tourgouth, dont le territoire était alors situé entre la mer Caspienne et le! frontière^ de Ru skié." Qet ouvrante a été traduit pàr sir George Staunton, et voici l’anal) se que lui-mème en a donnée ;
« L’ambassadeur commence sa narration par quelques détails' privés;' il reproduit ensuite in 'extenso les' instructions qu’il à reçues de son souvéyaifi ; après i il décrit les événements qui "ont signalé son voyage, scs conversations avec les alitorités russes, avec les chefs tartanft
TÇ
(i) l.'ancicn nom du c«p de IWlmie-KjiiOramH:. (a) Staunton s micellancous notice .i , lofflc* 1, p. 6o.
LA CIIISK.
et avee !c pilnce Gagarin, alors gouverneur de la Sibérie; * il' termine par une récapitulation qui a lar forme d’un rapport officiel. '
» Cette ambassade forme ûn événement très remarquable dans T histoire chinoise : elle témoigne d’up esprit aven- * tureux et de vues éclairées qu’on n’aurait point attendus, à cette époque, d’une nation asiatique. En effet, le voyage était ( ^plusieurs milliers de milles; il présentait beau*a* coup de dangers, etildeyait ètre effectué jVpincipalement sur le territoire tl’uqe puissance avec laquelle la Chine ri* avait paévtoujours entretenu des -relations # aruicsf!es. ■>
» Quel qu’ait été Je bqt politique qui a présidé à cette ehtrepris^, 1g relation qui on a 1 été faite est puretpnnt chinoise pour le Tônd et pour la forme pelle parait aypir obtenu l’approbation du gouvernement , car eHg a étét publiée' avec l’autorisation spéciale de l’empereur, «t urie ^copic en est restée dè[^sée à la bihKdthèque impériale .
dé Pékin», ^ainsi qu’il r^sqlte des cétalogues»imprimés el ’.plkbrfè* Recette poil action sur lesquels son titrerai gUMrv** ff^Bélt(d^Anttern»mçe ) a doftné da rolafidn d^unê ex’- * . petfifion presque contemporaine elïectoée^par^ine roquer ’ sémblàÊle.' Cètle relation epr^bore parfaitement T^iac- * ttode JrécSfcdente. . *‘ ; v.\\
de biographies prtiafer
^ ^ ^ r leY.àw
’ÿir §ùV Msc'riurVtl^Gofifucÿfij.^ U'^apiiau îte. Ouvrage bio^pbi<|uc ‘de •wmEositio^écgnte/ÿitiiaÛ Sïd&poji,
*çt vp|éo^preôd , en cekivii^ïypitntUs^iiy'ni d Adioinliies utiles fem^estl^arq»ql$s Scjest \ine ^idejionî»,
Vaipf infti êl; jkaréde Jiiinpci-- t Bafnê*difié«iture . jjeu eo|rte«^o .'-mais ilti’y^a Ijü’ifti peÛt n'qia 1 bfe de'ïeufsMiytesfqm puisséot* plaif^ gu -gq^dè? Européens: c’est pour cela/que ^on ne les traduit pas t»
! Pijajidp'*».
Æerie impie rpée
extenso; le meilleur .moyemde les faire connaître , ç’esl d’en donner des. sommaires ou, des extraits.
Quelle que soit leur ignorance sui>ce gui concerte les pays étrangers,, la multitude dç leurs ouvrages stylistiques prouve, du moins, qu’ils connaissent bien le.ifr*patriç. Le principal de ces ouvrages. Ta - tsing -je - ton." -Icki « Description complète de l’empire de Ta-tsing, » a deux .cent quarante volumes, et contient une foule de particularités sur la population, la géographie, les revenus, la magistrature , et d’autres détails relatifs à chaque province de la Chine, proprement dite, ainsi que des notions
sur la Tartarie chinoise. *
* On a parlé avec raison de la Gazette de Pékin# cpoimj: d’un locomoteur puissent qui met en mouvement tous les esprits ; considérée çomnae machine gouvernementale, son importance est-, en effe J, considérable . T
Noüs avons déjà entretenu le lecteur du grand ouvrage^ cliinoisyur les lois criminelles. Le "code civil de la dynastie tartare actuelle est appelé Ta-tsing-hoeï-tien , et a deux cent soixanle-un volumes; outre les lois flp*yigileur, il contient le récit de tousjes changements et de toütesles . modifications qui y ont été apj>ortés«depuis la conquête ■ cTe rti 4 4'. L'ouvrage est accompagné des cartes de, chaque principal' district de l’empire compris Ja Tarhn'ie . onehtîlè et occidentale). ■ . « , ** ' ,
Lé corp| elè l’ouvrage* est divisé eti tieuf parties. La première <jpntient tous ^ies règlements relatifs à la maison ! impériale aolqplleineïït régnante, avec les privilèges des descendants du QÎ>nq«é;ant iartgrc, en lignes directe et collatérale; là seconde, partie concerne le palais; les six . autres parties ont tfait aflx six tribunaux; la neuvième et '.derotèife, diviéten nbifcijne diverses lois relatives à, l’instruction publique, à' l’ciainçji dés candidats,, etc.
* ' -Dans la pgrtiç'qul se rapporte au premier.des six trihunanx exécutifs (cçlui des emplois civils), on trouve la
liste détaillée du rang de chaque -fonctionnaire, et des règles pour choisir, nommer, casser, .récompenser et punir. ‘ - *
Dans Ja direction des emplois, publics , on tient note des actions de ceux qui les remplissaient, etc’est en proportion de ces actions qu’ils sont élevés ou abaissés de tant de degrés.
Eh Chine, l’espionnage s'exerce sur une immenseéchelle jalousie réciproque, est ainsi substituée au principe de Ylionneur.»A Péking, les membres de la famille impériale sont obligés d’assister aux séances des tribunaux, et s'ils y remarquent quelque chose de mal, ils peuvent eh donner avis à l’cmpereiy.
Dans le chapitre des sciences*, pous aurons' occasion de parler a^ec quelque détail de l’astronomie, delà géographie et de la médecine.. Les Chinois ont beaucoup d’obligations' pour les deur premières, aux missionnaires catholiques ‘protégés par Kang-hi, le monarque le plus éclairé et le plus libéral qu’ils' aient eu, qui condescendit jusqu’à prendre dèsleçons de mathématiques des jésuites eux-mêmes. Dans la science médicale (car ils ne se sont point essayés en cfiirurgig), nous venons que les ouvrages chinois renferment touteç leurs 'connaissances»en*his- . tohre naturelle*, àvèc leur théorie particulière de la eisculation, des régnes végétal, minéral, eic. , tels qu'ils sont . contenus dans le volutnineûx. ouvrage intitulé Pen tsao.
Si l’on considère le peu, de rapports que les Chinois ont eu avec les autres peuples , on conviendra qu’il est vraiment surprenant qu’ils aient pü Savoir tantale choses. La vérité est qu’à l’exception de l’astronomie et de la géographie, les autres. sciences qu’ils -possèdent sont le . résultat de leurs propres investigations, Iê fruij dé. leurs, propres découvertes. Nous consacrerons aussi üp chapitre spécial à la littérature légère des Chinois’,- telle que fa poésie, les pièces de théâtre et les romans.