I.A CHISF
emprunté les leurs au bambou, qui est mince et égal partout.
Lesportes ornées (nommées quelquefois assez improprement arcs de triomphe) que l’on voit au milieu des rues chinoises sont toutes de même architecture. Des peintures et des dorures en font principalement la beauté , car les proportions en sont tout-à-fait mesquines. La toiture et ce que l’on appelle l’entablement, paraissent écraser les maigres piliers qui les soutiennent. 11 arrive quelquefois que l’empereur ordonne l’érection, aux frais de l’État, d’un paî-leou , pour transmettre à la postérité le nom d’un magistrat intègre, d’un vaillant guerrier tué au champ d’honneur, ou môme d’un simple particulier qui s’est distingué par ses vertus ou par ses talents. Ces portes monumentales sont tantôt en marbre, tantôt en bois, et ont une inscription contenant les actions, noms et dignités de l’individu dont elles honorent la mémoire.
Toutes les maisons de quelque apparence ont devant leur façade une porte semblable. Dans les constructions où il ne faut que de la légèreté, le défaut principal de l’architecture chinoise, le manque de solidité, disparaît
entièrement. La vérité est que leurs pavillons de plaisance , situés sur des pièces d’eau , et où l’on arrive en traversant des ponts, ne sont point dépourvus d’élégance,* et -offrent, dans les soirées les plus chaudes de l’été , une retraite délicieuse pour prendre le frais.
Nous avons déjà parlé de l’architecture massive des Chinois, en décrivant la grande muraille. Ils construisent sur le même modèle des tours détachées ou des châteaux forts pour défendre les points les plus importants. Ces espèces de citadelles ont depuis trente-cinq jusqu’à quarante pieds de hauteur. On y entre par une voûte pratiquée à une certaine élévation du niveau du sol , et qui , par conséquent, n’est accessible qu’avec une échelle. Les plus redoutables de leurs forts sont ceux qu’ils ont élevés à l’embouchure de la rivière de Canton. Lorsque les vaisseaux de S. M. B. l'Imogènc et /’ A ndromaque forcèrent l’entrée de cette rivière en septembre i834, leurs équipages eurent toutes les peines du monde à les démolir.
Duhalde et les autres missionnaires ont publié des récits fort exagérés, au sujet des ponts chinois. Ils ont représenté celui de Fou-tcheou-fou comme extraordinaire, et il n’est rien moins que tel.
Lord Macartney a traversé, près du lac Taï-hou, entre Sou-tclieou et Hang-tcheou, un pont de quatre-vingt-onze arches, dont la plus haute n’avait cependant pas plus de vingt à trente pieds d’élévation, et d’un demi-mille de longueur. Il était jeté sur un bras du lac, du côté oriental du canal.
Feu sir George Staunton a vu, entre Péking et la Tartarie, un autre pont construit sur une rivière dont les eaux étaient souvent grossies par les ruisseaux des montagnes. Ce pont reposait sur des caisses de claie, remplies de pierres. Ce n’est que dans le Kiang-nan qu’il a remarqué des ponts solides sur le canal; quelques uns étaient en granit rougeâtre ; d’autres en marbre gris, plu- T. II. *5